‹ Les Maladies Cryptogamiques et Bactériennes du Chanvre et du LinChapitre 14 sur 26 · IV. — MUCÉDINÉES (Fungi Imperfecti · texte numérisé non relu

IV. — MUCÉDINÉES (Fungi Imperfecti

Les Mucédinées, que l’on désigne aussi sous le nom de Fungi imperfecti, ou champignons imparfaits, ou Deutéromycètes, ne constituent pas un ordre nettement homogène. Ces champignons forment un groupe d’attente où l’on fait rentrer provisoirement tous les organismes dont le mode de reproduction est inconnu ou mal défini. Ils renferment actuellement un grand nombre de genres et d'espèces.

Le thalle est filamenteux, cloisonné, de taille ordinairement assez réduite.

Ces plantes ne sont probablement que des formes conidiennes appartenant aux quatre grands ordres de champignons. Toutefois, comme le plus grand nombre se refuse constamment à donner dans les cultures un appareil reproducteur autre que l’appareil conidien, on les a réunies dans ce groupement artificiel et provisoire.

Mycosphaerella Tulasnei Janez. Lind.

Syn.: Sphaerella Tulasnei Janez.

Cladosporium herbarum Link.

Dematium pullulans de Bary.

Dans les régions humides ce parasite produit le noir des céréales. En automne on trouve le champignon sur presque toutes les plantes comme saprophyte très peu nuisible.

SCHILLING (96) signale lors de ses recherches sur la fatigue du sol sa présence à côté du Colletotrichum lini et du Fusarium. De même en Russie KLETSCHETOFF (61) en 1925 écrit que, lors de l'examen microscopique de plantes de lin très mal développées et arrêtées plus ou moins dans leur croissance, il a trouvé entre autres le Cladosporium herbarum Link.

Ce n’est qu'un parasite accidentel qui peut seulement pénétrer dans la plante si cette dernière est affaiblie par suite

de circonstances extérieures. Sa présence n’incommode pas trop la vie du lin, mais elle réduit la qualité et la valeur de la fibre.

Son mycélium est abondant et formé de cellules courtes, il s’agrège çà et là en masses stromatiques et donne naissance à de petites touffes de conidiophores brunâtres de 30 à 50 y qui portent de courtes chaînes de conidies, dissociables. Les conidies scnt 3 à 4 fois cloisonnées et mesurent 5 à 14 de long. La forme ascosporée porte le nom de Mycosphaerella Tulasnei Lindau.

Macrosporium commune Rabh.

Syn.: Macrosporium sarcinula Berk.

Pleospora herbarum Pers. Rabh.

C’est une moisissure très commune, qui envahit un grand nombre de plantes cultivées. Elle a été observée en Allemagne sur des plantes de lin KIRGHNER (60).

Le mycélium pénètre dans les tissus de la plante hospitalière, forme à la surface des organes une moisissure noire, d'où partent des filaments conidiophores simples ou ramifiés se terminant par des grosses spores brunes celoisonnées dans les deux sens. C’est à cette forme qu'on a donné le nom de Macrosporium commune. D’après COoNSTANTIN le Macrosporium sarcinula Berk ne serait autre chose que la forme conidienne de Pleospora herbarum.

Les périthèces, durs, noirâtres, et légèrement aplatis apparaissent à l’automne et se développent sous l’épiderme. Les asques, entourés de paraphyses, renferment huit ascospores ovoïdes ou oblongues de couleur jaune-brunâtre et ont habituellement sept cloisons transversales.

Le traitement d’après TRUFFAUT consiste à arracher et brûler les plantes malades.

SPHAEROPSIDEES.

Les Sphaeropsidées sont des Mucédinées comprenant diverses formes de fructification conidienne, produisant leurs conides à l’intérieur d’un conceptacle, Les appareils conidiens sont tantôt des pycnides tantôt des spermogonies,

GENRE PHOMA.

Ces champignons vivent surtout sur les tiges des plantes. Les conceptacles sont arrondis et simples.

Phoma herbarum.

Doode Harrel.

Koudenbrand.

Le Doode harrel ou Koudenbrand des Hollandais (maladie de la tige morte ou brûlure froide) est une maladie grave de la tige des plantes de lin, observée surtout en Hollande et en Irlande et aussi en Allemagne.

Quelques semaines avant la moisson les plantes flétrissent at la tige brunit; l'écorce se sépare facilement, la tige est cassante et la fibre inutilisable.

WESTERDIGK et KUHNERT (65) indiquent comme cause de la maladie le Phoma herbarum Westd.

De même pour KiIRCHNER (60) c’est le Phoma herbarum dont les appareils de fructifications apparaissent sous forme de points noirs sur les parties malades de la plante. KirCH- NER (60) considère le Phoma herbarum comme forme de fructification accessoire du Pleospora herbarum Rabh. Les conidies sont ovales, incclores, 6 à 11 4 de long, sur 3 à 4 y de large.

D’après KLETSCHETOV (61) le parasite serait le Phoma Exigua Desm.

Nous citerons ici un Phoma, dont le nom de l’espèce manque encore, observée en 1923 par GENTNER (44) sur les semences de lin. Il présente des pycnides brunes, noirâtres, avec pore rond de 130 » de diamètre. Les spores sont incolores, de grandeur 6X3 y.

Ce parasite se transmet avec la semence aux jeunes plantes qui portent des taches aux cotylédons. Dans quelques cas la plante atteinte meurt avant la moisson.

Phoma linicola.

E. MARCHAL et VERPLANKE ont signalé en 1927 (86), entre autres champignons parasites, observés pour la première fois sur des plantes cultivées en Belgique le Phoma linicola.

Ce parasite produit une pourriture grave de la base de la tige de lin. Elle paraît identique à celle qu’a signalée sans la

décrire, dans les mêmes conditions en Irlande le phytopathologiste PÉTHYBRIDGE. Quelques auteurs, tel SORAUER indique ce parasite aussi comme cause de la maladie du Doode Harrel vue ci-dessus.

Les pycnides de ce champignon ont une grandeur de 120-180 x. Les spores sont ovales, 8,5-13 » de long, sur 4,3-8,5 u de large,

GENRE PHYLLOSTICTA.

Les Phyllosticta sont des champignons existant sur des quantités de plantes cultivées. Leurs dégâts se traduisent par des taches sur les feuilles. Les fructifications sont des conceptacles arrondis et simples; les spores, hyalines ou verdâtres ne sont pas cloisonnées.

Phyllosticta cannabis Speg.

Observé surtout en Allemagne et cité par KIRCHNER (60). Ce parasite produit sur les feuilles de chanvre des taches rondes, d’abord de couleur brune, foncée, puis pâlissante.

Les spores de ce champignon sont unicellulaires, ovales, droites où courbées 4-6 ; de long, 2-25 x de large.

GENRE SEPTORIA.

Parasites des feuilles d’un grand nombre de plantes, forment des pycnides simples et arrondies: les stvlospores, très allongées et filiformes sont tantôt continues, tantôt pourvues de nombreuses cloisons.

Septoria cannabis (Lanch) Sacc.

Sur les feuilles du chanvre apparaissent des taches de couleur brune foncée de différentes formes. (Figure VI.) Cette maladie a été observée dans tous les pays d'Europe. Elle a été signalée aussi en 1934 dans les Indes Britanniques par l’Institut agricole de recherches agricoles de Bombay.

Le parasite forme à la face supérieure et inférieure des feuilles de chanvre des pycnides de 90 x de diamètre. Ces pycnides mettent en liberté de nombreuses spores incolores, filiformes, 45 à 55 4 de long sur 2 à 2,5 u d'épaisseur, présentant trois cloisons transversales.

Septoria cannabina. Peck.

KiRCHNER cite encore un autre Septoria, le Septoria cannabina Peck. Le dernier produit sur les feuilles de chanvre des taches rondes, au début blanchâtres puis de couleur ocre.

Les pycnides se trouvent à la face supérieure de la feuille, sont très nombreuses, 50 à 60 x de diamètre; les spores sont filiformes, courbées, incolores, 2 à 3 u de long.

Le traitement en général de toutes les plantes atteintes de Septoria est d’après TRUFFAUT (113) et d’après BOURCART (18) l'emploi de la bouillie bordelaise à 2%, surtout si la première pulvérisation est effectuée préventivement, dès l’épanouissement des jeunes feuilles. Mais dans les cultures de chanvre l'application en est très difficile.

GENRE ASCOCHYTA.

Les conceptacles sont membraneux et s’ouvrent par un pore central, les stylo-spores sont ovoïdes et hyalines, elles présentent une cloison transversale.

Ascochyta linicola Vass.

DipDpENs HARMANXNA (33), lors de ses recherches sur le Vlasbrand en Hollande, a trouvé en 1928 les pycnides de l’Ascochyta linicola Vass sur des plantes de lin malades.

Les plantes parasitées étaient arrêtées dans leur croissance et présentaient une couleur brunâtre. Les tiges étaient flétries et courbces vers la terre. Par suite de la ressemblance des symptômes cette maladie a été souvent confondue avec le Vlasbrand.

MÉLANCONIÉES.

Les Mélanconiées sont des champignons imparfaits, formés d’un stroma aplati, situé d’abord à l'intérieur de la plante hospitalière et qui devient libre après la déchirure de l’épiderme. La face externe du stroma est alors tapissée de stérigmates serrés, à l'extrémité desquels naissent des conidies.

GENRE GLOEOSPORIUM.

Les conidies sont simples et hyalines, de forme ovoïde ou elliptique; en germant, elles se cloisonnent fréquemment, et les

filaments qu’elles émettent peuvent porter des conidies secondaires et ensuite des chlamydospores.

Gloeosporium lini Westerd.

Syn.: Colletotrichum lini Tochni.

Colletotrichum linicolum Pethybr.

Anthracnose du lin.

Une maladie très grave du lin, qui a causé de très grandes pertes et de grands torts aux cultures du lin, surtout en Hollande et en Irlande est l’Anthracnose du lin. Elle a été signalée en 1925 par l’Institut de Gembloux, comme ayant fait son apparition en Belgique, tant dans les Flandres, qu’en Hesbaye. Elle a été observée aussi en Allemagne. Elle a été étudiée par PETHYBRIDGE et WESTERDYK (117) en Irlande, DibDENS en Hollande et SCHILLING (92) en Allemagne.

Cette maladie peut atteindre les plantes de lin à n'importe quel stade de développement. Les jeunes plantules sont très sensibles à cette maladie et succombent rapidement. Les cotyledons sont jaunes, et présentent des taches orangées. Les jeunes tiges et racines ont des taches et des lignes brunâtres. Les racines sont quelquefois filiformes et très minces, parfois au contraire très enflées. (Figure VIL)

Les plantes plus âgées atteintes portent sur les feuilles des taches brunâtres et sur les tiges des enfoncements bien délimités, colorés en brun foncé. Les fibres de ces tiges sont de très mauvaise qualité.

Quand les capsules des graines sont atteintes, elles ont un teint jaune pâle et sont généralement déformées. Dans ce dernier cas les semences sont infectées et transmettent la maladie l’année suivante. (Figure VIIL.)

Cette maladie est causée par le Colletotrichum lini Pethybr. Son mycélium est blanc d’abord, devenant ensuite rouge et noirâtre. Il se développe en général dans l’épiderme, dans les cas graves il peut pénétrer dans les tissus profonds. Ce parasite forme des conceptacles sous-épidermiques de 22-60 y» diamètre, hérissés de pointes de 80-100 x de long. Les conidies sont unicellulaires, cylindriques, quelquefois courbées, incolores 16-20 4 de long, 4-6 u d'épaisseur. Leur contenu est granuleux. Le parasite se développe le mieux par temps

humide. Il vit aussi dans le sol et peut infecter pendant de longues années la terre. Il compte par ce fait parmi les champignons qui causent la fatigue du sol pour les cultures de lin.

Ce champignon pousse sur presque tous les milieux de culture.

La température optima pour la formation des spores est 16°, pour la formation du mycélium 24°.

Pour combattre cette maladie il faut avant tout désinfecter la semence par les vapeurs de formol. KIRCHNER (60) conseille d'exposer les graines pendant 3 heures aux vapeurs de formol. Les solutions de formol ne peuvent pas être employées à cause du mucilage de la graine. Il faut cesser pendant 5 à 6 ans la culture de lin sur les champs infectés.

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