Wolf. loc. cit., pag
ERVSIPHE GRAMIMS. 219
quelque peu f^onflc à l'épiderme de la feuille de quelques 'jraminées ; il émet alors un nouveau petit tube, qui, après rtvoir perforé la paroi dune cellule épidermique, rentre dans son intérieur et, à son extrémité, se j^^onfle en houle. Le rôle de ce minime organe, considéré comme suçoir ou crampon^ consiste d'une part à fixer le tube germinatif et d'autre part à puiser sa nourriture dans les cellules épidermiques. Les suçoirs se multiplient plus tard à mesure que le tube s'allong^e ; et ce dernier fmit par constituer un mycélium, qui donne bientôt naissance à de nouveaux stipes et à des conidies.
Sur les feuilles plus âgées, au moment de la floraison et de la maturité des graminées malades, la production des Chlamydospores se ralentit, puis cède entièrement sa place à une autre forme d'organes fructifères, les Perithèces, destinées à assurer la conservation du champignon pendant l'hiver.
Le commencement de la formation de ces corps fructifères s'annonce d'abord par un grand nombre de suçoirs, qui se forment à une partie donnée du mycélium et qui sont probablement destinés à procurer à cette partie mycélienne la quantité d'aliments nécessaires à sa fructification. Quoi qu'il en soit, les filaments mycéliens, correspondant à ces suçoirs, s'entrecroisent, se touchent et produisent quelque part deux petites branches gonflées et courbées à leur partie supérieure, lesquelles s'approchent par leur partie concave et se serrent fortement entre elles (fig. 21 , A).
ASCOMYCETES.
L'une de ces branches se développe plus que lautre, se cloisonne et se trouve bientôt enveloppée avec l'autre par des rameaux partis de leur base. Ces rameaux deviennent de plus en plus nombreux, de façon à former un corps sphérique, qu'une coupe transversale montre formé : d'une partie centrale constituée par la branche cloisonnée, qui est plongée dans une couche très épaisse de pseudoparenchyme et limitée par des cellules périphériques plus
FiG. 21. — A: Commencement de la formation d'un périthèce de V Erysiphe graminis. — B: Coupe transversale d'un jeune périthèce de Y Erysiphe Martu ; as: branche formatrice des asques ; Es: tissu pseudo parenchymateux ; Fg : couche corticale; A2)p : jeunes appendices. (D'après ^^olf.)
fortes portant de petits appendices. Ces corps sphériques grandissent de plus en plus, deviennent foncés, presque noirs, et deviennent visibles à l'œil nu (dimension, 0,3 à 0,4 mm.). Ces changements extérieurs correspondent à des modifications des éléments intérieurs. Les organes tubuleux
ERYSIPHE GRAMINIS.
du centre, étroitement serrés, se développent aux dépens du tissu parenchymateux dans lequel ils se trouvent plongés, en môme temps que les couches extérieures destinées .£L former Técorce épaississent et brunissent les parois de leurs cellules. Les appendices, communs à toutes les espèces de ce genre, restent brefs, mais par contre le mycélium placé au-dessous de ces corpuscules forme, d'une façon caractéristique pour cette espèce, un grand nombre de poils excessivement longs, soyeux, irrégulièrement courbés en crochets, quelquefois flexueux,' qui entourent
FiG. 21. — A ; Périthèces de V Eryslphe graminls avec leurs poils caractéristiques ; B ; Asques du même champignon ; o : Sporidies. (D'après Léveillé . )
les périthèces, car ces petits corps ne sont que de jeunes périthèces, de tous les côtés (fig. 22, A.). -
A leur maturité complète, ces conceptacle's mesurent 0,3 à 0,4 mm. de diamètre. Gomme ils sont toujours fermés, il faut faire des coupes transversales, ou bien les écraser sous la pression des doigts pour examiner leur intérieur, formé de 8 à 10 asques. Ces derniers sont vaguement cylin-
222 ASCOMYCÈTES.
driques, un peu renflés en massue, obtus au sommet, courbés et rétrécis brusquement à leur base ; ils mesurent 55 à 65 [jt. de long sur 26 à 30 ijl de large et sont d'abord remplis d'un protoplasme finement granuleux. Au milieu de ce protoplasme, les sporidies se dessinent comme de petits points plus clairs qui, en se développant, constituent des corpuscules hyalins ovoïdes ou cylindriques à extrémités arrondies ; le diamètre de leur longueur varie de 24 à 28 tx, celui de leur largeur est en moyenne de 12 [j..
A la fin de la saison, les périthèces se détachent avec leur involucre poileux des feuilles desséchées et conservent le parasite pendant l'hiver ; leur revêtement de poils, en leur permettant de nager sur l'eau, sert admirablement à cet effet. Au printemps, ils absorbent tellement d'eau que leur membrane, arrivée à un maximum de tension, se rompt en lançant au dehors les asques ; une fente faite au sommet de ceux-ci permet aux sporidies de sortir. Ces sporidies légères sont alors facilement portées sur les feuilles déjeunes graminées. Si une goutte d'eau ou une atmosphère humide les favorise, elles émettent un tube germinatif qui pénètre la membrane des feuilles et reproduit, par son développement, la fructification estivale du champignon.
Ce champignon attaque, parmi les céréales, les nombreuses variétés du blé, du seigle et de l'orge, et parmi les plantes fourragères, le Dactylis fflomerata^ le Bromiis mollis, ainsi que les différentes espèces de Triticum, Bromus et Hordeam, si fréquentes dans nos champs.
SPH.ERIACÉES. '2'2'A
Le meunier blanc produit des dégâts considérables dans l'Amérique du Nord. On n'a pas constaté de très fortes invasions dans les cultures de nos climats européens.
L'Erysiphe graminis puise sa nourriture dans les cellules épidermiques des feuilles ou des gaines, et fait sentir son action dans les tissus inférieurs, par un appel des matériaux vers la surface, ce qui explique l'aiTaiblissement et le dessèchement des différentes parties de la plante. Il est très peu exigeant, comme nous avons vu, pour ce qui concerne les conditions de son développement, pouvant même germer dans un milieu sec ; d'autre part, il offre une résistance, relativement considérable, aux agents extérieurs.
Dans le cas d'une forte invasion, ce parasite serait d'autant plus à craindre qu'ici on ne peut même pas songer au soufrage, procédé qui donne de si bons résultats pour la vigne ^, le rosier, etc., atteints d'une maladie analogue. Seul le changement de culture est à conseiller.