‹ Les maladies cryptogamiques des cralesChapitre 20 sur 111 · Yoy. Centralhlatt · texte numérisé non relu

Yoy. Centralhlatt

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dans les épis ainsi que dans la tig^e. Il forme souvent des cordons rectilignes, qui courent l'un après l'autre à travers plusieurs cellules. 11 n'est pas rare alors d'observer que ces filaments, surtout quand ils s'approchent de l'épi ou quand ils parcourent le parenchyme du rachis, et quelquefois même celui de la feuille, s'entourent d'une excroissance membraneuse en forme d'une grosse g-aîne cellulaire. Arrivés au point le mieux indiqué pour la formation des pustules, ces cordons mycéliens se ramifient abondamment en touffes, dont les minces extrémités ne tardent pas à se p^onfler. A travers ces gonflements, groupés ensemble, de petites masses polyédriques arrondies, rangées en chapelet et réunies par une substance gélatineuse, apparaissent. Cette dernière matière diminue, se dessèche, à mesure que les petits corps se développent, s'agrandissent et deviennent des spores. Selon M. Kuhn, cette maturité a lieu par un processus centripète, comme avançant de l'extérieur, c'est-à-dire du côté plus proche aux contours de la plante, à l'intérieur. C'est alors que les tumeurs charbonneuses, remplies par ces mêmes spores, se réunissent en nombre considérable sur la tige, pour y former des bosses, déjà décrites, et complètent leur formation sur les autres organes de la plante. Arrivées à leur développement complet, ces pustules difformes présentent, sous leur peau tendue, une masse gluante, noire, qui garde l'empreinte du doigt. Elles se dessèchent plus tard et se résolvent en poussière quand leur peau flétrie se déchire.

USTILAGINEES.

En observant au microscope cette poussière, on voit qu'elle est formée, le plus souvent, par les organes reproducteurs du champig-non, ou spores ; ces spores sont sphériques ou brièvement elliptiques ; elles mesurent 8 à 13 jx de longueur, sur 8 à 11 a de largeur, et possèdent une exospore brunâtre, finement aiguillonnée et presque transparente. (Fig. 5. A. B. G.).

Toutes nos tentatives pour faire germer ces spores fraîchement mûries dans Teau, ont été vaines, comme celles de tous les autres expérimentateurs ; tandis qu'au contraire, nous sommes arrivés à faire germer, dans le même liquide, des spores dUstilacfo inaydis vieilles d'une année. De ce fait on pourrait tirer la conclusion, que les spores à'Ustilago en question, avant de germer, ont besoin de passer par un état de repos, qui contribue à développer complètement leur faculté germinative.

Les liquides nourriciers cependant exercent une excitation sur le pouvoir germinatif telle, à suppléer au repos si nécessaire dans le premier cas. Si on place, en effet, dans ces liquides, des spores à peine mûres, on les voit germer avec une abondance extraordinaire. Nous avons pu obtenir des germinations vraiment riches, dans des décoctions de fumier, ainsi que dans celles de tumeurs charbonneuses elles-mêmes.

La différence entre la germination des sphores dans l'eau, et celle dans les liquides nourriciers, est remarquable. Dans le premier liquide, c'est à peine si la spore pousse

USTILAGO MAYDIS.

un promycélium cloisonné, dont les courts Fegments donnent naissance à quelques rares sporidies, ou, directement.

FiG. 5. — M. Tige de maïs attaquée par le charbon : f. inflorescence dont l'axe a été tordvi par le développement des tumeurs e.r. (D'après nature.)

A. B. ■ — Germination des spores à'Ustilago Mai/dis dans l'eau; A, commencement de la germination des spores en un promycélium segmenté ; B, état plus avancé des segments promycéliens dont quelques-uns sont vicies (a, a), et d'autres se développent en filament (b).

C- — Germination de mêmes spores dans des liquides nourriciers ; riche développement du promycélium (a, a), en sporidies (c, c), et en s2)oridioles (s, s, s) ou sporidies secondaires.

E. — Développement par bourgeonnement des sporidies dans des solutions nutritives.

F. Des sporidies (c, c), détachées de leurs supports, donnent naissance, dans l'eau, à des sporidioles (s, s) ou à des filaments (f.). (D'après Brefeld).

à quelques filaments mycéliens (fig. 5. A. B.), Dans le

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second cas, au contraire, la spore germe avec une vigueur si grande que les sporidies formées par les segments du promvcélium donnent naissance à leur tour à des organes de reproduction secondaire, ou sporidioles (fig. 5. G, F, s, s.), qui sont destinées à assurer la propagation du parasite, et faire pénétrer leur mycélium dans la plante nourricière.

Conditions de développement et effets de la maladie. — Il semble que, si l'humidité est particulièrement favorable, comme il a été dit, au développement de ce parasite, et contribue à faire ressentir davantage ses dégâts, elle n'est pas toujours indispensable. Selon Bonafous', les cultures comparées, faites par lui sur plusieurs points, prouveraient que le charbon de maïs se manifeste indifféremment sous l'influence de l'humidité ou de la sécheresse, sous celle des différents engrais, ou sur des sols de nature diverse, découverts ou ombragés. Tulasne^ de son côté confirme les constatations de Bonafous par des observations personnelles. Quoi qu'il en soit, l'influence prépondérante de l'humidité n'est pas à nier.

Relativement aux conditions qui favorisent l'extension de la maladie, M. le prof. Morini a voulu établir il y a quelques années^, que le passage des spores à travers le tube

1. Bonafous, Histoire naturelle, agricole et économique du Maïs, p. 97. Paris, 1836.

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