B. RAMEAU DE GENÉVRIER COUVERT DE MASSES
GÉLATINEUSES DE TÉLEUTOSPORES. tout quand cIIb attciut les jeunes
fruits, dont elle entrave le développement.
Lorsque la proportion de feuilles rouillées est considérable, l'assimilation des réserves est empêchée et la formation des fruits imparfaite.
Traitement. De môme que pour la rouille des Graminées, le traitement direct de la maladie à l'aide de fongicides ne s'est pas montré efficace.
La deïtruction des Genévriers, sur lesquels le champignon doit nécessairement passer un stade de son évolution, constitue, sans contredit, le moyen le plus efficace. Lorsque ce procédé ne pourra pas être mis en œuvre, il faudra tout au moins supprimer soigneusement les parties couvertes de téleutospores, de même, qu'en été, on détruira les feuilles de Poirier et de Pommier atteintes par la maladie.
ROUILL.E: DE I^'EPICEA.
Chrysmiyxa Abietis (Wallr.) Unger.
Cette rouille apparaît, en avril-mai. à la face inférieure des feuilles de deux ans de l'Épicéa, qu'elle couvre de taches orangées, formées par des téleutospores. Les aiguilles atteintes meurent et tombent rapidement. Lorsqu'elle revêt un caractère épidémique bien accentué, cette maladie peut occasionner de grands dommages aux futaies d'Épicéa de tout âge.
Les sapinières, en sol humide ou établies dans les vallées, en souffrent particulièrement.
L'enlèvement des arbres malades, quand ils ne sont pas trop nombreux, se présente comme le seul moyen d'empêcher une propagation démesurée de cette rouille.
cii%ii>RO\ i:t rai.ai i>r: kokcikrii:
1>K L,i:i»ICKl.
JScidlnm elatinum Alb. et Schwein.
On remarque parfois sur les rameaux du Sapin argenté et de l'Epicéa une branche dressée diflOrant tellement par sa ramification et son port, du restant de l'arbre, qu'on la prendrait volontiers pour un autre végétal qui se serait développé, en parasite, en cet endroit. On a donné le nom de Balai fie sorcière à ces curieuses productions. Ailleurs, il se forme, en un point d'une branche, une tumeur plus ou moins considérable appelée Chaudron. Ces déformations sont dues au développement, dans l'écorce et dans le bois du Sapin, d'une rouille particulière qui peut y végéter pendant très longtemps. Le mycélium arrive-t-il à se loger au voisinage immédiat d'un bourgeon? celui-ci donnera naissance à un Balai de sorcière.
Le Balai de sorcière est ordinairement dressé; sa ramification est celle de la flèche de l'arbre; les aiguilles, petites et d'un vert-pâle, portent, en août, à leur face inférieure, deux rangées d'écidies. Les écidiospores servent directement à reproduire la maladie sur le Sapin ; il n'y a pas ici de génération alternante. Les aiguilles atteintes tombent en automne et le Balai est complètement dégarni en hiver.
Chaudron et Balai de sorcière ne peuvent devenir dommageables que lorsqu'ils sont très fréquents, ce qui arrive d'ailleurs rarement.
Des Balais de sorcière se rencontrent aussi sur le Pin sylvestre, le Cerisier, le Bouleau, le Charme, l'Orme, etc., mais sont dus à l'action d'autres champignons.
ROITLL.E: »i vrx.
Coleosporinm Senedonis (Pers.) Fr.
Les Pins sont parfois attaqués par une rouille, dont une variété en habite les aiguilles et, une autre, l'écorce des rameaux.
Variété corticale.
La maladie prend naissance chez les individus jeunes (jusqu'à 20-25 ans), probablement à la faveur de lésions de l'écorce dues aux insectes, aux pics, aux grêlons, etc., et qui livrent accès au parasite. Ce dernier, une fois établi dans les tissus de son hôte, s'y maintient jusqu'à sa mort, qu'il hâte; le mycélium peut perdurer de la sorte pendant 60, 70 ans et plus. Ce mycélium se développe dans l'écorce et pénètre même dans le bois, jusqu'à une profondeur de dix centimètres. Le champignon empêchant la formation de couches annuelles, tandis que les parties saines sont le siège d'un accroissement considérable, les troncs atteints prennent en section transversale des formes très capricieuses.
La production de résine, dans les parties infectées, rend difficile l'ascension do la sève vers les portions les plus élevées de l'arbre; aussi voit-on, pendant les étés secs et chauds, se dessécher et mourir la flèche terminale, faute d'eau pour compenser les pertes occasionnées par une active transpiration.
Tous les ans, le champignon fructifle dans la partie do l'écorce qu'il a envahie l'année précédente. L'aspect des branches couvertes d'écidies est des plus caractéristiques. Elles présentent, étroitement serrées les unes contre les autres, de grosses vésicules à enveloppe blanche et contenant un amas jaune, pulvé- „. rulent, d'écidiospores. Plus tard, les écidies se vident
Rouille corticole du de leur Contenu et ne laissent que leurs membranes
Pin. — Rameau . , ,.< i i ■ . m r..
couvert d'écidies vides, irrégulièrement lacérées (flg. 9).
Variété acicole.
La variété acicole attaque surtout les jeunes pineraies, de 8 à 10 ans ; elle disparaît d'elle-même lorsque les arbres atteignent 20 à 25 ans. Le mycélium est localisé dans les tissus des aiguilles, où il se maintient jusque la chute de ces dernières qui advient, après deux ans, chez le Pin sylvestre. 11 donne naissance, au mois de mai, à des écidies beaucoup plus petites que la variété corticole.
Les deux variétés de la rouille du Pin passent une période do leur vie sur différentes plantes de la famille des Composées et, en particulier, sur le Séneçon, mauvaise herbe, extrêmement répandue.
Les écidiospores du Pin germent, au printemps, sur le Séneçon et y donnent, après quelque temps, naissance à des urédospores orangées et à des téleutospores brunes. Les sporidies issues de ces dernières sont le point de départ de l'infection de nouveaux Pins.
On est absolument désarmé contre cette maladie qui, sous sa forme corticole, occasionne parfois de sérieux dommages dans les pineraies. L'enlèvement des séneçons étant matériellement impossible, le seul palliatif consiste dans la suppression radicale de tous les arbres atteints.
IIOUII.I.E COrRBEUSE OC PlSf.
Melampsora TremulaeTiû. ( Caeoma pinitorquiim A. Brl.
Le Pin est attaqué par une autre Urédinée qui passe une de ses générations sur les Peupliers et les Trembles qu'elle aiîecto également de rouille.
Elle se manifeste sur l'écorce des pousses de l'année, sous l'aspect de tâches jaune-pâle, d'un centimètre environ de diamètre, formées par l'agglomération des spermogonies.
Les écidies naissent à l'intérieur de l'écorce qui se colore en jaune, se
soulève et se tViid loiigitudinaleraent sous la pression du la masse du obaïupignon qui dissémine ses spores par les crevasses ainsi formées.
L'accroissement de l'arbre étant entravé i\ la place malade, tandis qu'il s'effoêtuo rég:ulièrement dans lo reste do la j<nino pousse, il on résulte des
courbures très caractéristiques. Les rameaux atteints se dénudent, se dessèchent et meurent bientôt (fig. lU). Cette maladie s'observe d'ordinaire dans les jeunes plantations de moins de dix ans.
Parfois elle sévit sur les jeunes semis, dès six semaines après la germination, les couvre de rouille et les détruit rapidement.
Le seul remède à apporter aux dégâts causés par ce champignon est l'enlèvement du Tremble et des Peupliers dans les pineraies.
Sur le Mélèze, le même champignon produit une affection moins grave qui se localise à la face infé- ■ . l^.}^\-, . l'ieure des aieruilU^s, dont il provoque la dessication
Sommiie de Pm déformée '- ■ '^ ^
par la rouille coiirbeuse. et la chuto prématurée.
KOUII.I.E DU PEIPLIEU ET DU TREMBLE.
Melampsora Tremulae Tul.
Les écidiospores précédentes développées sur le Pin et le Mélèze produisent sur les feuilles des Peupliers et du Tremble une rouille abondante qui en détermine la chute prématurée.
A la face inférieure, ce sont de petits amas jaune-orangé d'urédospores qui propagent les maladies sur ces essences feuillues, à la face supérieure des pustules brunâtres, remplies de téleutospores qui reproduisent la rouille sur les résineux.