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II. — Sulfate (le soude

Le sulfate de soude, comme le sulfate de cuivre, est un sel métallique. On le trouve, depuis quelques années, à l'état naturel en Espagne, et on le prépare artificiellement, en décomposant le chlorure de sodium (sel marin) par l'acide sulfurique. Ce sel cristallise en prismes rhomboïdaux droits d'un aspect magnifique, qui l'a fait appeler autrefois sel admirable de Glauber. Le sulfate de soude est soluble dans l'eau. Le trait le plus saillant de l'histoire de ce sel se rattache à sa solubilité. En effet, tandis que 100 parties d'eau à 32°, 7 en dissolvent 50,65, elles n'en dissolvent que 42,65 à 103° : si bien qu'à partir de 0" jusqu'à 33° la solubilité croît avec la température, ensuite elle décroît, bien que la température continue à augmenter.

C'est Mathieu de Dombasle, qui, après plusieurs années

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d'expériences, donna, le premier, une formule de traitement consistant à l'association du sulfate de soude et de la chaux, qu'il crut pouvoir nommer préservatif absolu. Dans ces expériences il avait d'abord employé la chaux et le sel marin, et laissait macérer le blé pendant 24 heures. Ce procédé, qui ne manque pas d'efficacité, présente beaucoup d'inconvénients pour l'immersion prolongée ; Mathieu de Dombasle lui substitua l'aspersion et remplaça avantageusement le sel marin par le sulfate de soude.

La réelle supériorité de ce procédé fît alors un certain bruit.

Voici, du reste, en quoi consiste ce procédé :

On fait dissoudre 8 kilogr. de sulfate de soude dans

1 hectol. d'eau ; on répand sur le plancher d'une pièce à sol étanche 1 hectol. de froment et on arrose le tas avec la solution en pelletant jusqu'à ce que tous les grains soient bien humectés. Un hectol. de blé absorbe 6 à 8 litres de cette dissolution. On prend alors de la chaux en poudre, que l'on va éteindre par une immersion de quelques secondes dans l'eau, et on saupoudre la masse du blé, toujours soumis au brassage, jusqu'à ce que tous les grains soient exactement couverts de chaux ; ce qui exige environ

2 kilog. de cette substance.

L'opération est terminée et elle n'a duré que quelques minutes. Le froment ainsi traité se sèche vite et se conserve pendant plusieurs jours. Il paraît que son action est certaine et très énergique. M. E. Héquet d'Herval, entre

autres, rapporte dans le Journal d'agriculture pratique^ avoir obtenu pendant 40 ans un succès complet dans l'emploi simultané du sulfate de soude et de la chaux.

M. le D"" Comes, qui préconise aussi ce procédé, opère par immersion de la façon suivante : il fait verser les semences dans une solution concentrée de sulfate de soude (on verse du sulfate de soude dans de l'eau, jusqu'à s'approcher de sa saturation), de manière qu'elles soient parfaitement recouvertes, il y ajoute du lait de chaux, et il fait brasser le tout pendant deux heures. Après cela il fait décanter le liquide qui peut servir pour d'autres traitements, tandis que les semences, séchées à l'air, peuvent être confiées au terrain.

Pour beaucoup de personnes, l'efTicacité de ce traitement consiste dans l'action de la soude, qui est mise en liberté par l'addition de la chaux.

S'il en était ainsi on pourrait arriver au même résultat en traitant tout simplement la semence avec une solution de soude à 2 ou 3 p. 0/0.

Quoi qu'il en soit, le sulfatage Dombasle doit être vivement recommandé, comme étant, après le sulfatage au sulfate de cuivre, un des procédés les plus efficaces pour la caustication des grains. Il serait même à souhaiter que son emploi, en se généralisant, remplace celui de certains

1. Journal d'Agriculture pratique de E. Lecouteux, Année 1881, t. I, p. 361.

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autres ingrédients d'une efficacité assez douteuse. En tout cas, il est important de rappeler que, pour que la chaux produise un efYet utile, elle doit être d'une bonne qualité et récemment éteinte.

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