Ibid., p. 48, et fîg
2. Jul. A\iesner, Eiuleitung in die lechnische Mikroskopie, p. 38.
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qui s'accuse plus particulièrement sur les bords des gros grains lenticulaires par les contours qui deviennent sinueux, et aussi par l'apparition de lignes concentriques dans les points plus profondément corrodés où plusieurs couches du grain se trouvent entamées.
Les grains diminuent ainsi insensiblement jusqu'à n'être plus que des granules d'une extrême petitesse, mais toujours colorables en violet par l'iode. On voit tous les passages entre le grain inaltéré de grande taille et les parcelles de fine poussière que l'on trouve encore çà et là dans les cellules très voisines de la grande lacune peuplée de nuées de Micrococcus. On peut s'assurer ainsi que c'est exclusivement par la surface que les grains sont corrodés, et que, par conséquent, le mode d'attaquer des grains d'amidon par les Micrococcus est essentiellement différent de l'action des ferments solubles analogues à la diastase. Dans les Blés germant, il est vrai, on voit souvent, surtout au commencement de la germination, des marques de corrosion externe comparables à celles que l'on observe sur les grains d'amidon des Blés roses; mais bientôt les modifications internes apparaissent, les canalicules se creusent et les feuilles se sé|rarent. C'est par un travail interne surtout que les grains d'amidon se désorganisent pendant la germination; tandis que dans les Blés roses la corrosion est exclusivement superficielle.
Cette observation me semble importante en ce qui touche la façon dont les Bactéries désorganisent les matières
(|irelles corrodent et détruisent. On a en effet supposé que les ferments org^anisés pourraient ai^ir par l'intermédiaire d'un ferment liquide qu'ils sécréteraient. On voit que, du moins dans le cas particulier que j'ai étudié ici, les Micrococcus corrodent les grains tout autrement que ne le fait la diastase.
Dans l'albumen du Blé rose, les g^rains d'amidon sont ordinairement rongés par les Micrococcus avant le gluten ({ui les enveloppe, et qui paraît rester d'abord à l'abri de la corrosion. Dans les tissus encore peu altérés, on voit les petits g-rains d'amidon disparaître d'abord, tandis que les gros diminuent de taille; puis ceux-ci finissent aussi par être résorbés à leur tour, laissant vide, dans le gluten inaltéré, la place qu'ils occupaient : de telle façon qu'à un certain moment, on trouve la cellule remplie d'une masse de gluten creusé de vacuoles vides pour la plupart, mais parmi lesquelles on en trouve cà et là quelques-unes contenant encore un petit grain colorable en violet par l'iode.
C'est surtout dans les cellules contiguës à la zone extérieure colorée en rose que j'ai le plus facilement observé cet état transitoire, très instructif touchant la marche de la corrosion des tissus.
L'action des Micrococcus continuant, les matières azotées sont attaquées à leur tour, et cela plus ou moins tôt. Tandis que le plus souvent on voit la place vide des grains de fécule résorbés au milieu du gluten encore intact, par-
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fois aussi, dans les cellules voisines de la grande lacune, on trouve la masse entière du gluten déjà fort altérée et réduite à une masse irrégulière amorphe, pénétrée d'une nuée de Micrococcus, bien que la même cellule contienne encore des grains d'amidon, bien diminués de taille, il est vrai, mais dont évidemment la résorption complète ne précède pas celle de la matière azotée. Il ne serait donc pas exact de dire que tant qu'il y a de lamidon, la matière azotée n'est pas attaquée; les deux substances peuvent être corrodées en même temps dans la même cellule.
La matière protéique granuleuse de la couche superficielle rosée de l'albumen se corrode avant la couche sousjacente, et pendant que dans celle-ci les grains d'amidon sont encore seuls attaqués, on voit les cellules de la couche superficielle déjà en partie vides.
Non seulement les matières contenues à l'intérieur des cellules, amidon et matières protéiques, sont désorganisées et rongées par les Micrococcus, mais les parois cellulaires elles-mêmes sont aussi attaquées, et on les voit profondément modifiées au voisinage de la lacune centrale.
Tandis que dans les portions non altérées de l'albumen les cellules ont des parois minces et d'amples cavités remplies d'amidon et de gluten, sous l'action des Micrococcus les parois se gonflent pendant que le contenu disparaît. Dans la zone transparente qui borde la lacune, on trouve des cellules à parois gélifiées, à cavité fort ré-
iliiite, ne contenant plus qu'une petite niasse qui se colore en jaune par l'iode, ou çà et là quelques fins «granules se colorant en violet. A peine distin<^ue-t-on encore les cellules dans la couche hyaline qui borde la lacune. Cependant les membranes cellulaires ainsi gontlées présentent encore les caractères de la cellulose; le chloro-iodure de /inc les colore en lilas pâle, et permet de les distiui^uer là où leur transparence les rend diflîcilement visibles sans laction de ce réactif.
Ces derniers restes du tissu de Talbumen finissent enfin par être consommés à leur tour par les Bactéries, et la cavité g-randit incessamment en s'avançant de plus en plus dans la profondeur du i^rain.
Un autre cas plus net encore peut-être de dissolution de la cellulose par les Micrococcas, s'observe dans les parties extérieures des grains roses très altérés, là où les tég-uments sont crevassés et détachés du grain. Si Ton compare des coupes transversales fines de tels grains à des coupes de grains sains on voit que la couche hyaline qui sépare le tégument de la graine de la couche extérieure de Talbumen, et qui est si épaisse dans les grains sains, est résorbée complètement sous l'action des Micrococcus dans les grains roses très altérés.
Les Micrococcus pénètrent dans le grain de l'extérieur
par le sillon ; c'est au fond de celui-ci que se trouve presque
toujours le principal foyer de corrosion. Ils se propagent
en outre dans les parties superficielles du grain en suivant
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l'assise qui contient les granules de protéine, où leur présence est décelée par la coloration rose et au voisinage de laquelle on constate en outre la corrosion des grains d'amidon dans les cellules sQus-jacentes. Dans tous les points où les Micrococcus se multiplient davantage et où leur action prend une intensité plus grande, des lacunes accessoires se forment.
Il résulte des observations qui précèdent : 1° Que la coloration et Taltération des Blés roses sont dues à la pénétration dans les grains de Micrococcus qui s'y multiplient et en corrodent les tissus.
2° Que ces petits êtres rongent tous les éléments constitutifs du grain, attaquant ordinairement d'abord l'amidon, puis les matières protéiques, et enfin la cellulose de& parois cellulaires.
Ed. Prillieux.
Pages.
Introduction. 1
Parasitisme et Saprnphytisme 7