FIG. O
Rouille des céréales.
.4. RouiUe orangée. — Groupe d'urédospores
B. Rouille noire. — Groupe de téleutospores («).
C. Coupe transversale d'une feuille d'ftpine — Vinette montrant, à la face inférieure, des éeidies (a) dont deux mûres sont ouvertes et disséminent leurs écidiospores en chapelet ; à la face .supérieure, des spormosgonies {b).
Lorsque les conditions sont favorables, les feuilles, les gaines, les chaumes et les jeunes épis, sont rapidement envahis par cette production, que les agriculteurs désignent sous le nom de rouille orangée.
Une parcelle de rouille, placée sous le microscope, se montre formée de cellules jaunes, sphériqucs ou elliptiques, munies d'un pédieelle hyalin par lequel elles sont attachées au mycélium du parasite.
On a donné le nom iV urédospore h cet organe de reproduction du champignon polymorphe ftig. 5, A).
La rouille orangée se propage ainsi tout l'été. Les urédospores, transportées par le vent sur des organes sains, germent et font pénétrer, dans les tissus, un filament qui s'y ramifie abondamment.
Huit à dix jours après, de nouvelles urédospores peuvent être produites qui vont à leur tour contribuer à étendre la maladie. Ces phénomènes peuvent se répéter cinq, six et jusque huit fois, pendant la période d'accroissement des céréales. Chaque spore se multipliant plusieurs centaines de fois dans le cours d'une génération, on comprend qu'un pied malade puisse devenir un foyer d'infection pour une étendue cultivée considérable.
A la fln de l'été, la maladie revêt un caractère tout différent.
Les taches orangées font place à des pustules d'un brun-noirâtre, qui laissent échapper une poussière noire. C'est ce que les praticiens appellent la rouille noire. Elle est formée de spores toutes différentes, auxquelles on a donné le nom de téleutospores. Ces dernières sont composées de deux cellules allongées, un peu étranglées en leur milieu, à membrane épaisse et brune. Elles sont portées par un pédicelle incolore (flg. 5, B).
Contrairement aux urédospores, les téleutospores sont incapables de germer immédiatement, elles exigent pour ce faire, une période de repos prolongée.
Dans les conditions ordinaires, elles tombent sur le sol, lors de l'enlèvement de la récolte, s'y disséminent sous l'action mécanique de l'eau, et germent au printemps. Elles émettent alors un boyau germinatif court, qui porte, vers son extrémité, quelques petites pointes donnant insertion à de minuscules spores arrondies, appelées i-poridies. Le filament germinatif porte le nom de promycéliimi. Ces sporidies, apportées par le vent sur de jeunes feuilles de céréales, restent absolument stériles et ne se développent qu'au contact d'un nouvel hôte, sur lequel s'achève le cycle de développement du parasite (tig. G).
Ce nouveau support est l'Épine-Vinctte {Berberis vulgaris), arbuste épineux, commun dans les haies, les jardins, etc.
j Tombées sur les jeunes feuilles de ce dernier, les
sporidies germent rapidement, produisent un mycélium qui, après avoir pris possession du nouveau milieu, se condense vers les deux épidémies en un feutrage dense, d'où naissent les organes reproducteurs. Ceux-ci sont tout différents sur les deux faces des feuilles. A la face supérieure, ce sont de petits points brillants, répondant à des cavités creusées dans le parenchyme foliaire, qui s'ouvrent librement à l'air par une ouverture garnie d'un fin pinceau de poils. Ces organes appelés spermogonies. sont remplis de spores fines, en Fia, 6. forme de bâtonnets, ou spermaties; ces dernières
Germination d'une paraissent servir uniquement à propager le champi-
télentospore de la ,, ', . ^j. ,. ,„ - ^.
rouille des céréales. gnon sur 1 Epiue-Ymette (fig. o, 0). a. Promycélium cioi- g^j. \^ f^^^g inférieure, prennent naissance d'élégantes h. Sporidies. petites coupes à bord frangé, à demi-plongées dans le
tissu de la feuille et remplies, à la maturité, de spores jaunes, dispo-
sees en chapelets ôtroiteniPiit serrés les uns contre les autres. Ces coupes, ou â'((/'es, se présentent en groupes conipactes, saillants, d'un jaune orange très vif, à la face inférieure des feuilles et sur les fruits de l'Epine-Vinette.
Les écidiospores sont incapables de germer sur ce dernier; elles se développent, au contraire, activement lorsqu'elles tombent sur do jeunes feuilles de céréales, sur lesquelles elles provoquent la formation de la rouille orangée.
Le Pitccinia graminis, dont nous venons d'étudier le cycle de développement, se rencontre sur les graminées suivantes : Froment, Avoine, Orge, Seigle, Cliiendent, Dactyle, Flouve, les Ray-grass, les Fétuques et, par conséquent, sur toutes les céréales et la grande majorité des Graminées des prairies.
La forme écidienne s'observe, comme nous l'avons vu, sur l'Épine- Vinette ; on la rencontre aussi sur divers Berbcris exotiques et sur le Mahonia, arbuste ornemental, fréquemment cultivé dans nos jardins.
2° Puccinia Rubigo-vcra.
Les différentes phases du développement de ce champignon, sur les graminées, sont analogues à celles de l'espèce précédente. Mais cette rouille passe son stade écidien sur différentes plantes herbacées de la famille des Borraginées, telles que la Bourrache, la Buglosse, la Consoude, le Grémil, le Lycopside, etc.
La l'ouille des céréales due à cette espèce est beaucoup moins fréquente que la précédente.
3° Puccinia coronata.
Cette troisième espèce est encore plus rare et s'observe plus particulièrement sur l'Avoine. Les écidies se forment sur les feuilles, les pétioles et les jeunes fruits de doux arbustes de nos forêts : le Nerprun purgatif et la Bourdaine.
Circonstances qui influent sur l'intensité de la Rouille.
Les dommages causés par la rouille consistent surtout dans la diminution de la fonction assimilatrice des feuilles, qui se trouve réduite, par suite de la destruction plus ou moins complète, par le parasite, des tissus de ces organes. L'assimilation du carbone étant diminuée, la formation de l'amidon et des réserves du grain l'est aussi ; de sorte que l'on obtient une semence légère et même, dans les cas extrêmes, à peu près vide.
On peut dire que, tous les ans, il y a de la rouille, mais qu'elle est plus ou moins dommageable, suivant que les conditions sont favorables ou non à sa propagation.
Les causes qui influent sur l'extension de la rouille sont extrêmement nombreuses; nous allons en passer les principales en revue.
1° Époque du semis.
L'époque des semailles a une influence considérable sur la rouille. Un
semis tardif donne, au printemps, des plantes faibles, à membranes cellulaires minces et très sensibles à l'attaque du parasite.
Au contraire, les semis hâtifs fournissent des erablavures très avancées qui, à l'époque ordinaire d'apparition du champignon, sont beaucoup mieux armées pour lui résister. En Australie, où les dégâts énormes causés par la rouille ont suscité la réunion d'un Congrès spécial, on est arrivé à cette conclusion, que le semis hâtif constitue le meilleur moyen de lutte contre la rouille.
2° JSlahire et état du sol.
Les sols compactes, argileux, humides, les terrains à sous-sol impénétrable, prédisposent manifestement à la rouille. Il en résulte que les améliorations par le drainage, les labours profonds, sont à recommander.
3° Engrais.
On a remarqué, depuis fort longtemps, qu'un excès d'engrais azoté, facilement assimilable, favorise beaucoup l'extension de la rouille, en retardant la végétation et en prolongeant la période où la céréale, encore verte, se laisse envahir par le parasite. Le nitrate de soude agit, en particulier, très énergiquenient de cette façon.
Les engrais phosphatés, au contraire, hâtent la maturation et donnent des plantes plus saines et plus résistantes.
4° Conditions météorologiques de l'année.
L'importance des dégâts causés par la rouille dépend, en très grande partie, des conditions météorologiques de l'année.
Les années à été humide sont extrêmement favorables à la diffusion de la maladie.
Voici les pertes occasionnées par la rouille, eu Allemagne, pendant deux années consécutives, l'une sèche, l'autre humide :
189L Année humide. 1892. Année sèche.
Froment, 371.3 Kg. de grain par hectare. 135.2 Kg. de grain par hectare.
Seigle, 153.5 — — 92.0 — —
Avoine, 442.0 — — 215.1 — —
Constatons, en passant, que c'est l'Avoine qui souffre le plus de la rouille, et le Seigle le moins.
C'est surtout le temps qui règne au commencement de l'été, au moment de l'apparition de la rouille orangée, qui influe sur l'extension de la maladie. Quelques jours d'un soleil brillant ou un froid sec arrêtent, parfois net, les progrès du mal. Au contraire, des pluies, continues le favorisent extrêmement.
Il arrive parfois, cependant, qu'après une période de sécheresse, une forte pluie d'orage entrave brusquement la propagation de la maladie; les praticiens disent alors que la pluie a " lavé la rouille „. Il est très probable que l'eau tombée, stimulant tout à coup la vitalité de la plante, la met à même de résister au parasite.
Dommages causés par la Rouille.
On se fait souvent illusion sur les dommages eaus<^s par la rouille; on les considère volontiers comme pou importants. C'est là une grave erreur, qui tient i\ ce que la maladie, ne modifiant pas sonsiblemont l'aspect de la plante ni celui du grain, no so révèle pas extérieurement comme bien redoutable. Les dégais causés sont malheureusement beaucoup plus réels qu'apparents, et ce n'est qu'au battage que l'on constate que le grain est petit, ridé, léger et peu farineux.
Nous n'avons en Belgique aucune donnée statistique sur l'importance des donmiages occasionnés à nos plantes cultivées par les maladies cryptogamiques; mais voici quelques chitfres extraits de tableaux très suggestifs, dressés en Allemagne par les soins de la Société agricole :
Année 1891. Province de Saxe :
Récolte moyenne par hectare Pertes dues à la rouille,
Froment, 1236 Kg. 432 Kg. soit 35 «/o
Seigle, 1035 Kg. 120.8 Kg. - 11.670/0
Lés dégâts, pour la Prusse entière, auraient été de 73 millions de marks, pour le Froment, et de 165 millions pour l'Avoine.
Nos conditions culturales offrant de grandes analogies avec celles de l'Allemagne occidentale, on peut affirmer que. chez nous aussi, pondant les années pluvieuses, la rouille prélève une part importante sur le produit de nos cultures de céréales.
Les évahiations précédentes ne concernent que les pertes en grain; or, les effets pernicieux de la rouille s'étendent aussi au produit en paille. La récolte, en paille, est réduite, non seulement en quantité mais surtout en qualité. Les chaumes, fortement rouilles, manquent de rigidité et sont fort malmenés par le battage; ils constituent une litière de très médiocre valeur. D'autre part, l'ingestion de ces pailles n'est pas sans danger pour le bétail. Elle provoque, notamment chez les chevaux, des indigestions, des crampes, des coliques et la diarrhée. On aurait même constaté de véritables empoisonnements, résultant de l'usage répété de fourrages rouilles.
Moyens de combattre la Rouille.
Les tentatives les plus variées ont été faites pour détruire directement le champignon de la rouille.
Tout récemment encore, ont été rais à l'essai, en Amérique, des traitements très divers :
1° En agissant sur le sol, avant les semailles; 2» en traitant les semences; 3° en aspergeant les plantes malades avec des fongicides.
Les deux premières méthodes ont été sans aucun effet; l'emploi des fongicides (bouillie bordelaise) ne s'est montré quelque peu efficace que
lorsqu'il est renouvelé tous les dix jours, ce qui enlève au procédé tout caractère pratique.
Qriffitlis a cru pouvoir préconiser, en Angleterre, l'emploi du sulfate de fer, à la dose de 100 kilogt. à l'hectare. Ce sel est répandu, en automne ou au printemps, sur les champs. Des céréales semées, dans un sol traité de cette façon, auraient complètement résisté aux attaques de la rouille, tandis que cette dernière se serait abondamment développée dans des parcelles témoins non amendées.
Ces résultats ne se sont malheureusement pas confirmés partout, et il est probable que, dans les recherches du savant anglais, l'action du sulfate de fer était indirecte et due à l'introduction, dans le sol, d'un élément qui n'y existait pas en quantité suffisante.
Quant à l'emploi de la chaux soit seule, soit en mélange avec du sel marin, de cendres, de pyrites ferrugineuses, dont on a préconisé l'épandage sur les récoltes atteintes, il peut avoir donné de bons résultats dans certaines conditions spéciales, mais envisagé comme procédé général de destruction des rouilles, il est d'une etficacité extrêmement douteuse.
Les moyens directs ne pouvant être utilisés, il ne reste plus, pour diminuer les ravages de la rouille, qu'à recourir à un ensemble de mesures préventives dont voici les principales :
1° Choix de variétés résistantes.
Il est un fait, de longue observation, que plusieurs variétés de céréales, notamment que certains froments, sont beaucoup moins que d'autres exposés à la rouille. En général, une variété de Froment se défend d'autant moins bien contre la rouille qu'elle est originaire d'un climat plus sec, en été; les blés du Chili, du Turkestan cultivés sous le le ciel de Paris, souffrent extrêmement de la maladie, tandis que les races de provenance anglaise en sont souvent indemnes.
Dans le choix des variétés à cultiver, l'agriculteur doit tenir compte de ces faits et accorder la préférence, surtout dans les situations qui favorisent la rouille, à celles qui jouissent, à l'égard de cette maladie, d'une immunité marquée.
Une sélection méthodique, orientée vers la production de variétés résistantes, devrait aussi être entreprise.
2° Semis hâtif, au printemps.
3° Amélioration générale des procédés de culture, labours profonds, semis en ligne, binages, etc.
4" Application rationnelle d'engrais, en évitant surtout un excès d'azote assimilable.
5o Destruction des pailles rouillées.
Nous avons vu que les pailles fortement rouillées ne sont propres à aucun usage; aussi, est-il fortement à conseiller de les détruire par le feu.
6° Enlèvement et destruction de l'Épine-Vinette et des Borraginées.
De tout temps, les agriculteurs savent empiriquement que le voisinage
do l'Épine-Vinette favorise l'apparition de la rouille. C'est ainsi que, dès 1060, un édit du Parlement de Rouen ordonne la destruction de cet arbuste, à une c'-poque où l'on ne se doutait guère do la nature du mal. La découverte de l'alternance de génération du cryptogame, par le savant allenuind De Bary, fut le point de départ d'une guerre sans merci contre l'Épine-Vinette. Des mesures administratives furent prises, dans différents pays, pour empêcher la culture de cette plante dans un périmètre déterminé des champs cultivés.
Pour être efficace, la mesure ne devrait pas se borner là et il faudrait extirper radicalement l'Épine-Vinette et la remplacer, dans nos jardins, comme dans les haies, par d'autres arbustes.
L'enlèvement des Borraginées herbacées (Grémil, Lycopside), sur lesquelles passe une partie de son existence la seconde rouille des céréales, est également recommandable, d'autant plus que ces espèces constituent des mauvaises herbes, commensales de nos plantes cultivées.
ROIILI^F. I>r TREFI.E.
Uromyces Trifolii (Hedw.) Lév.
Les Trèfles ont parfois à souffrir d'une rouille qui produit, sur la même plante, ses différents appareils reproducteurs. Ce sont des taches orangées en été, qui brunissent à l'automne. Cette affection est, eu général, très peu dommageable. Les Fèves, les Vesces, etc., sont parai-itées par une espèce voisine, V Uromyces Fabae (Pers.) De Bary; les Haricots, par V Uromyces appendictdahis (Pers.) Link.
Les deux affections suivantes ont une importance plus considérable.
ROUILLE I>II JjVX.
Melampsora Lini (DC.) Tul.
Cette maladie, mieux connue sous le nom de feu ou brûlure du Lin, à causé, certaines années, de sérieux dommages à la culture linière belge.
Elle se manifeste par l'apparition, sur les jeunes feuilles, de petites pustules orangées, tandis que, sur les feuilles adultes et sur les tiges, s'observent des taches noires. Les premières sont formées par des urédospores, les secondes par des téleutospores, organes de conservation, grâce auxquels le champignon passe l'hiver et réapparaît au printemps suivant.
Cette rouille nuit, non seulement en diminuant la vigueur du Lin, mais encore en modifiant désavantageusement les fibres textiles, qui perdent beaucoup de leur résistance et deviennent cassantes.
Les remarques culturales faites au sujet de la rouille des graminées sont, en grande partie, applicables ici, On aura soin de n'employer, pour les semis, qu'une graine provenant d'une récolte non infectée par la rouille.
L'affection atteignant aussi le Lin purgatif, petite mauvaise herbe de nos gazons, la destruction de cette dernière est recoramandable, mais malheureusement peu pratique.
R01JII.I.E DE I.A BETTERAVE.
Uromyces Betae (Pers.) Kiihn.
A la fin de l'été, les feuilles de la Betterave se couvrent souvent de taches proéminantes, d'abord jaunes, puis brunes, produites par une rouille qui parcourt toutes les phases de son développement sur cette plante.
Lorsqu'elles sont fortement atteintes, les feuilles se décolorent et se dessèchent.
L'élaboration du sucre s'accomplissant dans les organes foliaires, est plus ou moins entravée et les racines produites sont petites et pauvres. Chez nous, cependant, la Betterave souffre rarement, à ce point, de la rouille, mais, en Amérique, et notamment en Californie, cette maladie est très dommageable.
ROVII.I.E DEIS OROSEII.I.IERS.
jEcidium Grossulariae Schum.
La rouille des groseilliers s'attaque, non seulement aux feuilles, mais
encore aux jeunes rameaux et surtout aux fruits, qu'elle couvre de taches rouge-pourpre sombre.
Sur les feuilles, ce sont, à la face supérieure, des spermogonies, à la face inférieure, des écidies très nombreuses, étroitement serrées les unes contre les autres et constituant les taches dont nous venons de parler.
Cette maladie nuit surtout en entravant le développement des jeunes fruits. Bien que plus fréquente sur le Groseillier à maquereaux, on l'observe aussi sur le Cassis et le Groseillier à grappes.
Remède : enlever et brûler les parties atteintes, ^lo- '• On a également préconisé l'aspersion de
ROUILLE DU GROSEILLIER. ° ni.'
a. Feumes présentant des groupes bonne heure, au prmtemps, dès J epanouis-
compactes d'écidies. sèment des feuilles, à l'aide de bouillie
b. Fruits couverts décidies. a^m^i^-^ ,
bordelaise (voir Maladie de la Pomme de terre) qui empocherait la germinutiou des spores du parasite.
ROiiiLLK i»r pritivie:r et dit pêcuer.
Puccinia Pnmi Pars.
Cette Urédinée forme, à la face inférieure des feuilles du Prunier et du Pêcher, des enduits pulvérulents bruns, qui se foncent au point de devenir presque noirs.
Ce parasite est généralement peu nuisible.
Traitement : comme pour la précédente.
ROriLLE: RIT CERIliïIER.
Puccinia Cerasi (Béreng.) Cast.
Analogue à la précédente et peu dommageable.
ROIII^Liï: rit fOIRIER ET RU PORIHIIER.
Gymnosporangium Sabinae (Dicks.) Winter et Gymnosporangium juniperinum (L.) Fr. (syn. G. tremelloides Hart.).
Les Genévriers sont atteints par des rouilles dont le stade écidien se passe sur différents arbres de la famille des Pomacées, notamment sur le Poirier, le Pommier, etc.
L'affection apparaît sur ces derniers, ordinairement vers la fin du mois de juillet. Les feuilles du Poirier et du Poiumier se couvrent de taches très caractéristiques. A la face inférieure, ces dernières sont oblongues ou elliptiques, présentent ime zone brunâtre circonscrivant une partie teintée de jaune orangé ou de rouge, au centre de laquelle s'observent de petits points plus foncés, qui sont des sperraogon les, remplies de spores bacillaires ou spermaties.
A la face supérieure, au-dessus des mêmes taches, se dresse un gi'oupe de quelques écidies, très grosses, faisant saillie de plusieurs millimètres (flg. 8, A).
Lorsqu'elles sont mûres, les écidies contiennent, en abondance, une poussièi'e brun-chocolat, les écidiospores. Ces dernières, incapables de se développer sur les Pomacées, ne germent qu'au contact de différents genévriers, sur la Sabine [Juniperus Sabina) et autres espèces étrangères moins répandues, pour le Poirier: sur le Genévrier commun pour le Pommier.
Les téleutospores (il n.'y a pas ici production d'urédospores) se présentent
sur les rameaux des Genévriers en masses gélatineuses très caractéristiques, jaunes, saillantes, globuleuses, mais plus souvent allongées (flg. 8, B). La présence du parasite modifie beaucoup l'aspect de l'hôte dont los
feuilles, d'ordinaire courtes et étroitement appliquées sur les rameaux, s'allongent davantage et sont plus étalées.
Les téleutospores tombent, au commencement de l'été, en laissant dans l'écorce des cicatrices profondes et irrégulières ; elles ger-
ment, dans le sol, en donnant des sporidies qui reproduisent la maladie sur le Poirier et le Pommier.
C'est sous cette forme seulement que l'affection est préjudiciable; sur-
FiG. 8