Destruction directe du parasite
On peut classer les agents à employer directement contre les maladies cryptogamiques en deux groupes : les agents physiques et les agents chimiques.
1° — Agents physiques.
Chaleur. Les germes de certains champignons (carie, charbon), grâce à leurs dimensions extrêmement ténues, ne résistent pas aussi bien à la chaleur que les graines des végétaux supérieurs. On a basé sur ce fait une méthode, que nous indiquerons plus loin, pour débarrasser les graines de céréales des spores du charbon et de la carie.
Lumière. La lumière tue rapidement les germes de la plupart des organismes inférieurs ; toutefois, cette propriété n'a pas encore été mise à profit.
2° — Agents chimiques. — Fongicides.
Ce sont de beaucoup les plus importants.
L'antiseptie, c'est-à-dire la destruction des microbes à l'aide de substances chimiques, employée avec tant de succès contre les parasites de l'homme et des animaux, n'est pas moins efficace contre les maladies cryptogamiques des plantes. On connaît aujourd'hui toute i;ne série de substances qui, à des doses déterminées, détruisent certains champignons ou en empêchent le développement, tout en n'ayant pas, sur les plantes, d'action manifestement nuisible.
■Voici les conditions que doit remplir un bon fongicide ;
1° Agir énergiquement et rapidement sur le parasite ;
2" Être sans effet nuisible sur l'hôte ;
3° Ne point être d'une toxicité telle que les produits des cultures traitées soient un danger pour l'homme et les animaux qui les consomment;
4° Être d'une application aisée;
5° Être peu coilteux.
Les antiseptiques qui réunissent ces conditions sont minéraux ou organiques.
Parmi les premiers, les plus fréquemment employés sont les sels de ', cuivre, soit seuls, soit plus souvent unis à la chaux (l)ouiIlies cupriques, \ bouillie bordelaise). Les sels de fer, le sublimé corrosif, les arséniates, la chaux, le soufre, servent aussi dans des cas plus spéciaux.
Les fongicides organiques (acide phénique, lysol, etc.), si usités en antiseptie chirurgicale, n'ont guère été jusqu'ici essayés contre les parasites des plantes.
Le choix de tel ou tel de ces agents, et son mode d'application, dépendant avant tout de l'ennemi à combattre, nous nous abstiendrons de donner des indications générales sur chacun deux, nous réservant d'y revenir pour chaque cas particulier.