L'ENTÉRO-COLITE MUCO-MEMBRANEUSE
à faire du mucus pour son propre compte ; il subit, en certains points d'élection comme TS iliaque et le côlon transverse, des spasmes qui alternent avec des relâchements, modifient son calibre, gênent davantage encore le cours des matières et sont Toccasion de crises douloureuses. Ainsi l'enléro-colite muco-membraneuse est constituée.
La Elle est caractérisée par l'expulsion pénible de
synqitomatoiogie. ^latièrcs fécalcs uoirâtrcs et durcies, entourées de concrétions membraneuses se présentant sous diverses formes, telles que celles de gelée colloïde, de rubans vermiformes blanchâtres, enroulés en masse ou pelotonnés, de masses cylindroïdes, ou tout simplement de glaires, comme du blanc d'œuf , plus ou moins mélangées d'une substance mousseuse.
Les autres symptômes sont : l'état saburral de la langue, la fréquente fétidité de l'haleine, l'anorexie, la constipation atonique ou spasmodique, la lithiase intestinale, la douleur habituelle dans les fosses iliaques et dans l'arc du côlon, avec sensations de constriction du ventre, d'élancements, de tiraillements, de brûlures, exaspérées pendant la digestion, les efiorts réitérés et infructueux de défécation avec épreintes qui ne parviennent pas à vider l'intestin et sont suivis de l'expulsion difficile des matières signalées plus haut. Ces épreintes et les eflbris qu'elles nécessitent vont jusqu'à déterminer de la procidence de la muqueuse rectale qui vient former bourrelet à la marge de l'anus, et elles plongent le malade dans un pénible état de surexcitation nerveuse.
Fort souvent, la constipation alterne avec des flux diarrhéiques, et cette alternance, cette impossibilité de régulariser les garde -robes sont un des caractères sur lesquels insistent beaucoup les malades. Mais, à regarder de près, il ne s'agit pas, dans ces cas, d'une vraie diarrhée. Les garde-robes soi-disant diarrhéiques sont formées de liquides écumeux, mucilagineux, de véritables glaires, au milieu desquels on rencontre des fragments noirâtres de fèces durcies. Il s'agit là simplement ou de débâcles passagères ou de fausses diarrhées constituées par une sécrétion plus abondante du mucus ou encore par des liquides séreux ayant transsudé entre les scybales et la paroi intestinale.
L'évolution lente de la maladie est traversée par des crises douloureuses à allures paroxystiques, survenant à l'occasion des causes les plus futiles, et par des accès fébriles irréguliers qui ont pu donner lieu à des erreurs de diagnostic.
Le palper abdominal est douloureux, surtout à l'angle gauche du côlon. Il révèle un intestin tantôt relâché, tantôt contracté et,
donnant au doigt la sensation d'une corde ou d'une induration tendue et douloureuse.
L'état général est toujours plus ou moins atteint, et TaSection intestinale vient ajouter les déchéances qu'elle origine à celles qui résultent de la dyspepsie causale. Et les deux affections, unissant leurs aptitudes pathogènes, conditionnent une série de retentissements secondaires dont la complexité ne permet guère de reconnaître la part étiologique qui revient à chacune d'elle. Suivant l'évolution et les prédominances symptomatiques, on a décrit dans l'entéro-colitemucomembraneuse des formes commune, dysentériforme , fébrile, grave, hémorrhagique*.
Les uiéories On a beaucoup discuté sur la pathogénie de cette
pauiogéniques. f^pjjj^ d'cntéritc. Perroud' ct Sïredey' croicut à
l'existence d'une névrose spéciale de l'intestin qui déterminerait la sécrétion de mucosités gélatiniformes; la constipation serait secondaire. GiGOT-SuARD, Williams*, Simpson, Le Bret^ font intervenir l'herpétisme et lui rattachent l'hypersécrétion du mucus intestinal. Wannebroucq^ suppose une inflammation de la muqueuse et de ses glandes, avec prolifération des éléments conjonctifs qui étouffent les glandes et diminuent certains principes de leur sécrétion, d'où coagulation prompte du mucus en fausses membranes et constipation secondaire. MoRAu pense à une irritation d'origine vagino-utérinepropagéeau rectum par la voie lymphatique. Tédenat, dans le même ordre d'idées, fait intervenir comme élément causal une inflammation chronique des annexes de l'utérus. Pichevin met en avant une réaction de la muqueuse intestinale devant le coli-bacille et ses toxines. Potain^, Germain Sée^ pensent, au contraire, que c'est la constipation qui commence et que les irritations de la muqueuse ont une origine pour ainsi dire mécanique.
] . L*entéro-colitc muco-membraneuse a fait Tobjet de quatre thèses récentes où l'on trouvera tous les renseignements bibliographiques. C arrêt, Thèse de Paris, 1897. — VouzELLE, Thèse de Paris, 1899. — Henri Isaac, Thèse de Paris, 1900. — P. Froussard, Thèse de Pans, 1900.
t. Perroud. — Note sur les concrétions membraneuses des intestins, Journal de médecine de Lyon, 1864, p. 166.
3. SiREDEY. — Noie pour servir à Tétude des concrétions muqueuses membrani- Tormes, Bulletins de la Société médicale des hâpitatix, 1868, p. 66.
4. Williams. ~ Chronic croup of the intestin, Dublin quaterly Journal, nov. 1864.