III. — Sulfate de fer
Le sulfate de fer, appelé aussi vitriol vert ou couperose verte, s'obtient soit par la dissolution des tournures de fer, que fournit le tournage ou le forage des appareils en fer., dans lacide sulfurique étendu, soit par oxydation des pyrites au contact de lair.
Le sulfate de fer a une saveur styptique et astringente ; il cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, de couleur vert éméraude, contenant 45,5 0/0 d'eau d'hydratation (FeO, So^ -|- 7 aq). 100 parties d'eau à \^)'^ en dissolvent 70 ; Teau bouillante en dissout 3 fois son poids.
Les cristaux de sulfate de fer, exposés à l'air, perdent leur transparence et prennent un aspect ocreux. Ce changement est dû à la formation d'un sous-sulfate, sous l'influence de l'oxygène de l'air.
Le sulfate de fer trouve une importante application dans plusieurs industries (teinture ^, fabrication du bleu de Prusse, encre ordinaire, acide sulfurique Nordhausen, etc.) ;
1. Voy. Tassart, Les matières colorantes et la chiiiiie de la Teinture, p. 240.
il y a quelques années, on a voulu aller trop loin dans son application clans l'agriculture en le recommandant à tout propos. Pour le moment son rôle d'efficacité, en agriculture, se limite, croyons-nous, à peu de chose.
Avec le sulfate de fer nous rentrons dans une série de corps qui, par leur action forte ou corrosive, nuisent aussi à la germination des semences. Dès lors le problème du traitement aura à répondre à deux questions : d'abord à Tefficacité de l'ingrédient comme parasiticide, puis à son action sur les semences.
On emploie le sulfate de fer en solution dans l'eau, variant de 2 à 5 pour 0/0 ; on y laisse macérer les semences de 6 à 12 heures, selon la richesse de la solution, puis on les chaule, ou bien on les laisse tout simplement dessécher à l'air.
Les résultats de ce traitement sont tout à fait douteux et souvent négatifs. Les expériences suivantes de Mathieu de Dombasle peuvent donner une idée de l'efficacité de ce sel.
i'arcelles. Epis cariés
sur 1000.
3. Blé complètement infesté de carie et sans préparation. 486
6. Blé carié plongé pendant une heure dans une solution de 1,200 gr. de sulfate de cuivre par hectolitre d'eau. 8
7 . Blé carié plongé pendant deux heures dans une solution de 1,200 gr, de sulfate de fer par hectolitre d'eau 469
8. Blé carié plongé pendant deux heures dans une solution de 2,400 gr. de sulfate de fer pour 100 litr. d'eau 570
126 USTILAGINÉES.
Parcelles Epis carié»
sur 1000.
15. Blé carié humecté 24 heures à l'avance par aspersion d un lait de chaux formé de 4 kilog. de chaux pour 100 litr. d'eau 470
17. Blé carié plongé pendant 24 heures dans de l'eau dans laquelle on avait délayé 10 kilogr. de chaux mêlée à 1,600 gr. de sel de cuivre pour 100 litr. d'eau 2
Tous les blés avaient été infestés artificiellement en les agitant dans un sac avec de la poussière de carie.
Dans certaines parcelles, comme Mathieu de Dombasle le fait remarquer, les épis cariés sont plus nombreux que dans le témoin, ce qui prouve que les préparations ont été sans action utile. « Nous rencontrons encore parmi ces parcelles, écrit-il, les n°^ 7 et 8, pour lesquels le g^rain a été traité par une solution de sulfate de fer, en sorte que cette substance semble devoir être écartée des préparations préservatrices.
M. H. Boiret, de Grignon, a publié d'intéressantes recherches sur le traitement de la carie ^. M. Boiret a d'abord voulu se rendre compte du pouvoir germinatif des spores de la carie dans des solutions de corps qu'on emploie le plus souvent pour son traitement. A cet effet il a exécuté un grand nombre d'ensemencements des spores sur des porte-objets placés dans une chambre humide, maintenues
1. H. Boiret, Sur le traitement de la carie. (Annales Agronomiques de P. -P. Dehérain, t. XVI, 25 juillet 1890.)
dans une température de 18 à 20*^, puis il les a examinées au microscope.
D'après ses observations, la carie, qui g-erme très bien dans l'eau ordinaire, ne donne point de germination après
I heure de séjour dans une solution de sulfate de cuivre à 5 pour 0/00, tandis qu'un certain nombre de spores germent après 1 heure de séjour dans une solution de sulfate de fer à 50 pour 0/00 et après 4 heures de séjour dans une solution de 20 pour 0/00 de même sel.
Le sulfate de fer ne répond donc pas à notre problème par son efficacité cryptog^amicide.
Quant à son action sur les semences, elle est certainement moins nuisible, considérée absolument, que celle du sulfate de cuivre. Cependant, comme il faudrait avoir une solution assez forte de sel (5 pour 0/0 par exemple] pour aboutir à quelque résultat, il serait à craindre qu'il attaquât aussi le grain, surtout si celui-ci n'est pas dur.
Les qualités du vitriol vert n'engagent point à son emploi pour le traitement des semences.