TILLETIA TRITICI
(Bijerkauder) Winter. Die Pilze. etc.
Synonymie. 1775. — Lycoperdon tritici. Bijerkand in Act. sued.
1815. — Ureclo caries. D. C. Flore Franc, VI, p. 78. 1817. — Gœoma segetum. Nées. Esenbeck, Syst. d. Pilze, p. 14. Taf. 1, Fig. 7.
1824. — Gœoma sitophilum. Link in Linné. Sp.
plant. M, p. 2.
1825. — Uredo fœiida. Bauer in Ann. Sciences Nat.
1 série, t. II, p. 167.
1833. — Erysihe fœtida. Wallr. Flora cryp. germ.
II, p. 213.
1836. — ■ Uredo sitophila. Ditm. in Sturms Deutsch.
Flora, m Abth. 3 vol. p. 69, Taf. 34. 1847. — Tilletia caries. Tulas. Mémoire sur les Ustilag. p. 113.
Exsiccata. — Fuck. Fungi rhen. 352. Rabh. Fung. Europ. 2395.
Thûm. Fung. Austr. 343, 401. Idem Mycoth. 724. Id. Œcon. 15, 251. Cooke429.
Caractères extérieurs de la maladie. — C'est le Triiicum speltsiy et plus encore le Triticiiin duram qui se trouvent exposés à la Tilletia. Néanmoins, quelques graminées sauvages en sont quelquefois atteintes. C'est ainsi que
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cette espèce a été rencontrée par Philippar sur le millet {Aira a.spitosa) et le Bromus secalinum, par Tulasne sur ÏAf/rostis spica, venti et piimila, et enfin par Fretay sur le Bromus mollis.
La carie se développe dans Tintérieur de la plante et elle est bien visible, quand elle arrive à l'ovaire de la semence, qu'elle désoro;anise complètement. La partie farineuse et blanche de cette dernière se trouve remplacée par une matière fongine grise et compacte. Plus tard, à mesure que la semence grossit, cette substance perd de sa compacité et, quand le cryptogame est complètement développé, le grain du blé se trouve rempli d'une poussière brune, constituée par les spores, qui, à l'œil nu, rappelle la poussière produite par la vesse de loup ou Lycoperdon.
Les grains cariés, arrivés à leur complet développement, sont plus courts, plus ronds, plus minces et plus obtus ; ils ont une couleur plus terne et la saillie longitudinale moins marquée. Ils s'écrasent facilement sous les doig^ts et alors ils exhalent une odeur d'autant plus mauvaise que la carie est plus avancée dans son org-anisation ; cette odeur rappelle exactement celle de Chenopodiam valvaria ou de poisson pourri.
Quant aux chaumes cariés, ils sont difficiles à reconnaître pour qui n'estjpas exercé, avant le développement de l'épi ; en ce moment, cependant, la distinction est facile : la tige et les feuilles sont plus minces et ont une couleur verte intense ; toute la plante semble végéter plus vigoureuse-
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ment, elle est plus érigée, grâce à sa légèreté, et elle se dessèche plus vite que les autres ; les épis prennent une teinte plus foncée et plus terne, pâle ou légèrement rouge, d'un vert azur et plus gris au moment du dessèchement, qui est toujours hâtif. Pendant son premier développement, répi a toutes ses parties plus serrées ; mais plus tard, au moment de la récolte, les épillets sont plus détachés, plus palmés, et ils ont les glumes et les glumelles plus ouvertes ; les barbes, si le blé est barbu, sont aussi plus divergentes.
Si maintenant on remonte un peu plus haut dans le développement de la maladie, et si on examine attentivement, à l'œil nu, ou mieux encore au moyen d'une loupe, les organes sexuels du blé, avant l'épanouissement de l'épi, on constate que tous ces organes sont profondément modifiés. Les étamines, au nombre de trois, sont souvent inégalement développées et insérées sur l'ovaire à des hauteurs différentes ; les anthères mêmes sont moins longues, déformées et généralement dépourvues de pollen. Les ovaires cariés sont plus irréguliers que les ovaires sains, plus ronds et plus courts ; les poils qui se trouvent à l'extrémité supérieure sont moins longs et plus irrégulièrement disposés. Enfin, l'intérieur de ces ovaires est complètement rempli de la substance du champignon qui, en ce moment, est molle et d'un blanc grisâtre.
Presque toujours ce terrible parasite détruit entièrement le contenu des grains. En tout cas, Tillet et Duhamel assurent avoir vu des grains cariés détruits à moitié.
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La membrane du grain attaqué est mince, très faible, formée seulement d'une ou deux couches de cellules polygonales, au lieu de trois ou quatre qui la composent en état normal.
Étude botanique du champignon. — Examinée sous le microscope, cette substance grisâtre, que nous avons rencontrée dans le jeune ovaire, « se montre composée, « dit M. Kuhn, de filaments ramifiés et entrecroisés, qui « forment la partie végétative ou le mycélium du parasite. « Si maintenant, par des dissections d'une exécution très « difficile, on isole ces filaments, on peut observer, à « l'extrémité de leurs plus extrêmes ramifications, de « petites vessies à dilTérents états de développement ^. « Ces vessies, d'abord très petites, grossissent peu à peu, « en même temps que leur contenu augmente et devient « granuleux, et finissent par se détacher des rameaux qui (( leur ont donné naissance. Néanmoins ces rameaux con- (( tinuent leur œuvre en produisant d'autres séries de (( vessies, qui, à leur tour, deviennent libres, à mesure « qu'elles se développent.
1. G est ici cp^ie consiste une différence importante entre \ Ustilago chez lequel l'hyphe sporigène se partage directement après le cloisonnement de son protoplasme et la gélification de sa membrane, en un nombre distinct de spores, et le Tilletia, où ces espèces de vessies, cpii, plus tard, en absorbant le protoplasme, se transforment en spores, prennent naissance à l'extrémité des hyphes ramifiées.
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« Pour compléter leur végétation, ces vessies, jusqu'alors « transparentes, sécrètent à leur surface une matière « de couleur foncée, qui les rend opaques, et par cette « transformation constituent les corps reproducteurs ou <( spores du végétal parasite.
(( A mesure que le développement des spores a lieu, on « voit, même à l'œil nu, la masse blanchâtre interne « s'agrandir, passer à l'azur et finalement à l'azur noir. « Arrivée à ce point, la masse encore molle et grasse ne (( tarde pas à devenir pulvérulente par l'évaporation de « son humidité excessive. »
En ce moment les spores ont atteint leur complet développement. \\iQS au microscope, elles se présentent formées de cellules isolées, régulièrement rondes, mesurant 14 à 20 a de diamètre. Elles possèdent une exospore divisée en aréoles par un certain nombre de bandelettes saillantes (fîg. 7, A), ce qui permet de distinguer la Tilletia tritici de la Tilletia, lœvis.
Ces spores, qui, d'après Liebenberg, conservent pendant 8 ans leur faculté germinative, et supportent, sans inconvénient, 95 de""rés de chaleur, ^-erment sur les terrains humides ou dans une goutte d'eau, dans l'espace de 2 à 6 jours, moins rapidement, par conséquent, que les spores àUstilago segetum. L'exospore alors se fend, quelquefois sur deux points différents, et le promycélium s'allonge inégalement suivant le cas, en atteignant, ordinairement, l'épaisseur d'un tiers de diamètre de la spore.
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Quand le? spores germent clans une atmosphère ou sur un terrain humide, leur promycélium surpasse rarement en lonf:;-ueur de deux ou trois fois le diamètre de la spore ; tandis que sous l'eau il s'allonge jusqu'à la surface de la goutte, et si la quantité d'eau est plus abondante, sa partie
FiG. 7. — A, germinateur des spores de TUletia tritici dans l'eau ; a, promycélium dont le protoplasme a été absorbé par la couronne de sporidies : c, c, c. ; B, partie supérieure d'un promycélium cloisonné, portant un verticille de sporidies au sommet ; G, couple de sporidies c, c, donnant naissance à des sporidioles .<?, s. (D'après De Bary).
supérieure, remplie de protoplasme, se sépare de la partie inférieure par une ou plusieurs minces cloisons transversales (fîg. 7, B, a'.)
Quand le promycélium a fini de croître, son article terminal produit au sommet un verticille de 2 à 8 sporidies
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fusiformes, — la couronne de sporidies (Kûhn), qui se développent aux dépens du protoplasme contenu dans le promycélium (fig. 7. A, c). Les sporidies filiformes rarement sont isolées, le plus souvent elles sont réunies en couple de deux, au moyen de petits filaments traversaux (fig. 7, A. c^ C. c). Ces sporidies, réunies ou isolées, produisent de leur côté une hyphe mince à accroissement terminal, qui ne tarde pas à transformer son extrémité en un petit corps réniforme dans lequel émigré le protoplasme et qui constitue une sporidiede second ordre, ou. spor ici io le (fig. 7 C. s.). Ces corps minimes sont, naturellement, transportés bien loin par le moindre souffle du vent, et leur rôle est celui de la propag^ation de la maladie : tombant, en effet, sur une jeune plante nourricière, elles émettent à leur tour un tube végétatif, qui, en pénétrant cette dernière, reproduit le parasite. Si cependant elles restent pendant deux heures, tout au plus, dans une atmosphère humide, ou bien dans une goutte d'eau, elles périssent par la décomposition de leur contenu, ainsi que de leur membrane légère.
Cette manière de germination des spores constitue un autre caractère distinctif entre le Tilletia. et les autres Ustilaginées, et spécialement le genre Ustilago (comparer ce qu'il a été dit plus haut).
Le Tilletia tritici attaque spécialement, comme il a été déjà dit, les ovaires de Triticum durant. Tr. spelta et de quelques graminées sauvages. Les expériences faites par
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M. Gibelli^ ont démontré que le seigle ainsi queVAecfylops ovata, espèces très affines aux précédentes, sont réfractaires aux inoculations artificielles faites avec cette espèce, qui, jusqu'aujourd'hui, a été constatée en France, Italie, Bel- «;ique, Angleterre, Suisse, Autriche, Allemagne, Suède et Amérique du Nord.