II. SPH^RI AGEES
Les Sphaeriacées se rapprochent des Perisporiacées, mais tandis que dans celles-ci le périthèce se déchire pour disséminer les spores, les Sphaeriacées ont à leur périthèce un
1. Voy. Bel, Les maladies de la vigne et les meilleurs cépages français. (Bibliothèque des connaissance utiles.)
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ostiole normalement développé pour expulser leur contenu. Sur les Sphaeriacées on observe, en outre, très souvent des formes autres que les conidies et les périthèces, telles que les pycnides et les spermogonies . Elles vivent dans la plupart des cas comme saprophytes sur les plantes mortes. Cependant beaucoup de ces champignons croissent aussi en parasites sur nos plantes cultivées et nos arbres et produisent des maladies funestes telles que la fumagine [Fumacfo)^ le Rhizotonia [Byssothecium, Fuck.), etc. En se développant aussi sur les céréales ils causent des affections qui peuvent quelquefois devenir redoutables.
A. Genre Sphœrella.
Ces et de Xot.
Le genre SphœreUa est constitué par de petites sphéries. Les anciens botanistes considéraient ses espèces comme faisant partie du genre spheeria, genre qui, malgré son démembrement, reste encore très riche en formes.
Les petites sphéries vivent ordinairement en saprophytes sur les plantes mortes. Jusqu'aujourd'hui on a signalé un seul sphœrella, se développant en parasite sur les céréales. Parmi les autres plantes le poirier souffre de l'attaque du sphserella sentina Fuckl., dont les spermogonies produisent tant de taches blanches sur ses feuilles, que cellesci en paraissent grises.
GII3ELLINA. 225
Sphserella exitialis.
Morini. Nuoo. Gior. botan- ital. vol. 18, 1880.
Cette espèce a été décrite pour la première fois , en 1881, par le D^ Morini, et si^^nalée par lui comme cause de dégâts sensibles dans les blés des environs de Bologne.
Elle possède un mycélium endophyte qui fructifie sur les deux faces de la feuille, en formant des périthèces globuleux à ostiole large, mesurant 75 à QOijt, de diamètre et renfermant un certain nombre â'asques cylindriques de dimensions variables : 45 à 54 u. sur 16 à 20 a. Les sporidies sont hyalines uni ou bi-cellulaires longues de 14 à 16 a. et larges de 5à6[jt,.
B. Genre Gibellina.
Pass.
Gibellina cerealis.
Pass.
Exsiccata. C. Roumeguère. Fungi Gallici exsiccati, n" 4048.
Sous le titre modeste d"« un a,atre meunier du blé », le professeur Passerini a décrit en 1886 un nouveau parasite des céréales qu'il dédia à son collègue, Gibelli, de l'Université de Turin. D'après la première note de Passerini^, ce champignon paraissait avoir fait depuis 1883 son apparition à la province de Parme. Pourtant il ne dut pas
1. Passerini. « Un altia nebhia del frumento . « (Bolletino de Comiz. Agrario Parmenese. N. 7, 1886.)
LovERDO. Les maladies cryplogamiques. 15
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pas occasionner de très grands ravages car il paraissait à peu près oublié dans les années qui suivirent, quand, en 1890, j'eus l'occasion de le rencontrer, pour la première fois, en Lombardie dans quelques champs moissonnés du Gôme, sur des chaumes du blé, pas encore extirpés.
Enfin, en 1891, mon savant ami M. le Dr Cavara, de Pavie, rapporte, dans une note très intéressante^, avoir constaté ce champignon dans des chaumes malades du blé envoyé au Laboratoire cryptogamique de Pavie par le Comice agricole de Rocca S. Gasciano (Florence), où la maladie s'est présentée avec quelque intensité.
Le nouveau parasite semble donc s'étendre d'une façon inquiétante en Italie.
Caractères extérieurs de la maladie. — L'aspect languissant, la couleur plus pâle des feuilles, les dimensions plus petites des chaumes, font distinguer facilement les jeunes plantes de blé travaillées par le mycélium au milieu des saines. Peu de ces plantes ainsi attaquées montent en épi, et de ce petit nombre encore l'épi est constitué par une toute petite quantité de fleurs dans lesquelles les ovules sont avortés à défaut d'aliment.
'Voici, du reste, de quelle façon la maladie se manifeste de plus près.
1. Dotl. F. Cavara. Un altro parassito del frumento. (Biblioteca deir « Italia Agricola. » Torino, 1891).
GIBELLINA CEREALIS. 227
De petites plaques, d'aijord rondes cm allongées, formées par un feutre blanc grisâtre et limitées par un pourtour brun, apparaissent sur les g-raines foliaires de la base du chaume malade. Ces taches j^randissent rapidement suivant la longueur de la gaîne, deviennent confhientes, et (Inissent par intéresser tout le long de Tentre-nœud. Alors non seulement la gaîne et les petites feuilles de la base, mais le pied entier se trouve taché, flétri et pourri, et la plante tombe par terre.
Le champignon fait irruption au milieu de ce feutre grisâtre sous forme d'un petit corpuscule noir suivi de plusieurs autres, disposés, ordinairement, en groupes de 4 ou 5.
Les racines ne présentent pas d'altérations apparentes. Les feuilles de la partie inférieure se rident et se sèchent ; les feuilles supérieures jaunissent, comme le reste de la plante.
Etude botanique du champignon. — La partie végétative ou mycéliam de ce champignon, qui forme le feutre cotonneux et blanchâtre des gaines, est constitué par des filaments ramifiés, entrelacés et incolores, à contour variqueux et à contenu protoplasmique rempli de fines granulations assez abondantes. Ces tubes filamenteux ont un diamètre relativement gros et assez constant ; ils portent des cloisons peu distancées et nettement visibles, et quelquefois ils se dressent et se gonflent à leur extrémité de façon à présenter
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l'aspect des filaments fructifères de l'Oïdium. Mais ce feutre blanchâtre n'est pas persistant ; il est vite remplacé par d'autres filaments très minces ; ils sont incolores tant qu'ils se trouvent dans l'intérieur des tissus de la gaine, mais prennent une couleur olivâtre à peine à Textérieur.
Ces filaments se pelotonnent en certains points sous l'épiderme de façon à former de petits amas, qui constituent le premier état des conceptacles fructifères du GibeUina, cereaUs. Ces conceptacles, ou périthèces, complètement développés présentent une coloration noire assez intense. Leur aspect est alors celui d'une petite bouteille, dont la partie gonflée occupe la moitié de l'épaisseur de la gaine, tandis que le goulot émerge à l'extérieur sous forme d'un corpuscule noir ordinairement cylindrique et un peu pointu à l'extrémité.
A l'examen microscopique, une coupe mince à travers ces périthèces montre leur enveloppe brune formée de plusieurs assises de cellules, dont l'intensité colorante et les dimensions vont en diminuant de l'extérieur à l'intérieur. Le contenu de cette enveloppe est formé par un grand nombre d'asques cylindriques, hyalins et transparents (fîg. 23. a.5.), renfermant ordinairement 8 spores, qui deviennent bientôt libres dans le périthèce par la gélification de la membrane de l'asque. Ces sporidies sont fusiformes ou naviculaires, et quelquefois pliées en S, et colorées en jaune-châtain; elles sont généralement bicellulaires, et présentent rarement 2 à 3 cloisons (Cavara), (fîg. 23, sp.).
GIHELLINA CEREALIS.
Chacun de ces péritlièces est en continuiLé avec une couche compacte formée de nombreux filaments mycéliens entrelacés, qui se radient selon toutes les directions et embrassent les cellules du chaume. Cette couche épuise complètement le jeune pied, vivant à ses dépens, et elle est à considérer comme funeste pour la plante.
FiG. 23. — Glhelllna cerealis ; as asque complètement développé, 270/1 s^) spores bicellulaires 405/1. (D'après nature.)
Quant à la reproduction de cette espèce, les tentatives faites par différents botanistes (Gibelli. Mattirolo, etc.)^ pour faire germer ses spores sur des porte-objets, restèrent infructueuses. Al.Passerini^ informé de ces insuccès, voulut essayer la reproduction de la maladie en se plaçant, autant
1. Prof. Passerini. — Riproduzione délia Gihelliiia cerealis. (Bollet. del comizio Agrario Parmense, N. 7, 1890.)
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que possible, clans les conditions les plus naturelles. C'est ainsi qu'au mois d'octobre 1888, il mêla, avec le terreau d'un pot à fleurs, plusieurs fragments de blé attaqués Tannée précédente par le champignon, puis il y sema du blé ; mais en dépit de cela les plantes provenant de ces semis restèrent complètement saines. Sans être découragé de cet insuccès, il sema de nouveau l'année suivante du l^lé dans le même vase, et quelle fut sa surprise, lorsqu'enfin, au mois de juin suivant, il découvrit d'abord un, puis plusieurs chaumes couverts de feutre et de périthèces caractéristiques du parasite en question. Ce fait a porté M. Passerini à penser que le Gibellina cerealis doit introduire son mycélium par les racines pour se développer dans l'intérieur, constituant ainsi un mode de reproduction tout nouveau pour les champignons de ce groupe. D'autre part, bien que cette seule expérience ne soit pas suffisante pour nous fixer définitivement à cet égard, il paraît très vraisemblable que ces spores, avant de germer, ont ])esoin d'une année de repos.
Les sporidies résistent donc très bien aux froids de l'hiver, et jouent le rôle d'organes propagateurs et reproducteurs à la fois.
Dans le cas où ce parasite ferait son apparition dans un champ de blé, la seule céréale qui, jusqu'aujourd'hui, en souffre, on ne saurait trop recommander d'enlever soigneusement tous les chaumes malades et de les brûler, avant
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même que le champignon puisse former ses péritlièces. Si cette mesure était difllcile à réaliser, ou si, malgré cela, le champignon persistait dans ses effets, il faudrait éviter de cultiver le blé dans le champ infecté pendant plusieurs années.