‹ Les Maladies de l'oreille et leur traitement, par le Dr Arthur Hartmann,... Ouvrage traduit sur la 4e édition (1889) et annoté par le Dr PotiquetChapitre 25 sur 57 · Autophonie · texte numérisé non relu

Autophonie

L’autophonie ou tympanophonie est un symptôme observé rarement : elle consiste en ce que le malade entend résonner dans sa propre oreille avec une force singulière sa propre voix,

SYMPTOMATOLOGIE.

qui semble y pénétrer directement avec une grande puissance. Ce symptôme provient de la béance anormale de la trompe d’Eustache : il résulte de cette béance que la voix arrive librement dans la caisse et peut ainsi imprimer à la membrane du tympan des vibrations particulièrement violentes. Pour le malade, sa propre voix lui semble extraordinairement haute et elle résonne avec éclat; elle est pour lui-même extrêmement pénible à entendre, si bien qu’il évite de parler à haute voix. En même temps, le passage de l’air vers la caisse et hors de la caisse, lors des mouvements i*espiratoires, donne lieu à une sensation très désagréable. L’autophonie se produit surtout lorsque le malade prononce les consonnes nasales m, n, ng (1) : ce qui est dû à ce que, lors de l’émission de ces consonnes, il n’y a pas occlusion du pharynx supérieur par le voile du palais; de cette façon, les vibrations sonores peuvent parvenir sans obstacle vers les orifices tubaires. En auscultant l’oreille, on constate aisément que la voix y pénètre.

Dans la plupart des cas, l’examen manométrique fait reconnaître aisément et sûrement la béance anormale de la trompe ; mais il y a des cas d’autophonie difficiles à expliquer, ce sont ceux qui parfois s’observent dans l’otite moyenne aiguë ou subaiguë avec catarrhe du pharynx supérieur, car, dans ces cas, c’est une obstruction des trompes que l’expérience nous obligerait à admettre. Cependant l’explication proposée par Brunner (2) paraît assez vraisemblable. La paroi membraneuse de la trompe d’Eustache n’amenant, à l’état normal, qu’une occlusion très lâche, par un mécanisme de soupape, Brunner veut que dans l’otite moyenne catarrhale de date récente, les parties molles des parois tubaires soient moins propres, par suite du gonflement inflammatoire, à remplir leur rôle de soupape obturatrice.

(1) Brunner rapporte, dans son travail sur l’autophonie, deux cas de cette sorte, et j’ai eu moi-même l’occasion d’en observer un semblable.

(2) Zeitschriftf&n Ohrenheilkun.de, t. XII, p. 268.

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