‹ Les maladies cryptogamiques des cralesChapitre 45 sur 111 · C. URÉDINÉES · texte numérisé non relu

C. URÉDINÉES

A cet ordre appartient un grand nombre d'espèces qui intéressent par leurs ravages toutes les cultures en général «t qui sont connues vulgairement sous le nom des rouilles, LovERDO. Les maladies cryptogamique^. 10

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Historique. — La maladie singulière de la rouille est connue depuis la plus haute antiquité.

Les Romains, parmi plusieurs divinités champêtres, en reconnaissaient une sous le nom de Rohigo ou Rohigus. Ils célébraient en son honneur des fêtes appelées Bohigalia et lui offraient des sacrifices le 7e devant les calendes de mai, dans ridée qu'elle avait le pouvoir de préserver leurs blés de la rouille.

On a longtemps confondu la rouille avec les autres accidents auxquels les céréales sont sujettes. J. Bauhin et Longius emploient indifféremment : Ustilâgo, Uredo, Urigo, qui signifient proprement brûlure et tiennent souvent la place des termes œrago, ruhigo, rohigo, qui signifient proprement rouille.

Le Dictionnaire de Trévoux, à l'article Rohigo, confond aussi la rouille avec la carie et le charbon.

Des auteurs plus modernes, tels que Duhamel, Tillet et Tessier, apportent une distinction nette entre la rouille et les autres maladies des blés, mais ils sont loin de se douter de sa cause. C'est ainsi que Tillet, dans sa Dissertation sur les maladies des blés, accuse encore les accidents météorologiques : « Il ne serait pas étonnant, dit-il, que certains « brouillards qu'on peut concevoir chargés de particules « nitreuses et mordicantes s'attachent à la tige et aux « feuilles délicates des blés encore jeunes et qui les altère rassent sensiblement. »

Tessier, lui aussi, participe à cette manière de voir ;

mais il ne peut pas s'expliquer <( pourquoi ces brouillai'ds « corroderaient plutôt des plantes vigoureuses que des (( faibles, plutôt celles qui végètent dans un champ que « celles qui végètent dans un autre. »

Duhamel enfin, dans ses Eléments d'Agriculture, écrivait avoir remarqué plusieurs fois que quand le soleil assez chaud succédait à des brouillards secs, il arrivait quelques jours après que les froments étaient rouilles.

Ce sont là, on le conçoit, des erreurs motivées par l'ignorance où ces auteurs se trouvaient à l'égard de la vraie cause. Ne pouvant pas même la soupçonner, ils l'ont confondue avec les conditions qui favorisent son développement, tels que la chaleur et l'humidité.

Déjà les mycologues de la fin du dernier et du commencement de ce siècle (Jacq., Persoon, De Gandolle) découvraient la nature végétale du contenu de ces taches rougeâtres et attribuaient aux petites plantes des noms très divers [Lycoperdon, Gœoma, Aecidium).

Aujourd'hui, grâce aux beaux travaux de MM. Tulasne, de Bary, et d'autres botanistes célèbres, aucun doute n'est permis sur la nature parasitaire de ces affections, provoquées par des champignons qui appartiennent tous au groupe des Urédinées.

Généralités. — Les Urédinées forment un ordre de champignons assez vaste et très important. Comme les Ustilaginées, elles sont toutes parasites obligés de nos végé-

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taux, sur lesquels en se développant elles provoquent des maladies communément connues sous le nom de rouilles; nom que la science a maintenu pour désigner ces phénomènes nosolog-iques.

Elles sont facilement reconnaissables par les taches ou stries de spores, d'une couleur roug^eâtre, rouille orancfée, et d'une consistance poussiéreuse qu'elles forment sur la surface des organes attaqués. Cependant cette coloration, comme nous allons le voir, est propre seulement au premier état de leur développement, tandis que dans d'autres moments elles présentent un aspect et une couleur différents.

Les Urédinées occupent, d'après M. Brefeld, le premier degré dans l'échelle des champignons supérieurs et constituent le type des Basidiomycètes à basides horizontalement divisées. Les basides auxquelles ^l. Brefeld fait allusion sont celles qui se montrent dans la germination des téleutospores (voir fîg. 12 et 16). Cette germination, qu'on serait tenté de croire très analogue à celle que nous avons vue chez les Ustilaginées, s'en éloigne par la formation des hasides à V extrémité du promycélium et par le nombre limité des spores qui y prennent naissance. Ces particularités ont décidé M. Brefeld à classer les Urédinées entre les Mycomycètes, ou champignons proprement dits, et a côté des Basidiomycètes '.

1. Qu'on nous permette d'exposer ici brièvement le plan de la

Une particularité désormais connue pour cette classe consiste surtout dans le polymorphisme et le parasitisme singulier de la plupart de ses espèces. Xous verrons par la suite comment une tèleulospore à membrane épaisse sou-

classification que M. Brofeld assigne à la grande classe des champignons.

Il les distingue en trois grandes divisions :

I. Zygomycètes, qui comprennent les champignons sexués considérés comme champignons inférieurs et caractérisés par un mycélium unicellulaire , qui d un coté donne naissance à des spores sexuées, et de 1 autre à des sporanges renfermant un nomhre indcLerminê de spores eine provenant pas d'un acte de fécondation. (Mucorinécs, Peronosporacées, etc.)

II. Mesomycètes ou champignons intermédiaires qui se rap* prochent des zygomycètes par leurs fructifications en sporanges sans un nombre limité de spores (Ascoïdées, Telebolus) et par la formation des conidies, sans basides portées sur les côtes ou à 1 extrémité du mycélium et comparables par conséquent à celles du genre Chseto- -. cladium ou Thamnidiiun des Zygomycètes (Tilletia, Ustilago) ; mais qui rappellent aussi les champignons supérieurs par Tabsence complète de sexualité et par le cloisonnement de leur partie végétative ou mycélium,

III. Mycomycètes ou champignons proprement dits, caractérisés par un mycélium cloisonné, par le manque complet de sexualité, par des conidies portées sur des conidiophores, par la présence des sporanges fermées (Ascomycètes) ou ouverts (Basidiomycètes) à un nombre de spores déterminé (quatre et ses multiples.)

Voici du reste un tableau synoptique de cette classification :

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