CHAPITRE III
LES AMNÉSIES PARTIELLES
L’étude des amnésies partielles suppose avant tit quelques remarques sur les variétés de la mémoi. Sans ces remarques préliminaires, les faits que n.s allons rapporter paraissent inexplicables et mêmen peu merveilleux. Qu’un homme perde la seule li moire des mots, qu’il oublie une seule langue etc: serve les autres, ou bien qu’une langue oubliée depis longtemps lui revienne brusquement, qu’il soit pré de sa mémoire musicale et d’elle seule : ce son à des événements si bizarres au premier abord que, ss n’avaient été constatés par les observateurs les pis scrupuleux, on serait tenté de les reléguer parmi is fables. Si, au contraire, on s’est fait une idée exa'e de ce qu’il faut entendre par ce mot mémoire, tou'e merveilieux s’évanouit et ces faits, loin de surprend;, apparaissent comme la conséquence naturelle. Icique, d’une influence morbide.
L’emploi du mot mémoire comme terme général t
LES AMNÉSIES PARTIELLES
l’une justesse irréprochable. 11 désigne une propriété onimune à tous les êtres sentants et pensants : la posibilité de conserver les impressions et de les reprouire. Mais l’histoire de la psychologie montre qu’on st trop porté à oublier que ce terme général, comme out autre, n’a de réalité que dans les cas particuliers; [ue la mémoire se résout en des mémoires , tout omme la vie d’un organisme se résout dans la vie des rganes, des tissus, des éléments anatomiques qui le omposent. « L’ancienne erreur, encore admise, qui onsiste à traiter la mémoire comme une faculté ou ne fonction indépendante qui aurait un organe ou un iège distinct, vient, dit un psychologue contemporain, e l’incurable tendance à personnifier une abstraction. U lieu de reconnaître que c’est une expression abréiative pour désigner ce qui est commun à tous les lits concrets de souvenir ou à la somme de ces faits, lusieurs auteurs lui supposent une existence indépenante *. »
Tandis que l’expérience vulgaire a noté depuis longraps l’inégalité naturelle des diverses formes de la lémoire chez le même homme, les psychologues ne en sont pas préoccupés ou l’ont niée de parti pris, ugald Stewart affirme sérieusement « que ces diffémces qui nous frappent doivent être imputées en •ande partie à des différences d’habitude dans l’emoi de l’attention ou au choix que fait l’esprit entre .3 événements ou les objets offerts à la curiosité *. » ntl le premier réagissant contre cette tendance assigna ■ chaque faculté sa mémoire propre et nia l’exis-
.. Lewes, Problems of Life and Mind, S* volume, p. 119.
!. Philosophie de l’esprit humain, t. 1, p. 310.
tence de la mémoire comme faculté indépendant( .
La psychologie contemporaine, plus soucieuse ce l’ancienne de ne rien omettre, plus préoccupée des exc tions qui instruisent, a relevé un nombre considéra e de faits qui ne laissent aucun doute sur l’inégaUté na relie des mémoires chez le même individu. Taine ea donné de nombreux et excellents exemples. Rappel s les peintres comme Horace Vernet et Gustave D é qui peuvent faire un portrait de mémoire ; les joues d’échecs qui jouent mentalement une ou plusieurs frties ; les petits calculateurs prodiges comme Zé li Collburn qui « voient leurs calculs devant le's yeux ^ » ; l’homme cité par Lewes qui, « après a\> parcouru une rue longue d’un demi-mille, pouvait é imérer toutes les boutiques dans leur position rutive » ; Mozart notant le Miserere de la chapelle S tine, après l’avoir entendu deux fois. Je renvoie pir plus de détails aux traités spéciaux ® n’ayant pa à traiter ici cette question. Il me suffit que le lect r tienne ces inégalités de la mémoire pour bien établi. i Voyons comment elles s’expliquent ; nous verrons i-« suite ce qu’elles expliquent.
Que supposent ces mémoires partielles ? — Le dé;loppement particulier d’un certain sens avec les str;tures anatomiques qui en dépendent.
Pour être plus clair, prenons un cas particuli ! ,