‹ Les Maladies de l'oreille et leur traitement, par le Dr Arthur Hartmann,... Ouvrage traduit sur la 4e édition (1889) et annoté par le Dr PotiquetChapitre 30 sur 57 · Émissions sanguines · texte numérisé non relu

Émissions sanguines

On emploie les émissions sanguines, souvent avec des résultats très favorables, dans les inflammations aiguës des différentes parties de l’organe de l’ouïe, dans les poussées aiguës greffées sur une inflammation chronique qui s’accompagnent d’hyperé-

(1) L’insufflateur de poudre de Kabierske se compose d’un tube communiquant en un point de son trajet avec un petit récipient qui contient la poudre, et terminé à une de ses extrémités par un ballon de caoutchouc. Une pression sur le ballon chasse la poudre du récipient dans l’extrémité opposée du tube. [Note du traducteur.)

THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE

mie intense et de douleurs vives. Parfois, dans des cas rares bien entendu, une saignée vigoureuse donne aussi un bon résultat lors d’hyperémies purement chroniques.

En règle générale, ce sont des sangsues qu’on emploie; on en applique de trois à six chez les adultes, de une à deux chez les enfants. Comme la circulation en retour de l’oreille externe et de l’oreille moyenne se fait en partie vers le réseau veineux qui entoure l'articulation de la mâchoire, la saignée se montre très efficace en cet endroit ; on pose les sangsues immédiatement en avant du tragus. D’autre part, lorsque l’inflammation siège plus profondément, dans la caisse et dans l’apophyse mastoïde, il est avantageux de pratiquer l’émission sanguine à la surface de cette dernière. En tout cas, c’est là qu’elle doit être pratiquée lorsque l’apophyse mastoïde est elle-même très douloureuse. Dans les otites moyennes aiguës violentes, on pose les sangsues autour de l’oreille externe, sur l’apophyse mastoïde, dans la fosse rélro-maxillaire, devant le tragus. Il faut boucher le conduit auditif externe avec de l’ouate, pour empêcher les sangsues de s’y introduire.

Outre les sangsues, nous avons encore à notre disposition la sangsue artificielle de Heurteloup. Comme on le sait, on parvient avec elle à tirer en très peu de temps une quantité de sang aussi grande qu’on le désire; elle est donc particulièrement recommandée lorsqu’il s’agit de soustraire au malade du sang en assez grande abondance. Suivant le siège du mal, on applique la sangsue artificielle soit devant le tragus, soit derrière l’oreille; cependant en ce dernier point on éprouve plus d’une difficulté à cause de la surface irrégulière de l’apophyse mastoïde ; souvent on ne parvient à appliquer l’instrument qu’immédiatement en arrière de l’apophyse. Les émissions sanguines faites dans cette région ont une action particulièrement puissante lorsqu’on a affaire à une congestion labyrinthique ou à des symptômes cérébraux.

La saignée générale n’est pas usitée dans les affections de l’organe de l’ouïe.

Page 1