Gall, Fonctions du cerveau, t. I
2. J’ai eu occasion de noter que plusieurs calculateursia , voient pas leurs chiffres ni leurs calculs, mais qu’ils les « ena dent ». Il importe peu pour notre thèse que les images soit visuelles ou auditives.
3. Taine, De l’Intelligence, t. I, l” partie, liv. ii, ch. i, § Ln^B, Le cerveau et ses fonctions, p. 120. Lewes, ^oc. cit.
LES AMNÉSIES PARTIELLES
une bonne mémoire visuelle. Elle a pour condition une bonne structure de l’œil, du nerf optique et des parties de l’encéphale qui concourent à l’acte delà vision c’est-à-dire (d’après les notions anatomiques généra lement admises) de certaines portions de la protubérance , des pédoncules , de la couche optique , des hémisphères cérébraux. Ces structures , supérieures par hypothèse à la moyenne, sont parfaitement adaptées à recevoir et à transmettre les impressions. Par suite, les modifications que subissent les éléments nerveux ainsi que les associations dynamiques qui se forment entre eux (ce sont là, nous l’avons répété plusieurs fois, les bases de la mémoire) doivent être plus stables, plus nettes, plus faciles à raviver que dans un xutre cerveau. En somme, dire qu’un organe visuel i une bonne constitution anatomique et physiologique, c’est dire qu’il présente les conditions d’une bonne némoire visuelle. .-i i -j.
On peut aller plus loin et faire remarquer que ce erme « une bonne mémoire visuelle » est encore trop .arge. L’observation journalière ne nous montre-t-elle las que l’un se rappelle mieux les formes, un autre les ouleurs? Il est vraisemblable que la première mémoire dépend surtout de la sensibilièé musculaire de œil, la seconde de la^étine et des appareils nereux qui s’y rattachent.
Ces remarques sont applicables à l’ouïe, l’odorat, au oùt, et à ces formes diverses de la sensibilité que on comprend sous le nom général de toucher, en un iiot à toutes les perceptions des sens.
Si l’on réfléchit aux relations intimes qui existent lire les sentiments, les émotions, la sensibilité en liiiéral et la constitution physique de chaque homme UiiioT. — Mémoire. 7
no LES MALADIES DE LA MÉMOIRE
si l’on considère combien ces états physiques dépen dent des organes de la vie animale, on comprendr •que ces organes jouent à quelques égards le mêm i rôle pour les sentiments que les organes des sens pou, ; les perceptions. Par suite des différences de conslitu tion, les impressions transmises peuvent être faibles] jji intenses, stables, fugitives : autant de conditions qp 4 modifient la mémoire des sentiments. La préponde ^ rence d’un système d’organes (ceux de la génératio par exemple) crée une supériorité pour un groupe d souvenirs. i )|
Restent les états psychiques d’un ordre supérieur les idées abstraites, les sentiments complexes. Ils n il peuvent être rattachés immédiatement à aucun oi « gane ; le siège de leur production et de leur reproduc ij tion n’a pu être localisé jusqu’ici d’une manière pré ( cise. Mais, comme ils résultent sans aucun doute d’un i association ou d’une dissociation des états primitifs I nous n’aA'ons aucune raison de supposer que, en c a qui les concerne, les choses se passent différera a ment. I I
Tout ce qui précède peut donc se résumer en ce termes : Chez le même homme, un développemen 4 inégal des divers sens et des divers organes pro' : duit des modifications inégales dans les parties appro < priées du système nerveux, par suite des condition J inégales de souvenir, par suite des variétés de mé ) moire. Il est même vraisemblable que l’inégalité de > mémoires, dans le même homme, est la règle, no)l \ l’exception. Gomme nous n’avons pas de procédé! 4 exacts pour les doser séparément et les comparer entr ;i elles, nous ne donnons ce qui précède que comme un j conjecture, sans pouvoir toutefois renoncer à croir j
LES AMNÉSIES PARTIELLES
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[ue l’on ne constate pas tous les cas d’inégalité, mais implement ceux qui dénotent une grande disproporion, — L’antagonisme qui existe entre diverses tories de mémoire nous fournirait encore une preuve idirecte : c’est un point sur lequel il y aurait de cuieuses recherches à faire ; mais il sort de notre ujet L — Enfin, qu’on n’objecte pas l’influence de jé^caü^— Il est clair qu’il faut en poider hèaucoup à )n compte ; mais l’éducation ne s’applique guère u’aux dons que la nature met déjà en relief, et d’ail- !urs, dans certains cas, il est certain qu’elle n’a pu )uer aucun rôle.
En psychologie, comme dans toute science de faits, est l’expérience qui décide en dernier ressort. Remarquons cependant que l’indépendance relative des verses formes de la mémoire aurait pu s’établir par seul raisonnement. C’est, en effet, un corollaire des îux propositions générales qui suivent : 1® Tout souinir a son siège dans certaines parties déterminées ; l’encéphale. 2® L’encéphale et les hémisphères du rveau eux-mêmes « consistent en un certain nombre organes totalement différenciés, dont chacun posde une fonction propre , tout en restant dans la ■nnexion la plus intime avec les autres. » Cette derère proposition est maintenant admise par la pluirt des auteurs qui étudient le système nerveux.
Je crains d’insister trop longuement. Dans la physio- .gie, en effet, la distinction des mémoires partielles d une vérité courante *; mais, dans la psychologie, la
1. Sur l’antagonisme des mémoires , voir Herbert Spencer, iincipes de Psychologie, t. !'■■, 232-242.
!. Voir en particulier Ferrier, Fo7ictio7is du cerveau. Gratiolet [nat. comparée), etc., t. II, p. 460, faisait déjà remarquer « qu’à
méthode des « facultés » a si bien réussi à faire cons^ dérer la mémoire comme une unité que l’existence di'; mémoires partielles a été complètement oubliée o[ prise pour une anomalie. Il fallait ramener le lectei ; à la réalité, lui rappeler qu’il n’y a, en dernière an; lyse, que des mémoires spéciales, ou, comme diseï i certains auteurs, locales. Nous acceptons volontie' cette dernière dénomination, à condition qu'on n’on blie pas qu’il s’agit ici d’une localisation disséminé suivant cette hypothèse des associations dynamiqu' dont nous avons si souvent parlé. On a souvent cor paré la mémoire à un magasin où toutes nos connai' sances seraient conservées dans des casiers. Si l’c veut conserver cette métaphore , il faudrait la pr, senter sous une forme plus active : comparer, p,' exemple, chaque mémoire particulière à une escouaô d’employés chargés d’un service spécial , exclus* L’une de ces escouades peut être supprimée sans q:' le reste du service en souffre d’une manière en ■quante. C’est ce qui arrive dans les désordres parti(| de la mémoire.
Après ces remarques préliminaires, entrons dans pathologie. Si, à l’état normal, les diverses formes t la mémoire ont une indépendance relative, il est na^ rel qu’à l’état morbide une forme disparaisse, les auti; restant intactes. C’est un fait qui doit maintenant noi i ■paraître simple, n’exiger aucune explication, puisqul ^
■chaque sens correspond une mémoire qui lu: est corrélative t 'i, que l’intelligence a comme le corps ses tempéraments qui réS’ il •tent de la prédominance de tel ou tel ordre de sensations dai- j. l|es habitudes naturelles de l’esprit. »
LKS AMNKSIKS PARTIELLES
•suite de la nature même de la mémoire. Il est vrai je beaucoup de désordres partiels ne sont pas reseints à un seul groupe de souvenirs. On ne s’en étonîra guère, si l’on réfléchit à la solidarité intime de liutes les parties du cerveau, de leurs fonctions et des ats psychiques qui y sont liés. Nous trouverons ^pendant un certain nombre de cas où l’amnésie est en limitée.
Une étude complète des amnésies partielles consiste- :it à prendre l’une après l’autre les diverses manifestions de l’activité psychique et à montrer par des ;emple3 que chaque groupe de souvenirs peut disiraître , temporairement ou pour toujours. Nous mmes loin de pouvoir remplir ce plan. Nous ne poums pas même dire si certaines formes ne sont jamais iteintes partiellement et ne disparaissent que dans cas de dissolution complète de la mémoire. Il faut ims résigner à attendre de l’avenir des documents nlhologiques plus amples ou plus probants.
A proprement parler , il n’existe qu’une forme amnésie partielle qu’on puisse étudier à fond : celle issignes (signes parlés et écrits, interjections, gestes). Ile est riche en faits de tout genre, explicable par la li formulée plus haut. La réservant pour une étude à ].rt, nous allons résumer se qu’on sait des autres imésies partielles.
« Quelques personnes, dit Calmeil *, ont perdu la Imité de reproduire certains tons ou certaines coul irs et ont été obligées de renoncer à la musique ou à 1 peinture. » D’autres perdent la seule mémoire des imbres, des figures, d’un langue étrangère, des noms
. Dictionnaire en trente volurms, art, Aunésie,
propres, de l’existence de leurs plus proches parents Nous allons en donner quelques exemples.
On a souvent cité le cas de Holland qu’il a rapport lui-même dans sa Mental Pathology (p. 160) : « J’éta: descendu le même jour dans deux mines profondes d • , Harz^ Etant dans la seconde mine, je me trouvai si ' épuisé par la fatigue et l’inanition qu’il me fut compL tement impossible de causer avec l’inspecteur alleman qui m’accompagnait. Tous les mots, toutes les phrasi r de lajangue allemande étaient sortis de ma mémoin i et je ne pus les recouvrer qu’après avoir pris un pe i de nourriture et de vin et m’être reposé quelqu temps. »
Ce cas, quoique le plus connu, est loin d’être uniquf • Le Beattie rapporte qu’un de ses amis, ayant reç j un coup sur la tête, avait perdu tout ce qu’il savait d n grec, mais que par ailleurs sa mémoire ne paraissa avoir souffert en aucune façon. Cette perte de langui i acquises par l’étude a été souvent notée comme le ri , sultat de diverses fièvres. '
« De même pour la musique. Un enfant, après s’êti '■ violemment heurté le tête, reste trois jours inconscien En revenant à lui, il avait oublié tout ce qu’il savait d \ musique. Rien autre n’avait été perdu h » — Il y i des cas plus compliqués. Un malade qui avait compli t tement oublié la valeur des notes musicales pouva 3 jouer un air après l’avoir entendu. Un autre pouva i écrire des notes, même composer, reconnaître un mélodie à l’audition ; mais il était incapable déjoué | en regardant les notes — Ces faits, qui nous mon