‹ Les Maladies de l'oreille et leur traitement, par le Dr Arthur Hartmann,... Ouvrage traduit sur la 4e édition (1889) et annoté par le Dr PotiquetChapitre 24 sur 57 · Paracousie de Willis · texte numérisé non relu

Paracousie de Willis

Un nombre assez considérable de malades présentent ce symptôme assez surprenant, d’entendre mieux lorsqu’un son bruyant vient agir sur leur oreille : ces malades entendent mieux la voix et les instruments que nous employons pour mesurer l’acuité auditive, lorsqu’ils sont en chemin de fer, en voiture, au milieu du bruit de la rue, lorsqu’on bat du tambour, lorsqu’on leur pose un diapason sur la tête, que lorsque leur oreille est éloignée de tout bruit un peu fort. On connaît le fait rapporté par Willis lui-même d’un homme qui ne pouvait converser avec sa femme que lorsqu’on battait du tambour. Cette modalité de l’audition a été désignée du nom de paracousie de Willis, du nom de Willis qui, le premier, l’a décrite après l’avoir observée chez beaucoup de malades. Chez les malades affectés de ce symptôme, l’examen objectif ne révèle souvent aucune anomalie, et on n’est pas encore fixé sur la question de savoir si ce symptôme dépend d’une altération de l’oreille moyenne ou d’une lésion labyrinthique. Lœvenberg appelle l’attention sur ce fait que parmi les malades atteints de paracousie, beaucoup présentent en même temps des symptômes cérébraux. La paraeousie de Willis peut aussi se montrer lors de lésions destructives de la caisse consécutives à l’otite moyenne suppurée, et c’est ce que Frank avait déjà observé. Les cas de paracousie de Willis sont d’un pronostic extrêmement défavorable; le traitement n’amène aucune amélioration de la surdité.

Johannes Muller a émis l’opinion qu’il s’agit là d’une torpeur du nerf auditif, qui a besoin d’une excitation qui réveille son activité. Politzer au contraire essaye d’expliquer ce symptôme par l’ébranlement violent communiqué à la chaîne des osselets enraidie, ébranlement qui la rend plus propre à propager les ondes sonores que lorsqu’elle est à l’état de repos.

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