LA SYPHIIJS DE L'ESTOMAC
syphilitique. Rosanow* rapporte l'observation d'un individu présentant depuis huit ans tous les symptômes de Tuicère, y compris les hématémèses et Taccès gastralgique, qui fut guéri par le traitement mixte. Galliard, Fournier', Dubuc\ Dieulafoy* citent des cas analogues.
La syphilis de Testomac se traduit par des expressions cliniques fort variables. Tel malade est considéré comme un dyspeptique rebelle ou comme un gastralgique ; tel autre apparaît comme un cancéreux ; enfm la symptomatologie de Tulcère semble dominer dans les observations connues.
Cette diversité d'allures est telle qu'il n'existe aucun groupement ni même aucune dominante symplomatique qui permettent, pai eux-mêmes, non seulement de diagnostiquer, mais même de soupçonner la syphilis de l'estomac. Pour pencher du côté de ce diagnostic, il faut deux conditions : la première, c'est que le malade soit un ancien syphilitique; la seconde, c'est qu'il soit atteint d'une affection stomacale de vieille date et rebelle à tous les traitements rationnels. Et encore le diagnostic ne pourra-t-il être affirmé avec certitude qu'après le succès du traitement spécifique.
En pratique cependant, quand vous observerez chez un ancien syphilitique les symptômes de l'ulcère stomacal, qu'une minutieuse enquête vous aura démontré que cet ulcère n'a pas été précédé pendant un temps assez long de la phénoménologie propre à l'hypersthénie gastrique avec hyperchlorhydrie, et qu'un traitement bien institué et bien conduit n'aura pas eu raison des accidents, vous avez le droit, tout en continuant le traitement de l'ulcère, d'y associer d'abord un traitement mercuriel que vous ferez suivre de la médication iodurée^ si le premier procure quelque amélioration.
Avec Dieulafoy, je donne la préférence aux injections sous-cutanées d'une solution huileuse de bi-iodure de mercure à 4 p. 4000. Vous injecterez chaque jour dans la région fessière, et avec les précautions antiseptiques les plus rigoureuses, un centimètre cube de cette solution, pendant vingt jours. A ce moment, suspendez les injections ^i commencez Viodure de potassium que vous donnerez à la dose de 2 à4 grammes, si tant est que ces doses soient tolérées par l'estomac et qu'elles ne réveillent pas les symptômes gastriques que les traite-
t. RosAîfow. — La Semaine médicale^ octobre 1890.
1 FocRNiER. — Bulletin de V Académie de médecine^ 18 janvier i898.