‹ Les maladies cryptogamiques des cralesChapitre 19 sur 111 · USTILAGO MAYDIS · texte numérisé non relu

USTILAGO MAYDIS

Icon. V. Jul. Ann. Se. nat. (D. C.) Corda.

(^Charbon du maïs.^

Synonymie 1806. — Uredo segetum. d. D. C. Synops. Plant.

Gall.

1809. Reticulaiia Mays. Bulliard (Caradori. Osservaz.

sul carbone del granotureo etc.

1815. — Uredo segetum, d. Zeae Mays. D.C. Flore

Fr. II, p. 596.

1815. — Uredo maydis D. C. Flore Fr. YI, p. 77. 1824. — Gœoma Zeœ. Link. Spec. PI. II, p. 2. 1833. — Erysibe Maydis. Walh. Flora Cryp. Ger.

II, p. 215!^ 1837. — Uredo carbo Maydis. Philippar, Traité sur

la carie, charbon, etc. Paris.

1840. — Uredo Zeœ,. Ung. in Corda Icon. Fung. IV,

1884. — Ustilago Zeœ Mays. Wint. Die Pilze, p. 97. Exsiccata. — Fuck. Fung. Rhen. 248, Rabh. Fung. Europ. 2200.

Thûmen Fung. Austr. 17. Mycoth. 136. œcon. 152. Cooke 431. Br. e Cav. I, 2.

La maladie du maïs, à laquelle Tillet a consacré un mémoire spécial^, paraît bien être celle produite par V Ustilago maydis, quoique cet auteur parle surtout de ses effets sur les fleurs mâles, effets qu'on ne peut toujours constater suffisamment. Quant à celle dont le D"^ Imhof a si

1. Tillet, Mémoires de V Académie Roy. des sciences pour l'année 1760, p. 254.

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bien écrit l'histoire dans sa thèse imprimée à Strasbourgen 1784', on ne saurait douter de son identité avec l'affection que nous allons étudier. Ce savant a reconnu le premier, que les corps difformes, qui couvrent l'épi femelle malade, ne sont ni des tuméfactions de l'axe même de cet épi, comme Tillet semblait Tavoir cru, ni même constamment des grains affectés d'Ustilago, contrairement à l'opinion des auteurs postérieurs à lui ; mais ces corps ne sont, le plus souvent, que des bractées ou glumes hypertrophiées. Aymen- avait attribué la maladie du Maïs à un défaut de fécondation de ses fleurs femelles, et il regardait les spores de l'entophyte comme autant d'animalcules infusoires. Le D'' Imhof préfère avouer son ignorance quanta la nature de la poussière destructive.

Garradori^ distinguait deux espèces de tumeurs dans la maladie du Maïs ; celles des fleurs mâles et femelles, qu'il appelait organiques, «. parce qu'elles étaient l'effet de l'at- <( taque d'une plante parasitaire», et celles de la tige ou inorganiques, «. qui provenaient de l'agglomération de <( substances végétales, tout comme la galle des insectes (!) « et qui servaient de berceau et. d'aliment aux grains des

1. Fr. J. Imhof, Zea maydis morbus ad Ustilaginem \vulgo relatus, etc. Strasbourg, 1784.

2. Aymen. Second mémoire sur les maladies des blés. Du charbon. (Mém. Acad. Roy. des sciences, 1763, p. 361.)

3. Carradori, Osservaz. sul carbone del granoturco. Estratto di Giornale Pisano, 1809, p. 265.

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« parasites ». Carradori finissait son mémoire en insistant sur ce parasitisme dans les termes suivants : « de mes mite nutieuses observations microscopiques, il résulterait que « le parasite, qui végète dans toutes ces tumeurs, appar- « tient à la famille des champignons , et au genre de Reti- « culariées. Le célèbre Bulliard, ajoute-t-il, considère lui « aussi le charbon du blé et d'autres céréales, comme pro- « duit d'une Réticulaire. Or, la Réticulaire qui cause le « charbon chez le Maïs doit être distinguée des autres « sous le nom spécifique de R. Mays^. »

Enfin des mycologues plus modernes, tels que de Candolle. Corda, et surtout Tulasne, nous ont définitivement fixé sur ridentité des tumeurs de la tige et des fleurs, et sur la première cause de ces déformations, dues à une Ustilaginée, VUstilago Mai/dis de Corda, dont le parasitisme est aujourd'hui un fait parfaitement acquis.

Caractères extérieurs de la maladie. — Le charbon du maïs est très connu des cultivateurs par ses formes étranges plutôt que par ses dégâts. On n'a, en effet, à compter sérieusement avec ces derniers que dans les années humides et particulièrement pour les cultures irriguées.

UUstilago mayclis se développe non seulement dans les

1. Ce synonyme a échappé à MM. Tulasne, Saccardo et Winter. ISous l'avons trouvé dans le « Giornale Pisano », cité ci-dessus.

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écailles ou bractées qui entourent la fleur femelle, mais aussi dans la fleur femelle elle-même, dans les feuilles voisines de Tépi, la tige et les fleurs mâles. Il déforme d'une façon singulière les six écailles qui le recouvrent réciproquement autour ou près du pistil du maïs, en leur faisant perdre leur consistance membraneuse et leurs dimensions normales. Les fleurs, par conséquent, s'hypertrophient et deviennent méconnaissables ; les unes demeurent aplaties et s'élargissent, tandis que les autres s'allongent sous une forme étroite. Aussi l'ovaire prend-il part à cette déformation et quelquefois il dépasse le volume dune noix ; mais habituellement il reste beaucoup moindre dans ses dimensions que les organes accessoires qui l'accompagnent, et fréquemment même il manque tout à fait.

Les feuilles florales ou grandes bractées, qui accompagnent l'épi, spnt souvent atteintes d'Ustilago dans leur partie inférieure, qui devient monstrueuse.

Les fleurs mâles sont aussi atteintes, surtout vers le sommet de l'axe, et presque toujours selon une zone circulaire. Les épis attaqués portent ainsi à la fois : des grains sains, des fleurs stériles, et des fleurs malades devenues monstrueuses.

Lorsque ce champignon se développe dans la tige, c'est vers sa périphérie qu'il donne lieu à la formation de tumeurs plus ou moins volumineuses et difformes. Dans quelques cas aussi les excroissances se développent au point d'insertion de l'axe de l'inflorescence sur la tige, et,

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en tordant cet axe, donnent un aspect des plus bizarres à Tensemble de la plante (fig. 5. M.),

Etude botanique du champignon. — En disséquant les excroissances ordinaires, lorsqu'elles sont encore gorgées de sucs, on les trouve formées d'un parenchyme à grandes cellules, fréquemment lacuneux, et traversé par un petit nombre de faisceau?v fibro-vasculaires ; les bractées infectées de l'ovaire, ainsi que les feuilles hypertrophiées qui enveloppent Tépi, présentent une structure analogue.

Ces tumeurs seraient, d'après Knowles*, le résultat d'une série d'anomalies végétatives, savoir : d'une hypertrophie extraordinaire de la partie de la tige sur laquelle les spores doivent se former, suivie quelquefois d'une torsion du chaume ; d'une grande multiplication des cellules vers la périphérie des parties malades ; d'un rapetissement des éléments anatomiques, du conjonctif et des rayons fibrovasculaires ; d'une torsion des stomates, et particulièrement des cellules annexes ; d'une anomalie à la formation des faisceaux, de. sorte que quelquefois ce liber ne peut pas se distinguer du bois, et d'un sensible accroissement du contenu cellulaire.

En tout cas, ces altérations sont précédées par le développement du mycélium A'Ustilacfo maydis, qui en est aussi la première cause. Ce mycélium est facilement visible

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