LES RÉACTIONS STOMACALES DES MALADIES LOCALES ET GÉNÉRALES
PARIS J. RUEFF, ÉDITEUR
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Du rôle pathogène des maladies de Te; tomac et de leurs retenti ssemeuts su les organes et sur leurs fonctions.
PREMIERE IrEÇON
LES Sl~l>PLË.ANCES INTESTINALES — L'ENTËRO-COLITE NUCO-UEHBRANEUSE SÏHPTONATOLUGIE, THÉORIES PATHOGEnlQUCS, TRAITEHEM
Considérations générales. — Les retentissements intestinaux Les suppléances intestinales.
coDckUrBUoBi Daos les Leçons consacrées aux fermenlalk
gtatm». gastriques, nous avons vu que celles-ci exercent ( effets îrrîlants sur l'estomac lui-même et peuvent être la cai fréquenle de dyspepsies secondaires, affectant principalement le I5 hyperslhénique. Nous avons eu là un exemple de l'action patl gène locale des digestions vicieuses. Or les dyspepsies, quel que soient leur nature et leur cause, sont capables de retentir : la plupart des organes, sur leurs fondions cl sur l'état général. El sont ainsi l'origine d'un grand nombre d'aflections dérivées 1 gardent toujoui's au point de vue de leur diagnostic et de leur tr tement la marque de leur étiologie. C'est là un point encore r coonu de la pathologie et qui mérite, en raison des déductii pratiques qu'il comporte, une étude approfondie.
Certes, parmi les points que je vais traiter, beaucoup soulèvent des questions de doctrine et paraîtront erronés ou problématiques à bien des esprits. On m'accusera de trop généraliser, de voir des subordinations là où il n'y a que des rapports de coïncidence, d'admettre trop facilement que la dyspepsie est cause et non effet : mais, au point de vue exclusivement pratique auquel je me suis placé, l'objection tombe à faux, par cela même qu'elle est doctrinale.
En effet, à ce point de vue pratique, il importe de savoir une seule chose : c'est si, étant donnée l'existence, chez le même sujet et dans le même temps, d'une dyspepsie et d'une maladie quelconque, locale ou générale, le traitement exclusif de la maladie en question est suivi d*une amélioration totale^ et, dans le cas négatif, si le traitement de l'état dyspeptique remédie en tout ou partie à l'affection qui vient de résister à une thérapeutique personnelle.
En admettant la seconde hypothèse, soit l'amélioration ou la guérison de la maladie locale ou générale par un traitement exclusivement gastrique, quelle objection théorique pourrait avoir prise? Dans le cas de la première hypothèse, qui pourrait nier qu'un traitement gastrique bien conduit ne complétera pas heureusement la thérapeutique dirigée contre la maladie associée, sinon secondaire ? Enfin, et comme dernier argument, en présence de la coïncidence d'un trouble gastrique et d'une maladie quelconque souvent difficile à attaquer directement, le devoir du praticien soucieux des intérêts qui lui sont confiés n'est-il pas de tenter un traitement gastrique au lieu de s'abstenir ou de faire une thérapeutique impuissante, en vertu de considérations doctrinales qui tombent avec la disparition de ceux qui les ont édifiées?
En développant ces considérations, j'ai surtout en vue la neurasthénie qu'on s'obstine à envisager et à traiter comme une entité, tandis qu'elle n'est qu'un aboutissant, un syndrome secondaire à des états morbides divers au premier rang desquels je place les états dyspeptiques. Mais elles sont applicables à toutes les maladies dont nous allons parler. Ces maladies, qu'elles soient directement engendrées par le trouble gastrique et par ses conséquences ou qu'elles soient simplement aggravées par lui, relèvent plus ou moins du traitement stomacal qui produit des améliorations d'autant plus accentuées que la relation de causalité est plus réelle.
Les On conçoit que les aliments qui ont été imparfaite-
retentissements a 1 •<> ' 1 11
et les snppièanoes ment chymines dans un estomac malade provoquent, intestinales, p^j. jg^, g^^j coutact, dcs troublcs de la digestion
intestinale. Toutefois, ce qui caractérise bien ces troubles secon-
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daires, c'est leur apparilioD tardive. L'iotestin possède de reniarquables qualités de suppléance qu'il peut exercer pendant un temps très long et qui ne cèdent que devant un surmenage fonctionnel trop prolongé ou devant une irritation personnelle provenant d'une cause extra-stomacale. C'est pourquoi nombre de dyspepi gastriques sont masquées longtemps par la suppléance intestinatt ne se manifestent qu'à l'occasion d'une défaillance toute fortuite l'intestin.
Nous en avons vu dernièrement un remarquable exemple chez vieillard de soixante-seize ans, merveilleusement conservé, exer<; encore le dur métier de maçon, et qui était entré dans nos sa pour soigner un psoriasis'. Sauf au cours d'une pneumonie doni a été atteint  soixante-douze ans, il ne s'est jamais arrêté. Il jamais souffert de i'estomac; ii n'est pas alcoolique. Son appétit excellent, ses fonctions intestinales régulières. A proprement par abstraction faite du psoriasis, ce n'est pas un malade, et l'examen divers oi^anes ne révèle chez lui rien d'anormal. Comme j'étud avec Leredde les rapports des dermatoses avec les troubles de la di| tioû gastrique, nous pratiquons l'examen du contenu stomacal a[ repas d'épreuve. Le liquide filtré était neutre et ne renfermait ni libre ou organique, ni acides de fermentation. La digestion des al miuoïdes était aulle. La digestion des féculents qui dépend de lai stase salivaiie était excellente. La mucine était abondante.
Voilà donc un sujet de belle apparence qui n'a, pour ainsi d pas d'estomac. Nous nous sommes assurés qu'il était atteint d'une | trile chronique latente ayant probablement succédé à une dyspe] qui n'avait jamais fait parler d'elle. La parfaite santé de ce vieiti ne peut s'expliquer que par une suppléance parfaite des foncti intestinales, et ce sont les conditions mêmes de sa vie qui mainti nent cette suppléance. En effet, il est sobre ; il n'a jamais faitd'excèf boisson ; il mange peu de viande et vit surtout de légumes et de p: ce qui exige peu de ti-avail de la part de son estomac. S'il se nour sait copieusement de mets azotés abondants et recherchés, son t digestif serait bien vite surmené; l'intestin, irrité par un excès de ' vail, aurait depuis longtemps fléchi devant son service, et la gasi chronique se serait alors extériorisée symptomatiquement.
Mais, si les cas d'une suppléance aussi parfaite et aussi prolon ne sont pas très fréquents, ceux que l'on connaît montrent bien qu importance le médecin doit attacher & l'intégrité des fonctions in
<- L'hiitoire complète de ce ca» a fait l'objet d'une de noa Leçons cq 1898. (Al BoiiN, Importance thérapeutique des relalions pathologiques qui existent cpirc l'esL cl linteatin. Bulletin générât de thérapeutique, I8D8.)
tinales chez les dyspeptiques de tout ordre, et comment la thérapeutique gastrique devra toujours tenir compte des effets produits sur rintestin par les régimes, les médications et les médicaments que Ton oppose à Taffeclion stomacale.
Les plus importants des retentissements des dyspepsies sur Tintestin sont l'entéro-colite muco-membraneuse, l'engouement ca}cal et l'appendicite, la diarrhée et les hémorrhoïdes.
L'entéro-colite muco-membraneuse. — Son évolution. — Sa symptomatolog^e. — Les théories pathogéniques. — La théorie de la lithiase intestinale. — Le traitement.
Lentéro-coiite L'entéro-colitc muco-membraneuse complique ^^^- le plus souvent Thypersthénie gastrique avec hyperchlorhydrie. Dans cette forme de dyspepsie, ily a une sorte d'inhibition relative des fonctions de l'intestin avec constipation et coprostase plus ou moins considérables. Le gros intestin, en particulier, est fréquemment bondé de matières fécales en boules noirâtres, d'une fétidité spéciale, que les purgatifs salins éprouvent de grandes diflicultés à expulser. Ces matières sont acides au tournesol. L'inhibition intestinale s'explique facilement par le fait que la seconde digestion ne peut s'accomplir effectivement que dans un milieu alcalin et que l'acidité extrême du chyme, non seulement sature les sucs intestinaux, mais encore les acidifie, ce qui met obstacle à toute action des ferments sécrétés par le pancréas et la muqueuse de l'intestin grêle. Cette acidité exagérée du chyme reconnaît pour cause l'hyperchlorhydrie ; mais souvent aussi elle est due aux acides organiques, de façon que les fermentations stomacales possèdent également une influence pathogène manifeste et de même sens que celle de l'hypersthénie gastrique.
Les matières fécales, acides, ovillées, durcies, siège de fermentations irritantes, agissent ensuite et à la longue sur la muqueuse intestinale qui se défend comme elle peut en sécrétant du mucus. Celui-ci, au contact des acides fécaux, subit des modifications qui en changent Taspect, la consistance, et se coagule en partie; et puis, si le malade est un neuro-arthritique, ce qui n'était d'abord, de la part de la muqueuse intestinale qu'un acte de protection réactionnelle devient une localisation morbide; la réaction dépasse le but; l'intestin se met