Mental Physiology, p
LA MÉMOIRE COMME FAIT BIOLOGIQUE
reproduction, nous trouvons donc la mémoire organique idenriqué A celle de l’esprit. Seule la consuience manque. A l’origine, elle accompagnait l’activité motrice ; puis elle s’est effacée graduellement. Parfois — et ces cas sont plus instructifs — sa disparition est brusque. Un homme sujet à des suspensions temporaires de la conscience continuait pendant sa crise le mouvement commencé : un jour, en marchant toujours devant lui, il tomba dans l’eau. Souvent (il était cordonnier) il se blessait les doigts avec son alêne et continuait ses mouvements pour piquer le cuir’. Dans le vertige épileptique, appelé « petit mal », des faits analogues sont d’observation vulgaire. Un musicien, faisant sa partie de violon dans un orchestre , était fréquemment pris de vertige épileptique (perte de conscience momentanée) pendant l’exécution d’un morceau. « Cependant il continuait de jouer, et quoique restant absolument étranger à ce qui l’entourait, quoiqu’il ne vît et n’entendît plus ceux qu’il accompagnait, il suivait la mesure »
Il semble ici que la conscience se charge elle-même de nous montrer son rôle, de le réduire à sa valeur et, par ses brusques absences, de bien faire voir qu’elle est dans le mécanisme de la mémoire un élément surajouté.
Nous sommes maintenant conduits par la logique à pousser plus avant et à nous demander quelles modihcations de l’organisme sont nécessaires pour l’établisse-