‹ Les Maladies de l'oreille et leur traitement, par le Dr Arthur Hartmann,... Ouvrage traduit sur la 4e édition (1889) et annoté par le Dr PotiquetChapitre 5 sur 57 · PRÉFACE DE LA QUATRIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA QUATRIÈME ÉDITION

Cette quatrième édition renferme beaucoup d’additions et de remaniements. Dans le chapitre I er , bien des points de détail ont été complétés ou modifiés, et j’y ai de plus exposé les acquisitions récentes relatives à l’épreuve de l’audition. Au chapitre 111, l’influence des maladies du nez, des végétations adénoïdes en particulier, a été accusée avec plus de relief. Au chapitre Y, les kystes du pavillon ont été décrits comme une maladie à part. Au sujet des otites moyennes aiguës (chapitre Vlll), il a été tenu compte des recherches récentes, de celles de Zaufal notamment, sur la signification des bactéries; à propos de la suppuration chronique de la caisse, la perforation de la membrane de Shrapnell a été l’objet d’une description plus détaillée. La partie relative aux abcès du cerveau a subi des remaniements très importants. Au chapitre X, la section concernant les malformations de l’oreille a été refondue.

J’ai eu la joie de voir la troisième édition de cet ouvrage traduite en anglais et en italien, et d’apprendre qu’une traduction en français de cette quatrième édition paraîtra cette année même.

D r Arthur HARTMANN.

Berlin, mars 1889.

HISTORIQUE

Suivant une intéressante communication de M. le professeur Brugsch, la mention la plus ancienne des maladies de l’oreille se trouve sur un papyrus de l’antiquité égyptienne qui existe dans la collection égyptienne du muséum de Berlin. M. Brugsch croit que la rédaction de ce papyrus remonte au règne de Ramsès II, le père adoptif du législateur juif Moïse, c’est-à-dire au quatorzième siècle avant notre ère. Il a trait surtout à la médecine, et on y trouve deux formules complètes contre les maux d’oreilles : un « remède contre la pesanteur d’oreille », et un « autre remède pour chasser la lèpre des deux oreilles ». Ce papyrus contient encore la remarque qu’ « il y a dans l’oreille droite deux conduits par lesquels entre l’air vital, et dans l’oreille gauche deux conduits par lesquels l’air (sic) entre ».

Hippocrate (né vers l’an 460, mort en l’an 377 avant J.-C.) parle des maladies de l’organe de l’ouïe déjà avec quelque développement. Conformément à sa doctrine humorale, il accorde, dans leur appaiâtion, le rôle capital au mucus et à la bile. Hippocrate semble être le premier qui ait connu la membrane du tympan; il en parle comme d’une pellicule mince, très sèche ayant l’aspect d’une toile d’araignée. Contre les inflammations aiguës avec douleurs vives, il recommande un régime sévère, des instillations d’huile et des fomentations avec des éponges trempées dans de l’eau très chaude. Il regardait l’otorrhée comme une maladie de la tête, comme un écoulement de mucus venant de la tête.

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Parmi les empiriques du troisième siècle avant J.-C., Appollonius employait contre les maux d’oreille un grand nombre de remèdes; entre autres, l’opium contre la douleur d’oreille, l’huile d’amandes amères contre les puces et les larves du conduit. Il enleva des corps étrangers à l’aide de cure-oreille, de pinces, de petits crochets, de stylets; déjà il indique aussi comment on doit ramollir le cérumen durci, et nettoyer l’oreille avec de l’eau tiède ou de l’huile.

Celse, dans son travail de compilation sur la médecine (époque de la naissance du Christ), appelle l’attention sur ce fait, que les maladies de l’oreille sont beaucoup plus dangereuses que les maladies des yeux, parce qu’elles méfient parfois à la folie et à la mort : « Ergo ubi primum dolorem aliquis sensit, abstinere et continere se debet. » Il distingue l’atrésie congénitale du conduit auditif externe* et l’atrésie acquise, suite d’ulcérations; c’est seulement en cas d’atrésie membraneuse, dont on s’assure avec le stylet, qu’on opère, dit-il. L’opération s’exécute avec des caustiques, avec le fer rouge ou le bistouri; l’ouverture ainsi établie sera maintenue béante au moyen d’un tuyau de plume enduit d’une pommade favorisant la cicatrisation. Celse donne des préceptes utiles pour l’enlèvement des corps étrangers. On prend, dit-il, les puces qui se sont glissées dans l’oreille avec de la laine imprégnée de substances gluantes. On extrait les corps inertes au moyen d’une injection énergique avec la seringue à oreille (auriculario clyslere), à l’aide du stylet ou d’un crochet mousse recourbé (specillo auriculario aut hamulo retuso paulum recurvato protrahendum est). Un autre procédé assez rationnel consiste à faire coucher le patient sur une table, l’oreille occupée par le corps étranger dirigée en bas; si l’on vient ensuite à frapper sur la table avec un marteau, le corps étranger tombe. Lorsque le lobule de l’oreille est dilacéré, Celse conseille de réunir les bords avivés par une suture, et déjà il songe aux opérations plastiques pour suppléer à des pertes de substance.

Galien, de Pergame (130-210 après J.-C.), outre ses exposés d’anatomie et de physiologie, traite aussi des maladies de l’oreille avec beaucoup de détails. Il les divise en cinq classes suivant leurs symptômes : 1° lira^'a, aura dolor, 2° Bapuy]xo'{a, auditus gravitas, 3° KiocpoTV);, surditas, 4° Ilapaxoïïtnç ou Trapaxo^, obauditio, 5° IlapotxouagaTa, auditus hallucinationes. Galien pose

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des règles précises pour le traitement de chacune de ces affections et s’élève contre les médecins qui traitent les maladies de l’oreille avec un empirisme grossier. Il met en garde contre l'emploi de l’opium, alors très répandu. Il indique la noix de galle et l’alun contre l’otorrhée. Il engage à commencer toujours par les remèdes les plus doux pour passer ensuite graduellement aux plus énergiques. Galien le premier donna du cerveau et des nerfs crâniens, entre autres de l’acoustique, une description exacte.

Le médecin le plus considérable de l’époque qui suivit celle de Galien fut Alexandre, de Tralles, en Lydie (525-605 après J.-C.). Il distingue déjà une inflammation interne, et appelle l’attention sur les dangers de cette dernière, le mal pouvant se propager au cerveau. Il observa des inflammations de l’oreille avec convulsions produites par des corps étrangers; il faut dans ce cas, dit-il, instiller d’abord de l’huile et ne procéder à l’extraction du corps étranger que lorsque l'inflammation a disparu, l’extraction étant alors facile. Déjà de son temps, les cornets acoustiques les plus divers étaient en usage.

Paul d’Égine (vu 0 siècle) conseille, en cas de corps étranger, de pratiquer derrière le pavillon dans le conduit auditif une incision en croissant, incision déjà proposée par Hippocrate, lorsque l’extraction par les autres procédés a échoué.

Parmi les médecins arabes, Rhazès (850-932 après J.-C.) recommande d’examiner toujours l’oreille à la lumière du soleil. Abul Kasem (mort en 1106 après J.-C.), qui avait pour le fer rouge une grande prédilection, l’employait aussi contre les douleurs d’oreille; il l’appliquait autour de l’oreille en dix points différents qu’il marquait auparavant avec de l’encre. C’est aussi avec le fer rouge qu’il détruisait les adhérences existant dans le fond du conduit auditif.

Parmi les médications employées contre les maladies de l’oreille à la fin du moyen âge et au commencement des temps modernes, le fiel de bœuf, le lait de femme, diverses sortes d’urine et autres liquides peu appétissants jouaient un rôle •capital. Chez l’homme, c’était l’urine d’animaux mâles, chez la femme, l’urine d’animaux femelles qui devait être employée. Sérapion, qui recommande contre l’otalgie des enfants le lait de femme, indique que si l’enfant malade est un garçon, le lait doit provenir d’une femme allaitant une fille. Gadesden rapporte

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un moyen employé par un charlatan contre les bruits d’oreille : il consistait à enfoncer dans le conduit auditif un tuyau par lequel une personne du peuple pratiquait une succion; on devait faire de même en cas de suppuration d’oreille. — Guillaume de Salicet (mort en 1277 après J.-C.)^nlève les excroissances de chair du conduit auditif en les comprenant dans une ligature faite avec un fil de soie ou un poil de cheval; après quoi, il brûle la racine. — C’est dans Pierre de la Cerlata (mort en 1423 après J.-C.) que se trouve la première mention de l’emploi d’un spéculum à oreiHfc pour examiner et dilater le conduit auditif (per inspectionem ad solem trahendo ^urem et ampliando cum speculo aut alio instrumento).'

Dans l’antiquité et au moyen âge, on ne tenait compte que des maladies de l’oreille externe et on se contentait de concevoir les autres états morbides comme un fonctionnement anormal de « l’air congénital », par l’intermédiaire duquel, suivant Aristote, avait lieu l’audition; mais, avec le seizième siècle, en même temps que l’anatomie et la physiologie font des progrès, on commence aussi à mieux connaître l’organe de l’ouïe et ses maladies. Fallope (1523-1562) d’une part *se fait un renom par ses recherches anatomiques; il donne une description détaillée du labyrinthe, dont il découvre les deux fenêtres, et de la caisse du tympan, à laquelle il donne le nom qu’elle porte. Il décrit en particulier le canal du facial, dit canal de Fallope. D’autre part, Eustache (mort en 1570) contribue éminement à enrichir l'anatomie de l’organe de l’ouïe. Il découvre les deux muscles intrinsèques de l’oreille et le conduit faisant communiquer la caisse et le pharynx, conduit qui porte son nom. Fallope recommande de se servir d’un réflecteur pour examiner l’oreille. Dans le cas d’excroissances charnues et de polypes, on pousse, dit-il, jusqu’à elles un tube de plomb, et on les cautérise avec un bourdonnet trempé dans l’acide sulfurique.

L’anatomiste éminent André Yésale (1513-1564) décrivit le premier les deux osselets, le marteau et l’enclume. Ce ne fut que plus tard qu’Ingrassias (1510-1580) trouva le troisième osselet qu’il désigna sous le nom d’étrier.

Jérôme Caplvacci parle déjà d’épaississements, d’ulcérations et de cicatrices de la membrane du tympan, et appelle l’attention sur ce fait que la blessure des osselets n’amène pas la sur-

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dité. En outre, il est le premier qui se soit servi de la transmission du son par les os du crâne pour établir le diagnostic différentiel entre les surdités qui tiennent à une affection de la membrane et celles qui sont dues à l'abolition du pouvoir de perception du nerf auditif. Hercule Sassonia croyait que la déchirure de la membrane du tympan abolissait complètement l’audition, opinion que Willis réfuta plus tard par des expériences sur des chiens. Si l’on a affaire à des haricots introduits dans le conduit et gonflés, on les réduira de volume, dit-il, en portant à leur contact, à travers un tube, un fil de fer rougi. Koyter émit le premier l’opinion que le son est transmis de la membrane au labyrinthe par l’intermédiaire des osselets. L’excellent ouvrage de Du Yerneys (Traité de l'organe de l'ouïe, contenant la structure, les usages et les maladies de toutes les parties de l’oreille, Paris, 1683) enrichit considérablement la pathologie de l’oreille. Du Yerneys ne considère plus les bruits d’oreille comme une affection existant par elle-même, ainsi qu’on le faisait toujours avant lui, mais seulement comme un symptôme, soit d’une affection cérébrale, soit d’une des diverses maladies de l’oreille. En outre, s’appuyant sur des raisons anatomiques, il combat l’opinion universellement répandue jusquelà, que la sécrétion de l’otorrhée tire son origine du cerveau. D’après lui, la membrane du tympan a pour fonction de se tendre ou de se relâcher suivant l’intensité du son. Il regardait le limaçon avec ses nerfs diminuant graduellement de la base au sommet, comme un instrument pourvu de cordes nombreuses servant à apprécier les sons et à rendre perceptibles leurs différences. Cette opinion, qu’il existe dans le labyrinthe un grand nombre de cordes qui, à chaque son, se mettent à vibrer harmoniquement, fut également exprimée par Le Cat, Boerhaave et d'autres; Boerhaave avança en outre que la membrane du tympan est plus tendue lors de sons aigus et qu’elle l’est moins lors de sons graves.

Yalsalva rendit un grand service à l’anatomie et à la pathologie de l’oreille avec son excellent traité : De aure humana tractalus, Bononia, 1704. S’appuyant sur plus de mille autopsies, il y donne une description très détaillée de l’oreille externe et moyenne et du labyrinthe, et ajoute beaucoup de choses nouvelles aux découvertes faites avant lui. Il indique le cérumen durci comme une cause, souvent méconnue, de surdité. Dans un

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cas, il observa comme cause de la surdité l’ankylose de la platine de l’étrier dans la fenêtre ovale. Il recommande comme le meilleur moyen pour chasser le pus de l’oreille, de pousser avec effort l’air par la trompe d’Eustache, la bouche et le nez étant fermés, procédé auquel est attaché son nom (expérience de Yalsalva). 11 appelle l’attention sur ce fait, que la cause de la surdité réside souvent dans une obstruction de la trompe d’Eustache, et cite le cas d’un homme chez lequel l’orifice de la trompe était bouché et la surdité produite par un polype nasal qui descendait jusqu’à la luette. Valsalva regardait encore le labyrinthe comme rempli d’air, bien que déjà Schellhammer eût reconnu auparavant (1684) la vérité sur ce point. Ce ne fut que plus tard que Cotugno fournit la preuve certaine qu’il n’en était pas ainsi.

En 1750, l’Anglais Cleland proposa de cathétériser la trompe d’Eustache au moyen d’une sonde d’argent introduite par le nez; il poussait par cette sonde de l’air et du liquide dans la trompe. Il donna ainsi la première impulsion au traitement rationnel des maladies de l’oreille. On a désigné maintes fois le maître de poste Guyot, de Versailles, comme l’inventeur du cathétérisme. Il portait par la bouche un tube coudé dans la région de l’embouchure de la trompe et poussait par ce tube un liquide dans ces parages; mais il n’est nullement établi qu’il ait réussi à injecter le liquide dans la trompe même (1). La technique du cathétérisme fut plus tard perfectionnée surtout par Deleau, Itard et Kramer.

Tréviranus émit l’opinion que l’air de la caisse, lorsqu’il ne communique pas librement avec l’extérieur, se transforme très vite en un mélange d’azote et d’acide carbonique.

J.-L. Petit donna pour la première fois (1724) une description détaillée des caries du temporal et conseilla de perforer l’apophyse mastoïde avec le trépan à exfoliatif. Dans un cas, il en-

(1) Ce maître cle poste, qui fut conseiller du roi, président du grenier à sel, à Versailles, n’était point dénué de toute connaissance anatomique. Il publiait en 1727, sous le nom de M. de Tymogue, anagramme do son nom (Edme Guyot), le Nouveau système du microcosme ou Traité de la nature de L'homme. On lit ù. la page 99 de cette sorte de dissertation anatomique les lignes suivantes qui nous éclairent sur le but qu’il se proposait en seringuant la trompe d’Eustache : « L’excrément de la lymphe transpire extérieurement par la conque; il se décharge aussi par les trompes d’Eustache, derrière la ç.loison du palais, » et plus loin ; « L’obstruction interne ou externe de l'oreille dans les adultes fait la surdité. » ( Note du traducteur.)

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leva avec le ciseau et le marteau une si grande portion de l’apophyse que le foyer purulent fut mis à nu, et la guérison s’ensuivit. Déjà avant lui, Riolan (1649) avait proposé de perforer l’apophyse mastoïde dans les cas de surdité et de bruits d’oreille provenant de l’obstruction de la trompe d’Eustache, Morand trépana le temporal carié dans un cas d’écoulement purulent de l’oreille ; il ouvrit la dure-mère sous laquelle le pus était collecté, plaça un tube dans l’ouverture de la trépanation, et le malade guérit. En Allemagne, Jasser, chirurgien militaire, pratiqua avec succès sur un soldat l’ouverture artificielle de l’apophyse mastoïde des deux côtés. Plus tard l’opération tomba dans le discrédit, un médecin danois en ayant été victime par suite de l’ouverture de la cavité crânienne.

Cotugno (1736-1822) fournit le premier la preuve certaine que le labyrinthe contient du liquide; jusqu’à lui régnait l’opinion aristotélique que le labyrinthe était rempli d’air. Il découvrit les deux aqueducs ; leur objet est, croit-il, de permettre au liquide labyrinthique de fuir, ce qui a pour effet de préserver les nerfs de commotions trop violentes.

Le fuit d’un sourd qui, après s’être par accident déchiré la membrane avec un cure-oreille, recouvra l’audition, avait amené Riolan à soulever la question de savoir si on ne devait pas tenter de remédier à la surdité au moyen d'une ouverture artificielle de la membrane.

Cheselden voulut exécuter l’opération sur un condamné à mort qui devait pour cette raison être gracié ; mais, ce projet ayant soulevé l’indignation générale, il dut y renoncer. Cette opération fut pratiquée pour la première fois en 1800 par Astley Cooper et acquit rapidement après cela droit de cité dans toute l’Europe; partout on tenta de guérir au moyen de cette opération les sourds, même les sourds-muets.

Les recherches entreprises au siècle dernier avaient fait faire à l’anatomie et à la physiologie de l’organe de l’ouïe des progrès importants ; il était réservé à notre siècle, grâce aux enseignements de l’anatomie pathologique allant de pair avec l’observation minutieuse pendant la vie, de porter la pathologie de l’oreille au point où elle est actuellement; et en effet, le diagnostic repose maintenant sur une base plus solide, et les indications du traitement se sont précisées. Ilard et Deleau en France, Wilde et Toynbee en Angleterre, Lincke et Kramer en Aile-

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magne, ont le mérite d’avoir contribué, dans la première moitié •de ce siècle, aux progrès de la pathologie de l’oreille.

A une époque plus récente, la fondation de journaux spécialement consacrés à. cette partie de la médecine contribua grandement au développement scientifique de la pathologie de l’oreille : tous les travaux importants s’y trouvent réunis. Ces journaux facilitèrent l’étude de cette spécialité et donnèrent une impulsion à des recherches nouvelles. Le plus ancien de ces organes sont les Archives d’otiatrique ( Arc hiv fur Ohrenheilkunde) fondées en 1864 par de Trôltsch, Politzer et Schwartze. En 1869 parut un nouveau journal s’occupant tout à la fois des , maladies des yeux et des oreilles ( Archiv fût' Augen and Ohrenheilkunde), plus tard uniquement consacré aux maladies <le l’oreille sous le nom de Zeitschrift fur Ohrenheilkunde, publié par Knapp et Moos et paraissant simultanément en allemand et en anglais. Outre ces deux journaux qui traitent exclusivement des maladies de l’oreille, — Y American Journal of otologg, après avoir duré quatre ans, a cessé de paraître, — il y a encore en Allemagne et dans les autres pays une série de journaux consacrés à la fois à la laryngologie et àl’otologie (1).

(1) Ce sont, en France, les Annales des maladies de l'oreille, du larynx, etc., publiées actuellement par M. Gouguenheim et paraissant chaque mois, et la lievue de laryngologie, d’otologie et de rhinologie publiée par M. Moure, paraissant deux fois par mois. ( Note du traducteur.)

DIAGNOSTIC

1. Examen avec la vue du conduit auditif externe et de la membrane du tympan.

Cet examen peut être pratiqué de deux manières différentes. S’il ne s’agit que d’une exploration superficielle et si le conduit auditif externe est relativement large, on peut le pratiquer sans se servir d’instruments. Mais, comme règle générale, pour bien voir, il faut employer le spéculum et la lumière réfléchie.

a. — EXAMEN AVEC LA VUE SANS INSTRUMENTS.

On place la personne à examiner devant la source lumineuse, que ce soit une fenêtre ou une lampe, de telle sorte que les rayons lumineux tombent sur l’oreille qui doit être l’objet de l’examen, dans la direction de l’axe du conduit auditif externe. D'une main, on attire en arrière et en haut le pavillon de l’oreille, on redresse ainsi la courbure du conduit, et en même temps le pouce de l’autre main, pressant sur le tragus, cherche à le ramener en avant. Les rayons lumineux, passant près de la tête de l’observateur, tombent dans l’oreille; souvent de cette manière, surtout chez les enfants, la vue peut, sans l’aide d’aucun instrument, embrasser le conduit auditif dans sa totalité et la membrane du tympan.

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