I. — Bactéries
Les Bactéries sont des êtres extrêmement simples, se présentant sous l'aspect de petits corpuscules arrondis, ou en forme de bâtonnets, ou do tilaments parfois contournés en spirale.
Leurs dimensions sont toujours extraordinairement réduites; elles no mesurent souvent que quelques millièmes de millimètre, et, il en faut des millions pour constituer une masse de la grosseur d'une tête d'épingle.
Leur reproduction égale leur constitution en simplicité. Le filament ou le bâtonnet se partage en deux tronçons, qui constituent désormais des individus libres, s'accroissent et se multiplient à leur tour, de la même façon. C'est ainsi que des générations nouvelles surgissent à do
courts iiitorvallos de temps, co qui explique l'ôtoiuiaiite rapidité avec laquelle CCS organismes prennent possession de leur milieu nutritif.
Les Bactéries, dont l'existence n'a pu être révélée qu'à une époque récento grftoo aux perfectionnements da microscope, jouent, malgré leur iuflmo petitesse, un rôle immense dans l'économie de la nature.
Partoiit, elles pullulent, dons l'air, dans l'eau, dans le sol; partout, elles travaillent, s'attaquent aux matières végétales et animales, cadavres, résidus, qu'elles transforment progressivement, en ramènent les élémentsà nn état où ils peuvent être repris par une nouvelle génération d'êtres vivants.
Ces organismes intorvionnont dans une foule de pliénomènes, dans les fermentations si nombreuses, si diverses, dans la nitritication (transformation dans le sol de l'azote des matières organiques en nitrates), dans la panification, dans le rouissage, dans les opérations de la laiterie, depuis l'aciditication de la crômo jusqu'à la maturation des fromages. Souvent l'homme et les animaux leur servent d'hôtes pour lesquels ils constituent d'utiles auxiliaires (par leur intervention dans la digestion) mais parfois aussi de terribles ennemis; ils engendrent, en effet, de redoutables maladies telles que le choléra, le typhus, la tuberculose etc.
Les plantes saines non légumineuses ne renferment jamais de Bactéries et la pénétration de ces dernières, dans l'organisme végétal, s'accompagne toujours de manifestations morbides. Contrairement aux animaux, les végétaux ne se laissent que difficilement envahir par les Bactéries. Cela tient notamment aux causes suivantes :
1° Aux membranes cellulaires constituées par une substance, la cellulose,, que les Bactéries ne peuvent dissoudre.
2° A l'acidité du suc cellulaire, défavorable à la multiplication de ces organismes.
3» A la température régnant dans le corps végétal qui ne dépasse pas sensiblement celle du milieu ambiant et reste inférieure à celle qui convi(.'nt à la plupart des espèces bactériennes (300-40°).
Quoiqu'il en soit, le nombre des maladies bactériennes des plantes connues augmente chaque jour.
Nous ne signalerons que les principales.
A côté de ces bactéries parasites, il en est quelques-unes très intéressantes, auxquelles certains végétaux donnent normalement asile dans leurs tissus et qui jouent un rôle très important dans leur nutrition. Ce sont les bactéries des nodosités radicales des légumineuses.
Les racines des Pois, du Trèfle, de la Luzerne, du Lupin etc. présentent çà et \k sur leur parcours de petites tubérosités charnues dont le tissu blanc est composé de cellules toutes remplies, d'organismes microscopiques de formes variées.
BACTKRIK.S 89"
Il résulte des recherches de plusieurs savauts et, en particulier dos expériences minutieuses de Schloesing tils et Laurent, que ces derniers jouissent de la remarquable propriété de fixer l'azote libre et de l'organiser dans leur propre substance. C'est grâce à la présence de ces microbes dans leurs racines que les légumineuses doivent d'être dos plantes améliorantes, enrichissant le sol en azote combiné, aux dépens de l'azote libre de l'air dont l'immense majorité des autres végétaux est incapable de tirer profit.
Les nodosités radicales des Papilionacées ne doivent donc pas être considérées comme nuisibles, pathologiques, ainsi qu'on pourrait être .tenté de le faire, à première vue, mais bien comme des productions normales et d'une grande importance physiologique.
mosaïque dit tabac.
Cette affection est caractérisée par l'apparition, sur les feuilles des jeunes plants de tabac, quelques semaines après le repiquage, de taches blanches, translucides, h côté de parties plus foncées, où le limbe est épaissi. Cette curieuse maladie est due à une bactérie encore imparfaitement connue, dont la pullulatiou occasionne la désorganisation du parenchyme foliaire.
Bien qu'inoculable de sujets malades à plantes saines, le germe infectieux ne Be propage pas dans le sol, par simple voisinage, ce qui explique^ cette remarque, souvent faite, que, dans une plantation de tabac, les pieds malades sont partois disséminés dans toute l'étendue cultivée. Ce serait pendant le séjour en pépinière que se ferait la contamination. Dans le sol des couches abondamment enrichi de fumier, et, par conséquent, saturé de matières organiques, le microbe, qui peut vivre en saprophyte, se propage et s'inocule aux jeunes semis.
Malheureusement, il est impossible, à cet état, de distinguer les plantules saines des infectées et l'élimination de celles-ci n'est pas réalisable. Lorsque les pieds atteints sont nombreux, le dommage peut être considérable. Les feuilles attaquées se rident, se dessèchent, fournissent un tabac manquant d'arôme, de combustibilité, et absolument impropre à la fabrication des cigares.
Cette affection, fréquente depuis quelques années en Hollande, en Angleterre et en Russie, serait, d'après le professeur Damseaux, identique à celle qui a été signalée sur divers points des Flandres, où elleest connue sous le nom de maladie de la (jmnd'nière.
On est jusqu'ici assez désarmé contre cette maladie.
En tous cas, les mesures suivantes sont h recommander:
1» Éviter une culture, trop souvent répétée, du Tabac, sur lo môme terrain.
2" Ivenouveler la terre des couches et y substituer à remploi de riches fumures organiques, lapplication d'engrais chimiques (phosphates et nitrates).
.3° Enlever, avec le plus grand soin, les parties malades et les détruire par le feu.
GAI.E Ol YA«IOI.E DE I>A POWME I>E TERRE.
Les pommes de terre atteintes de gale ont la surface rogneuse, couverte de pustules blanches puis brunes, souvent réunies eu groupes compactes.
Ces pustules sont constituées par des cellules de liège dont la formation est due très probablement à la présence dans le parenchyme sousjacent d'un parasite sur la nature duquel on n'est pas d'accord.
J^i^r^^^^^^^ Plusieurs auteurs considèrent comme agent de
9^3^>-3^'.:9Sv cette affection un champignon inférieur dont le - /«^^6«^sssfe..^35 mycélium s'observe d'une façon constante sous la partie subérifiée ; son appareil reproducteur est encore mal connu, on le rattache tantôt au genre Kig. 46. Oospora {0- Scabies Thaxter), tantôt au genre Rhi-
pomme dc^erre galeuse. ^^^.fonia (Rh. Solani Klihn).
Cependant, plus récemment un phytopathologiste américain, Bolley, a découvert dans les tissus en voie de subérisation, une bactérie qu'il considère comme spécifique.
Les pommes de terre varioleuses ne perdent rien de leur valeur alimentaire, ni de leur richesse en fécule, et peuvent être, sans aucun inconvénient, employées dans l'alimentation du bétail, en distillerie, en féculerie, etc. ; mais elles sont dépréciées pour la table.
L'expérience a montré que lorsqu'on se sert de pommes de terre galeuses pour la plantation on obtient une proportion considérable de tubercules malades dans la récolte.
Pour priver les tubercules de semence de tout germe de la maladie, on s'est servie avec beaucoup de succès, en Amérique, du traitement suivant :
On les lave énergiquement pour les débarrasser de la terre adhérente puis on les plonge dans une solution au 1,1000 de sublimé corrosif peu-