SIENNE
Des deux séries de majoliques que nous voulions voir à Sienne, Tune, le pavage de l'église de San Francesco, signalé par M. Campori^, n'existe plus ou à peu près. Cette église est aujourd'hui abandonnée et nous n'y avons rencontré que deux ou trois fragments de majoliques décorées d'entrelacs : la date de i5i3, que M. Campori y avait vue, a disparu.
Plus heureuse, la chapelle de Sainte-Catherine a conservé sa décoration de majoliques. Ce pavage se compose de plaques rectangulaires, de disques et de plaques plus longues que larges, évidées en demi-cercle à leurs extrémités de manière à se raccorder avec les disques.
Les carreaux rectangulaires sont changés de monstres et d'animaux chimériques et entourés d'une bordure de feuilles d'eau, comme les majoliques provenant du palais Petrucci de Sienne dont le Louvre et surtout le South Kensington Muséum possèdent un certain nombre. Ces faïences sont sorties évidemment de la même fabrique. M. Darcel les a attribuées à Caffagiolo; nous nous rangerons plus volontiers à l'avis de M. Fortnum qui les donne à Sienne. Aux preuves de l'existence d'une fabrique de majoliques à Sienne qu'a données le rédacteur du catalogue du South Kensington Muséum, nous en ajouterons une autre, tirée de l'examen du pavage de la chapelle de Sainte-Catherine.
I. Délia ceramica in Parma, édition de Pesaro, 1879, page 229.
La plus ancienne date que nous ayons relevée sur ce pavage est celle de i3o4, puis celle de iSog, celle de i55... et enfin celle de i65i : or tous ces pavés, quelque date qu'ils portent, appartiennent à la même fabrication; tous sont de même style;
Carreau de pavage de la chapelle de Sainte-Catherine.
ceux du xvii*" siècle sont seulement reconnaissables à leur dessin plus lâché; on y remarque toutefois la préoccupation de copier l'ancien pavage. La présence de ces carreaux du xvn*' siècle a son explication dans ce fait qu'à mesure qu'ils s'usent on les remplace par de nouveaux : ceux que l'on met aujourd'hui, sortent, croyons-nous, de la fabrique Ginorià Doccia; mais s'il est facile de nos jours de faire fabri-
quer les carreaux au fur et à mesure des besoins, il n'est guère possible de supposer que les mêmes facilités existassent au xvi« et
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Date du pavage de la chapelle de Sainte-Catherine.
au XVII® siècle, à moins qu'il n'y eût une fabrique à Sienne même. Que les ouvriers établis à Sienne fussent originaires de
Fragment de pavage de la chapelle de Sainte- Catherine.
Faenza ou de Caffagiolo, cela est possible, mais nous ne pensons pas qu'on puisse nier l'existence de cet atelier, témoin
le plat que possède le South Kensington Muséum et qui porte cette inscription :