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IV. — Acide sulfurique

L'acide sufurique peut exister anhydre ou hydraté. A l'état anhydre il a un intérêt purement scientifique ; à Tétat hydraté, c'est le plus important de tous les acides.

II est de tous le plus employé dans les arts, grâce à son énergie et au bas prix auquel on peut l'obtenir.

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L'acide sulfurique combiné avec les bases est très commun dans la nature (ex : sulfate de chaux, sulfate de baryte, etc.). Il existe à Tétat libre dans quelques sources aux environs des volcans et résulte de Toxydation lente par l'air humide du gaz sulfureux exhalé par les terrains volcaniques. ■ L'acide sulfurique ordinaire est un liquide incolore, inodore, d'une consistance oléagineuse. C'est un acide excessivement énergique : étendu de mille fois son poids d'eau, il rougit encore la teinture du tournesol. Cet acide se combine facilement avec l'eau. Exposé à l'air humide, il absorbe jusqu'à quinze fois son poids d'eau. Cette propriété est utilisée dans l'industrie.

Quand on mêle de l'eau et de l'acide sulfurique, il se produit une élévation de température qui peut dépasser 100°. On doit verser ï acide lentement dans Veau, et agiter constamment pour éviter toute projection. En versant l'eau dans l'acide concentré, on détermine de véritables explosions, très dangereuses pour l'opérateur,

]\L Davaine, dans ses recherches sur l'anguillule, fut porté à conseiller l'emploi de cet acide pour les grains niellés ^ Mais comme le mot Tiielle est souvent employé pour désigner le charbon des céréales, on a cru que le procédé Davaine visait la caustication des grains contre les parasites anthracogènes. Pour le traitement contre la

1. Davaine, Recherches sur l'aiguillule du Lié niellé. Paris, J.-B. Baillière.

nielle, Davaine employait une solution de 5 pour 1000 d'acide sulfurîque dans laquelle il laissait séjourner le blé pendant 24 heures. Toutefois, Davaine lui-même ne dissimule pas les danf^ers qu'un tel traitement peut procurer à la germination des graines. Toutefois, dit-il, par une saison sèche, une immersion de 2-i heures dans l'eau acidulée serait trop longue, ainsi que l'ont démontré des semailles pratiquées à l'automne dernier, dans lesquelles une partie de la semence a été perdue ; il y a sous ce rapport de nouvelles recherches à faire ^.

Kiihn Ta recommandé à la dose de 8 pour 0/0 et 17 heures d'immersion ; mais il a dû vite l'abandonner.

D'après M. Boiret, les spores de la carie, après 24 heures de macération dans une solution d'acide sulfurique à 5 pour 0/0, ont montré une assez bonne germination. Un séjour de six heures dans une solution à 20 pour 0/0 est également insuffisant, bien que capable de détruire un grand nombre de grains de blé.

« Cette action nuisible, plus ou moins forte selon les <( variétés, écrit M. Boiret, s'est vérifiée dans plusieurs « séries de semis, et voici quelques nouveaux chiffres qui « la mettent hors de doute. Ils sont relatifs au tant pour « 100 de germinations dans des pots contenant chacun « 100 grains lavés immédiatement après la macération :

1. Davaine, VAnguilliile du blé niellé in 1 Œuvre de Davaine» Paris, 1889, p. 375.

LovERDO, Les maladies cryptogamîques. 9

130 USTILAGINÉES.

Golden-drop. Garter.

Blé ayant trempé pendant 24 heures dans l'eau

contenant 10 p. 1000 d'acide » 18

Blé après 12 heures dans solution acide à 20 p. 1000 40 14

— 1 — dans eau ordinaire » 92

« La perte est ici de 8 a 40 pour 100 pour une prépa- « ration d'un effet encore incertain.

« Gomme le cultivateur ne peut apprécier facilement la « dureté relative de son blé, il fera bien de rejeter complè- « tement un sulfatage qui Texpose ainsi à des accidents « sérieux.

« C'est peut-être un peu pour avoir expérimenté sur une « variété à grain tendre qu'un cultivateur qui avait suivi « les instructions de Davaine perdit une grande partie de « sa récolte. »

Nous dirons donc, avec M. Boiret, que l'emploi de l'acide sulfurique, s'il peut présenter quelque intérêt pour le traitement de la nielle^ comme étant le seul remède qu'on connaisse aujourd'hui pour combattre cette maladie, à notre point de vue il doit être complètement rejeté, comme n'étant pas capable de détruire les Ustilaginées sans nuire aux grains.

V. — Acide arsénieux et acide arsénique. Ces acides minéraux, qui constituent des poisons très

violents pour notre organisme, furent recommandés dans le double but de préserver les semences de l'attaque des animaux nuisibles et la récolte du développement des crypto trames. C'est ainsi que Boussingault proposa en 1856 l'emploi de Y acide arsénieax . L'éminent chimiste conseillait, comme l'acide arsénieux est peu soluble, de se servir d'arsenite de soude, sel très soluble et par conséquent de facile pénétration, et il proposait, dans le cas où on voudrait faire pénétrer 200 gr, d'arsenic dans un hectol. de blé, de composer la liqueur avec :

Liqueur arséniacale 3 lit. 5

Eau 12 5

16 lit.

Après avoir mis un hectel. du blé dans un cuvier, on verserait peu à peu le liquide, en prenant la précaution d'agiter constamment les grains ; une heure après, on pourrait étendre le blé et le faire sécher.

Uacide arsénique est un poison encore plus violent que l'acide arsénieux. On l'a proposé en mélange avec de la chaux. On obtient une poudre, avec 9 parties de celle-ci et 1 partie d'acide arsénique, avec laquelle on saupoudre les graines tenues humides, en proportion de 1 ,502 kgr. de cette poudre par hectolitre de blé. On laisse la poudre agir pendant 24 heures, après quoi on sème.

Cependant, à cause des dangers que présente la manipu-

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lation de ces acides, ces procédés ne sont pas recommandables.

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