VIII. — Eau chaude
Nous avons vu plus haut que les spores du charbon et de la carie supportent à sec des températures relativement très élevées sans aucune altération, tandis qu'elles sont tuées dans un milieu saturé de vapeurs d'eau par des températures bien inférieures (60° G. pour le charbon, 45° à 50^^ pour la carie) *.
1. Schindler, Ueher den Einfluss verschied. Temperaturen auf die Keimfdhigkeit der Steinbraiidsporen. Leipsig, 1880.
MOYENS DE TRAITEMENT. 1 i3
M. Jensen, agronome danois, prenant en considération ces expériences, eut l'idée d'employer l'eau chaude contre la carie. Du reste, ce n'est pas là une chose nouvelle. Prévost, bien avant lui, préconisa ce même procédé.
Pour pratiquer ce traitement, on verse dans une corbeille les grains qu'on doit semer le lendemain, et on plonge le tout dans de l'eau chauffée à 60". Cinq minutes de contact suffisent à l'eau pour tuer les germes parasites. Ce temps écoulé, on retire la corbeille de ce bain chaud et on la plonge pendant quelques minutes dans de l'eau à température ordinaire. Cette dernière précaution est bonne à prendre pour éteindre dans les grains l'action de la chaleur.
Ce procédé, soumis à l'examen de MM. Prillieux et Schribaux, a prouvé que l'eau chaude, non seulement tue les spores du parasite, mais accélère avantageusement la germination des grains.
M. le D''Cugini, de la station agronomique de Modène, rapporte avoir obtenu de très bons résultats en suivant ce procédé.
Enfm M. Jensen affirme que ce mode de préservation des semences ne diminue pas leur pouvoir germinatif, ainsi que cela arrive pour le sulfate de cuivre. A ce propos, il rapporte une expérience comparative entre ces deux modes de traitement d'après laquelle sur 100 grains traités par l'eau :
A 59° 96 ont germé
144 USTILAGINEES.
tandis que sur 100 grains traités par une solution de sulfate de cuivre :
A 2 0/0 62 ont germé
M. Jensen prétend en outre que si Ton compare les récoltes obtenues avec les semences traitées au moyen des deux procédés, on constate la supériorité du traitement par Teau chaude.
Conclusions.
Les pratiques culiarales, qui consistent à éviter ces maladies, constituent un moyen efficace, surtout contre le charbon.
Les traitements proprement dits produisent de très bons eiïets contre la carie, le charbon du maïs et du sorgho, et sont aussi d'excellentspalliatifs pour le charbon des céréales, du millet \ etc.
De tous les traitements, ceux à la base de sulfate de
1. Pour le charbon du millet on est revenu dans ces derniers temps à un remède déjà ancien, au grillage des spores par un feu très léger ; un ouvrier tient un bouchon de paille enflammé, long d un mètre ; un second ouvrier tient un balai de ramilles, à un mètre au-dessus du bouchon de paille ; un troisième a erse lentement les grains à travers les ramilles du balai, sur la flamme de la paille. (Arb. de Jubain ville et J. Vesque, Les maladies des plantes cultivées.')
URÉDINÉES. 145
cuivre, d'un emploi du reste économique et facile, constituent un puissant moyen de préservation. Le trempage plus ou moins prolongé et l'immersion dans des solutions qui ne dépassent pas 1/2 à 1 p. 0/0 de sulfate de cuivre, doivent être préférés à l'aspersion.
Enfin le sulfate de cuivre semble posséder, seul de tous les autres ingrédients, la propriété d'agir même après l'en- «emencement, dans un certain rayon, contre les sporidies des ustilaginées.
Le salfatcirje Dombasle (sulfate de soude) et le traitement par Veau chaude^ d'une efficacité bien démontrée, sont les seuls procédés à recommander, quand le sulfate de cuivre fait défaut.
Le lait de chaux, le sulfate de fer, les poudres diverses et le sulfate de zinc paraissent d'un effet très douteux pour le traitement des semences et ne doivent pas être mises en usage.
h'acide sulfurique et les acides arsénique et arsénieux constituent, par leur action corrosive ou toxique, des procédés dangereux pour les semences ou les hommes, et deviennent sans valeur pour la pratique des chaulages.