CHARBON DE 1.'0IG«Î
Urocystis Cepulae Frost.
Le charbon de l'Oignon apparaît sous l'aspect de taches noires, à, différentes hauteurs, sur la première et la seconde feuillo; bientôt se produisent, longitudinalement, des fissures d'où s'échappe la poussière noiie des spores.
Le plus souvent, les plantes atteintes succombent rapidement avant la formation des bulbes. Parfois cependant, la maladie n'est pas aussi destructive et ces derniers peuvent se former, mais sont totalement envahis par la fructification du champignon, qui les transforme en une masse noire, pulvérulente.
Traitement : éviter de cultiver l'Oignon dans un sol infecté de spores.
CARIE DES CEREAI.es.
Tilletia Tritici (Bjerk.) Wint. et Tilletia levis Klihn.
La redoutable maladie du Froment connue sous le nom de carie, hareng, est due à deux champignons très voisins, que nous confondrons dans cette étude. Ils s'attaquent aux différents froments, fréquemment à l'Epeautre.
40 MALADIKS DES n.ANl'KS (TI/IIVÉES
Qiiolqiios osp6res du niAnio conro oecasionnont la carie sur lo Roi<;lo et t^iir un certain nombre de graïuinéet; sauvages et des prairies, notaïunicnt les Bromes et les Agrostis.
/ / Voici les caractères que présente le Froment
atteint à l'époque de la floraison.
L'aspect général do la plante no diffère guère de celui d'un individu sain, à première vue; mais un examen plus attentif fait reconnaître les particularités suivantes: les tiges sont plus hautes, bien que souvent un peu plus grêles; de même que les feuilles, elles sont d'un vert-bleu foncé qui semble dénoter une vigueur toute particulière. Mais, le développement s'arrétant plus tôt que dans les Fig. 17. plantes saines, il en résulte que les pieds malades
Cane du Kroment n'atteignent pas les dimensions de cesdernières.
b, coupe de deux crains Les cliaumes sc dessèchent prématurément et
remplis de spores fuligineuses. , . . , ,, ^ , . j. •^■
les épis prennent 1 aspect de la maturité. Toute la plante acquiert alors une teinte particulière, mélange indéfinissable de rouge pale, de jaune et de violacé, qui contraste nettement avec le blond franc des pieds sains.
L'épi, au lieu d'être incliné comme cela a toujours lieu quand il est bien rempli, reste dressé verticalement, gnlce à sa légèreté. Il est ii régulier, souvent incomplet, les épillets sont plus détachés, les glumes et les barbes, quand elles existent, sont irrégulièrement déjetées (flg. 17).
Les grains sont courts, très arrondis, leur couleur est terne, ils n'ont pas le brillant des grains sains. Ils cèdent, avec la plus grande facilité sous la pression des doigts et sc montrent remplis d'une substance noiro qui exlirtle une odeur très caractéristi(iuo de poisson pouiri.
Cette poussière est constituée essentiellement par les spores du champignon (|ui différent notablement au microscope de celles du charbon. Elles sont plus grosses et couvertes de petites pointes arrondies.
Lo mode d'existence du champignon de la carie offre beaucoup d'analogies avec celui de VUsfilago. Placées dans des conditions favorables d'humidité et de chaleur, les spores germent; leur épaisse membrane se fend en un point et laisse passer un boyau germinatif ou promycélium, qui donne bientôt naissance à une couronne de sporidies filiformes, très souvent réunies par deux, par un petit filament transversal et affectant alors la forme d'un H (fig. 18).
Ces sporidies, à leur tour, en produisent d'autres secondaires ou spoiidioles, en forme de faucilles. Ce sont ces deux derniers organes qui servent à la dissémination du parasite.
L'infection a lieu, comme pour le charbon, sur les plantules très jeunes
•où le mycélium s'établit, croit, se multiplie eu même temps que l'hôte
jusqu'à la floraison de ce dernier. A cette époque il se localise dans
l'ovaire, où il produit ses spores de la façon que nous avons indiquée.
Ce sont ici, avant tout, les semences qui causent l'apparition de la maladie sur les jeunes récoltes. Aussi faut-il veiller soigneusement à les débarrasser de tous les germes qu'elles portent.
Pour les procédés à employer dans ce but nousrenvoyons à ce qui a été dit à propos du charbon.
Nous ferons remarquer toutefois que certains auteurs partisans du procédé à l'eau chaude, comme moyen de lutte contre le charbon, ne le préconisent pas pour la carie et lui préfèrent le traitement ancien au sulfate de cuivre.
Tout ce qui a été dit des facteurs qui influent sur l'intensité du charbon, est applicable h la carie; leur action, sur cette dernière, est parallèle.
La carie est, sans contredit, la maladie la plus grave qui atteigne le ?>oment.
Avant la connaissance du traitement au sulfate de cuivre, elle était très fréquente et occasionnait des pertes immenses à l'agriculture.
Dans des cultures négligées, ou a constaté jusque 75 "/o d'épis cariés.
Le pain fait avec du froment carié est noirâtre, présente une odeur et un goût désagréables, sa consommation n'est pas sans dangers.
Les batteurs en grange qui respirent l'air dans lequel voltigent des poussières de carie éprouvent des irritations aux yeux et aux voies aériennes, suivies généralement d'une forte oppression.
Fig. is.
a. Germination d'une spore 'de carie en un promyeéliura portant une courunne de ■sporldies;