PROPHYLAXIE
dureté de l’ouïe très accusée, la surdité complète même et les autres complications qui viennent maintes fois s’associer à l’otorrhée chronique. De même, une otite moyenne catarrhale négligée conduit dans la plupart des cas à des troubles fonctionnels irréparables.
THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
1. Application de substances médicamenteuses par le conduit auditif.
Les substances médicamenteuses introduites par le conduit auditif externe ne pourront agir que si les régions de l’oreille sur lesquelles doit porter leur action ne sont pas recouvertes de produits de sécrétion : aussi leur emploi doit-il toujours être précédé d’un nettoyage fait avec le plus grand soin.
Les liquides médicamenteux s’emploient, soit en injections,
— et l’injection, à elle seule, porte le liquide sur l’endroit voulu,
— soit, lorsque le liquide ne doit être employé qu’en petite quantité, en instillations. Dans ce dernier cas, on verse 10 à 20 gouttes du liquide préalablement tiédi dans le conduit auditif externe, soit directement avec le flacon qui le contient, soit au moyen d’un compte-gouttes, d’une petite cuillère ou d’une petite seringue. Pour faire parvenir le liquide dans la profondeur du conduit auditif, surtout si la membrane du tympan étant détruite, le liquide doit pénétrer dans la caisse, il faut, la tête du malade étant penchée du côté opposé, redresser le conduit, ensuite verser le liquide, puis, pour faire pénétrer ce dernier dans la caisse, presser plusieurs fois le tragus sur le conduit auditif. Un procédé qui peut favoriser cette pénétration consiste à faire exécuter au malade un mouvement de déglutition, la bouche et le nez fermés ; l’air de la caisse est ainsi aspiré vers le pharynx.
L’action du liquide (perclilorure de fer, acide sulfurique) doitelle être localisée sur certains points du conduit auditif ou de lacaisse, le mieux dans ce cas est de plonger le stylet dans le li-
THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE
quide et d’appliquer directement la petite goutte qui adhère à son extrémité sur l’endroit à traiter. S’il s’agit d’un caustique violent, il faut procéder avec des précautions particulières: on protège le conduit auditif en recouvrant ses parois d’une pommade et en introduisant le spéculum aussi profondément que possible.
On étend la couche de pommade à l’aide d’un pinceau ou mieux avec de l’ouate enroulée autour d’une mince baguette.
Pour introduire une poudre dans l’une des oreilles, on peut s’y prendre comme suit : on fait pencher la tête du malade du côté opposé, on redresse le conduit, et après y avoir enfoncé le spéculum, on y verse la poudre ; mais ce qu’il y a de mieux pour cela est l’insufflateur de poudre de Kabierske (1). Cependant, on peut aussi se servir d’un tube de caoutchouc ou de verre ; la poudre peut y être versée, par une ouverture latérale qui est fermée au moyen d’une disposition particulière ou avec le doigt lorsqu’on fait l’insufflation. Cette dernière se pratique, soit avec la bouche par un tube de caoutchouc, soit avec un ballon de caoutchouc adapté à l’extrémité du tube.
Parmi lessubstances solides, le nitrate d’argent et l’acide chromique sont surtout employés. Pour leur application on se sert soit de porte-caustique spéciaux, soit, et c’est ce qu’il y a de plus simple, du stylet en argent, sur lequel on fait fondre le nitrate. On chauffe le stylet au-dessus d'une flamme quelconque, puis on fait fondre sur son extrémité la quantité voulue de nitrate d’argent. Si l’on emploie l’acide chromique, les aiguilles cristallines sont d’ordinaire assez humides pour adhérer d’elles-mêmes au bouton du stylet; on chauffe au-dessus de la flamme, l’acide chromique fond, et le stylet ainsi pourvu est porté sur l’endroit à cautériser.