‹ Les Maladies Cryptogamiques et Bactériennes du Chanvre et du LinChapitre 15 sur 26 · HYPHOMYCETES · texte numérisé non relu

HYPHOMYCETES

Les Hyphomycètes sont des champignons imparfaits parmi lesquels on range ceux qui présentent une fructification conidienne extérieure à la plante qui les supporte, et qui produisent librement des conidies.

Alternaria.

Par suite de trop d'humidité du sol et de l’air, dans des terres surtout riches en azote et dans les cultures serrées apparaissent différentes sortes d’Alternaria.

Ces champignons se reconnaissent à leurs conidiophores, portant des chapelets de conidies brunes, de forme variable. Les conidies présentent des cloisons dans deux directions perpendiculaires.

Les espèces qui se rencontrent sur le lin ne sont pas encore exactement déterminées. D’après le Dr. FLAcHs (40) c’est très probablement l'Alternaria brassicae Sacc. et l’Alternaria tenuis Ness. qui se trouvent sur un très grand nombre de plantes cultivées.

Les premières ont des conidies de 60-1404 de long et d’une épaisseur de 14-18 », les secondes ont des conidies de 30-36 4 de long et d’une épaisseur de 14-15 y.

KLETSCHETOFF (61) faisant en 1925 des recherches en Russie a trouvé parmi d’autres parasites l’Alternaria Speg.

Ces parasites n’incommodent pas la vie de la plante même, mais ils réduisent la qualité et la valeur de la fibre.

Le traitement consiste surtout dans le drainage du sol, l’aération et la suppression d’engrais azotés.

Fusicladium lini Sor.

SORAUER et KIRCHNER (59) citent une maladie des tiges et feuilles de jeunes plantes de lin, observée en Belgique et en Allemagne. Les feuilles jaunissent et portent des taches ovales où elliptiques de 3/4 à 1 mm. de diamètre, de couleur brune. La tige flétrit et la plante meurt.

Cette maladie serait due au Fusicladium Lini Sor. Les conidiophores sont serrés et de couleur verte olive, Les spores sont incolores, ovales 8 4 de long sur 4 » de large.

GENRE HELMINTHOSPORIUM.

Les conidiophores, de couleur brune, sont raides et terminées par des grosses conidies brunes qui sont lisses. allongées et présentent plusieurs cloisons.

Helminthosporium lini Gent.

GENINER (44) signale une espèce d'Helminthosporium qu'il nomme Helminthosporium lini, Il a trouvé ce parasite sur des tiges de lin malades. Ce champignon forme des conidiophores noirâtres qui portent 2 à 3 conidies noirâtres, de 95,4 » de long sur 19,3 x d'épaisseur, avec 4-8 cloisons; les conidies sont souvent courbées.

En 1913 une espèce d'Helminthosporium semblable, très probablement la même (d’après Dr. FLACHS) (40) a produit en Hollande une maladie de la tige des lins.

FUSARIUM.

Les Fusarium sont des champignons inférieurs dont les conidies sont de couleur vive (blanche, jaune, orangée, ochracée) jamais noire, On reconnaît généralement ces chambpignons à l'examen microscopique à la présence de conidies fusiformes, souvent courbées, hyalines la plupart du temps, el cloisinnées plusieurs fois dans le sens transversal Le stroma vit dès le début librement à la surface de l'hôte et présente une consistance cireuse ou gélatineuse. Il est souvent coloré

plus vivement encore que les conidies: bleu, brun, carné. On a aussi trouvé des chlamydospores qui ne germent qu'après une période de repos, tandis que les conidies germent immédiatement.

Fusarium lini Boll.

Fatigue du sol.

Flachsmüdigkeit. — Fusskrankheit.

La plus dangereuse et la plus répandue des maladies du lin est la fatigue du sol dans les cultures de lin. Cette maladie a été constatée la première fois en Amérique en 1901 par BoLLEY (16) une année après elle a été observée en Silésie et depuis dans tous les pays, où elle se répand de plus en plus. En Russie elle a été étudiée spécialement par KLETSCHETOFF (61) et en Amérique par BOLLEY.

D’après les recherches de BoLLEY cette maladie est due à un Fusarium: le Fusarium lini Boil.

Ce parasite s'attaque aux plantes de lin à n'importe quel moment de leur développement. Il les affaiblit d’abord et les fait périr à la longue. La croissance des plantes malades s’arrête. Les pousses se fanent, la tige s'incline le plus souvent à la base (d’où le nom «<Fusskrankheiït> en allemand), et se dessèche en brunissant. Souvent le parasite tue déjà le germe de la plante dans le sol même, queiquefois il apparaît au contraire seulement au moment de la maturité de la graine. Il infecte alors les graines et se propage l’année suivante par la semence sur d’autre terre. Les plantes atteintes qui ne succombent pas, fournissent une fibre de très mauvaise qualité et de peu de valeur. (Figure IX.)

Le parasite lui-même est constitué par un mycélium grisâtre, mou, qui forme des sporanges rosés.

Les conidies présentent 3 cloisons. Elles sont légèrement courbées et sont de 21-41 4 de long sur 2,5-4 » d'épaisseur. En outre il forme des macroconidies, présentant 5 cloisons, et des microconidies non cloisonnées, ainsi que des chlamydospores unicellulaires de 8 4 de diamètre.

D’après WoLLENWEBER (118) il y a plusieurs races de Fusarium lini, qui diffèreraient physiologiquement,

En général le parasite pénètre dans la plante par une blessure, mais aussi quelquefois par les radicelles. Il développe ensuite son mycélium dans les tissus conducteurs, et tue la plante par alcalinisation.

La température optima pour son développement est de 24-29° C. D’après GRossMANN (45) 27° C.

Si le parasite ne trouve pas d'hôte, il peut vivre dans le sol comme saprophyte. En été il forme alors des conidies et passe l'hiver sous forme de chlamydospores.

Le Fusarium scirpi Lambr. et Fautr. var. accuminatum Weer. accompagne quelquefois le Fusarium lini. Il produit la contraction et la défoimation des capsules.

D’après Monsieur le Professeur F&œx la question de la fatigue du sol est des plus complexes. On peut se demander si l’intervention du Fusarium lini et d’autres organismes ne se produit pas à la faveur de certaines conditions de milieu qui restent d’ailleurs indéterminées.

Les mesures prophylactiques consistent à n'emplover que des semences saines ou désinfectées.

Le Dr. FLACHS (40) recommande la désinfection de la graine par le Ceresan, spécialité toute récente de la maison Bayer.

BOURCART (18) préconise la désinfection du sol au Lysol en solution de 0,5 à 5% et les poudrages par temps humide avec de la poudre au Lysol.

I faut toujours brûler les restes des plantes malades et cesser la culture de lin sur les terres infectées, dites terres fatiguées, pendant 6 ans au moins.

Botrytis Felisiana Massalongo.

Nous citerons ici un Botrytis qui, d’après SORAUER (105), fait parti très probablement du groupe de Sclerotinia, malgré que des sclérotes n’ont pas encore été observés.

Ce parasite a été signalé par HAZLINSKY (48) en Hongrie 1914 sous le nom de Botrytis Infestans et par MAssALONGo en Italie sous le nom de Botrytis Felisiana.

Les filaments mycéliens pénètrent par l’épiderme à l’intérieur de la tige et se développent dans tous les tissus. De loin

on reconnaît déjà la maladie à ce que les tiges atteintes portent un bourrelet de moisissure de 8 à 16 em. de largeur à leur base. Ce bourrelet est formé par les conidies du parasite. La partie située au-dessus du bourrelet se fane et meurt.

Polyspora lini Laff.

Ce champignon parasite le lin surtout en Angleterre, Irlande et Hollande. La maladie présente deux symptômes différents. D'abord apparition de taches brunes sur la tige, les feuilles et les capsules et ensuite fracture de la tige.

Le parasite se fixe à la base de la tige dès le premier âge de la plante, il affaiblit la tige de telle façon qu’elle ne peut plus porter le poids de la plante et se casse.

Par temps humide il se forme une moisissure blanchâtre très fine sur les parties malades. Elle est formée par les conidiophores qui sortent de l’intérieur des tissus.

Les conidies de ce parasite sont unicellulaires, incolores, ovales, souvent un peu courbées, 9-20 ; de long sur 4 y de large. Leur contenu est granuleux.

Cette maladie apparaît dans les champs au mois de juillet et début août.

Elle se localise en formant des taches qui s’étendent et se fusionnent.

La contagion se fait par le vent et les insectes, principalement par le Longitarsus parvulus Payk.

Elle se transmet l’année suivante par les semences.

Donc le traitement consiste dans la destruction des insectes et surtout la désinfection des graines, soit par les vapeurs au formol, soit par le Ceresan.

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