‹ Les majoliques italiennes en ItalieChapitre 29 sur 54 · FATA I(N) SIENA · texte numérisé non relu

FATA I(N) SIENA

DA M» BENEDE

TTO

Le pavage de Sainte-Catherine de Sienne est entouré de deux bordures. Sur la première se voit une suite de génies chevauchant des monstres traités en bleu, vert et )aune, sur fond d'ocre; les génies sont modelés en bleu. La seconde bordure porte des rosaces composées de grosses perles bleues sur fond jaune. Cette dernière est de fabrication très grossière. — Pour en finir avec ces majoliques, disons encore qu'elles ont été fabriquées spécialement pour la chapelle, ainsi que le prouve l'inscription suivante qui se lit sur l'un des carreaux :

SPQR

Senatus populusque Romanus. Sancta Catherina. Il ne nous semble pas qu'on puisse interpréter autrement les deux lettres S. C. Ajoutons encore qu'un livre publié récemment à Sienne, (A. Busiri et A. Toti, la Casa di S, Caterina in Siena^ Siena, 1880, in-folio, page 49), donne quelques détails sur ces majoliques : il paraît que ce fut la famille Borghesi qui, vers la fin du xv« siècle, fît les frais de ce pavage ; il n'y a pas apparence qu'aucun des carreaux de cette époque nous soit parvenu. Vers i533, on le répara; c'est ce qui semble résulter de la mention suivante tirée des comptes de la chapelle : « M<> Domenico di Giovanni sono date lire 10, sol. 9, den. 5, per sua fadicha di avère acconcio lastrico di nostra compagnia. » En 1600, nouvelle réparation, mais cette fois plus importante: « Li opérai desiderosi che anco questo si conducesse a perfettione allogarono tal lavoro a M<^ Girolamo di Marco, vasaio in

Pantaneto (quartier de Sienne) , quale fabricô in tutto pezzi n<» tre mila sessantuno, e montô tutto il lavoro e il far lo spazzo lire mille dugento cinquanta. » Une bonne partie du pavage peut donc être regardée comme l'œuvre de M^ Gîrolamo di Marco, œuvre par conséquent siennoise; toutefois il laissa subsister une bonne partie du travail de ses devanciers, travail qu'il est aisé de reconnaître.

PESARÔ

La collection de majolîques qui se trouve à Pesaro est sans contredit, à l'heure qu'il est, la plus considérable de l'Italie, car elle compte plus de cinq cents pièces. Formée au commencement de ce siècle, c'est-à-dire à un moment où bien peu de personnes goûtaient cette sorte d'objets, par Domenico Mazza, elle fut donnée par lui à l'hôpital qu'il avait fondé. A l'heure qu'il est la collection est à peu près intacte. Jusqu'en 1 85 7, elle resta déposée à l'hôpital ; ce fut cette année-là que la ville en fît l'acquisition pour la somme dérisoire de 4,000 écus ; la municipalité s'obligeait à la conserver perpétuellement, à moins d'urgente nécessité : « Il comune come sopra rappresentato, lisons-nous dans le contrat qui nous a été communiqué, promette et si obliga di conservare perpetuamente presso di se la ripetuta collezione a maggiore decoro di nostra città, salvi quei casi straordinari e imprevidibili che ponessero il comune nella urgente nécessita di disfarsi délia medesima collezione, previa la sovrana approvazione. » Les amateurs n'ont pas manqué, comme bien on pense, de faire la cour à la précieuse collection, mais jusqu'ici 1' « urgente nécessita » ne s'étant pas présentée, ils ont perdu leurs peines. Espérons qu'il en sera ainsi jusqu'à ce qu'elle prenne place dans le musée de Pesaro, auquel il ne manque plus aujourd'hui qu'un local. Le jour où elle y sera entrée, elle sera définitivement à l'abri. Ajoutons que cette collection est confiée aux soins du marquis Ciro Antaldi, qui en prépare un catalogue qui sera une garantie de plus pour sa conservation. Qu'il

nous permette de le remercier ici de l'extrême courtoisie avec laquelle il nous a accueilli et de toutes les facilités, de tous les éclaircissements qu'il nous a donnés pour étudier ce précieux dépôt.

Nous ne pouvons songer ici à décrire ni même à men-

tionner toutes les pièces de la collection du palais communal de Pesaro, Un très grand nombre de fabriques y sont représentées, mais sans contredit c'est celle de Gubbio qui l'est le mieux; nous décrirons donc toutes les pièces qui nous paraissent provenir de cette fabrique; quant aux autres nous ne mentionnerons guère que les pièces signées ou datées, ou^présentant des caractères particulièrement intéressants.

Une étude d'ensemble sur cette collection présentait de grandes difficultés; d'ailleurs les renseignements précis y auraient été d'une recherche longue et difficile ; nous nous sommes donc décidé à présenter, sous forme de catalogue, la description des cent pièces ou environ qu'il nous a semblé utile de signaler. Ce sera là Tébauche d'un catalogue qui n'a jamais été fait; car nous ne considérons pas comme tel l'inventaire sommaire qui en a été publié plusieurs fbis^ notamment à la suite de l'édition de Passeri de iBSy et dans le premier volume du recueil publié par Giuliano Vanzolini à Pesaro en 1879, sous ce titre : Istorie délie fabriche di majoliche Metaurensi e délie attinensi ad esse.

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