Philosophie de l’esprit humain, t. 1, p
tence de la mémoire comme faculté indépendante *.
La psychologie contemporaine, plus soucieuse que l’ancienne de ne rien omettre, pl us préoccupée des exceptions qui instruisent, a relevé un nombre considérable de faits qui ne laissent aucun doute sur l’inégalité naturelle des mémoires chez le même individu. Taine en a donné de nombreux et excellents exemples. Rappelons les peintres comme Horace Yernet et Gustave Doré qui peuvent faire un portrait de mémoire ; les joueurs d’échecs qui jouent mentalement une ou plusieurs parties ; les petits calculateurs prodiges comme Zérah Collburn qui « voient leurs calculs devant leurs yeux 1 2 » ; l’homme cité par Lewes qui, « après avoir parcouru une rue longue d’un demi-mille, pouvait énumérer toutes les boutiques dans leur position relative » ; Mozart notant le Miserere de la chapelle Sixtine, après l’avoir entendu deux fois. Je renvoie pour plus de détails aux traités spéciaux 3 n'ayant pas à traiter ici cette question. 11 me suffit que le lecteur tienne ces inégalités de la mémoire pour bien établies. Voyons comment elles s’expliquent; nous verrons ensuite ce qu’elles expliquent.
Que supposent ces mémoires partielles ? — Le développement particulier d’un certain sens avec les structures anatomiques qui en dépendent.
Pour être plus clair, prenons un cas particulier :