‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 14 sur 295 · ET PIGMENTS · texte numérisé non relu

ET PIGMENTS

Couleur normale

Aspect.. transp.

Sédiment urique

Indican très net

Urohématine ! 0

Urobiline ! 0

Uroérythrine.. . . 0

normale transp.

urique absent

Les traits principaux de la première analyse sont : Ténorme augmentation de la nutrition azotée, de l'urée (0.770 par kilogrammeau lieu de 0.400), l'augmentation des échanges sulfurés avec oxydation exagérée, la faiblesse des fermentations putrides dans le tube digestif. Ce dernier caractère peut encore servir d'argument conlre la théorie toxique.

Le résumé sym- Cette obscrvation répond à peu près à la symptoptomtoiogiqu. jjjgiQiQgjg ordinaire des retentissements hépatiques, au

moins dans leur période de congestion ou mieux d'hyperfonction. Cette symptomatologie très typique se résume ainsi : sujet amaigri quoique mangeantbeaucoup, avec une langue généralement bonne; teinte ictérique ou subiclérique de la peau et des muqueuses sans coloration spéciale de Turine ni décoloration des garderobes, cette teinte pouvant à la longue donner au tégument un aspect bistré^; sensation insurmontable de fatigue, de faiblesse, chaque effort étant accompagné de sueurs et suivi d'accablement; somnolence habituelle; sensation fréquente de refroidissement; signes cliniques et chimiques de l'hypersthénie gastrique; foie gros, débordant les fausses côtes dans le décubitus dorsal, douloureux à lapercussion, siège d'une pesanteur, d'une tension, surtout après les repas; coprostase ou diarrhées profuses; crises gastriques plus ou moins fréquentes présentant comme particularité de s'irradier dans rhypochondre droit.

Ltt caractères Daus ics caractèrcs fournis par les échanges, je

des échanges, relèverai surtouti l'azoturiequi prend des proportions souvent énormes, aupointque chez deux malades j'ai pu constater une excrétion uréique de plus de 50 grammes par jour et de 0«',824.par kilogramme de poids; la faiblesse presque constante du rapport de l'acide phosphorique totalàTazote total qui tombe à 13 ou 14 p. iOOau lieu de 18 p. 100 à la normale. Ce dernier caractère indique que les éléments qui fournissent cette énorme quantité d'urée sont riches en azote et pauvres en phosphore, ce qui implique une diminution dans les échanges nerveux. Gettediminution des échanges nerveuxjointe à la grande dénutrition musculaire rend parfaitement compte de l'état d'asthénie dans lequel se trouvent nos malades.

1. Chez run de nos malades, on avail pensé à un début de maladie d*Àddison. Celte apparence ictérique que j'avais déjà signalée dans mes Leçons de 1889-1890 a été de nouveau et récemment décrite sous le nom d'ic tère acholurique.On Tattribue à tort à une insidfisance fonctionnelle du foie, mais il suffit de jeter les yeux sur le tableau n" XLIII, pour se convaincre de Terreur de cette manière de voir.

i-es Celle symptomalologie el ces caractères urologiques

hépatiques sc reocoolreot assez fréquemment chez les enfants. Il

chez les enfants, gt^^j^ j'enfanls voraccs, maigres, mous, au teint pâle et

jaunâtre ou même plombé, aux yeux cernés, accusant une fatigue constante, incapables de travail, qui sont pris à intervalles irréguliers de vraies crises gastriques se jugeant par des vomissements bilieux et quelquefois par de la diarrhée. A l'examen, on trouve un estomac énorme, clapotant, un foie très volumineux, douloureux, et quelquefois même un abaissement du rein. Et l'on esl étonné de voir ce gros foie disparaître avec la plus grande facilité sous Tinfluence d'un régime et d'un traitement appropriés.

, ^. ,. L'ensemble des signes précédents est tellement

Le diagnostic. ^ ^

précis que le diagnostic de cette première phase des retentissements hépatiques sera facile. Ce qui sera plus délicat, c'est de savoir qui, de l'estomac ou du foie, a commencé. Mais dans les hypersthénies gastriques d'origine hépatique il y a, d'abord, les commémoratils révélant Texistence antérieure d'une maladie déterminéedu foie, la lithiase biliaire surtout, puis le chim isme stomacal variable, la présence de pigments anormaux des urines au moment des accès, la stabilité des symptômes hépatiques opposée à rinconstance des symptômes gastriques, tous signes dont l'analyse permettra presque toujours de faire le diagnostic. .

Le pronostic dépend surtout de la précocité du diagnostic; qu'il s'agisse d'adultes ou d'entants, un régime sévère a rapidement raison des troubles hépatiques quand ils sont récents. Cela se conçoit : en effet, à l'époque où il n'y a qu'une suractivité fonctionnelle manifestée par la variation des échanges et les symptômes relatés plus haut, il suffira de modérer l'hyperfonction pendant un temps suffisant pour que tout rentre dans l'ordre. Si le processus a dépassé les limites de la fonction, si le trouble fonctionnel a été prolongé assez longtemps pour qu'apparaissent les linéaments d'une lésion, bien évidemment la guérison sera plus difficile. Mais il est bien rare même que les malades de cette catégorie ne soient pas améliorés par le traitement. Il serait très important de pouvoir différencier cliniquement les troubles purement fonctionnels de ceux qui dépendent d'une lésion anatomique; mais nous ne disposons pas encore des moyens nécessaires et l'influence du traitement demeure le seul critérium que je puisse vous indiquer.

Dans cette question de révolution du retentissement hépatique.

la prédisposilions'impose. Pourquoi, à conditions gastriques égales, tel dyspeptique fera de rhypertropliie fonctionnelle, puis des lésions du foie, tandis que tel autre se bornera à une pure et simple suractivité de l'organe, voilà qui ne peut s'expliquer que par un de ces états de terrain qui sont faits autant d'hérédité que de mystérieuses conditions réactionnelles.

Les cirriio868 Quaud la cirrtiosc est constituée, les troubles

^^y^p^p^^^' gastriques éliologiques passent au second plan et il devient bien difCcile de les distinguer de ceux qui, provoqués par la maladie hépatique elle-même, font partie de sa symptomatologie personnelle. Mais cette coexistence même des troubles dyspeptiques avec une cirrhose constitue une indication thérapeutique dont nous tiendrons compte tout à l'heure. En fait, la vraie thérapeutique est ici prophylactique. Elle consiste à reconnaître et à traiter de bonne heure les retentissements hépatiques fonctionnels afin d'éviter qu'ils ne passent à la période lésionale.

L'ictère simple dyspeptique. — La caractéristique clinique. — Le traitement. — Les purgatifs et le régime. — Les vomitifs. — L'indication anli-dyspeptique. — Le traitement hydro-minéral.

Lictére simple Uu mot sur l'ictèrc simplc dyspcptiquc que

dyspeptique, j^^ ancicns médccins connaissaient bien, que les vieux praticiens savent encore diagnostiquer et traiter, mais qui a disparu de Tenseiîînemenl et des livres classiques depuis que Ton a fait ligurer, à tort selon moi, la théorie de l'infection dans la palhogénie et dans l'étiologie de tous les ictères.

Sans m'inquiéter des théories et en restant dans les limites simples du fait, je puis vous assurer qu'il existe un ictère, d'origine exclusivement dyspeptique, qui fait partie du groupe désigné jadis sous le nom d'ictère simple ou catarrhal, mais qui diffère des autres constituants de ce groupe par son étiologie et par son traitement. Je ne veux pas me donner la tâche ingrate de rechercher si cet ictère procède d'un catarrhe cholédoque consécutif au calan*he duodénal dont la dyspepsie gastrique serait la cause, ou s'il est dû à une irritation directe du foie par les produits résorbés de fermentations gastriques anormales, ou si quelque coli-bacille vient faire sa

partie avec l'un et l'autre des processus précédents ; car tout cela ne sert ni le diagnostic, ni le traitement.

u caractérisuqiia Sachous seulcHient quMl existe un ictère simple oiiniqae. cliniquemcnl lié à des troubles dyspeptiques; que ces derniers ont précédé de longtemps l'apparition de la jaunisse ; que, quand celle-ci est apparue, les troubles gastriques ont changé de type ; que de l'apparence hyperslhénique, par exemple, ils ont passé au type des fermentations, et qu ainsi ces troubles gastriques figurent, avec une intensité et une continuité remarquables, à la fois dans les antécédents et dans la symptomatologie de cet ictère.

, ^ ^ , Quand vous aurez sous les yeux un ensemble

Le traitement. , ^

clinique de cette allure, ne donnez pas le régime lacté absolu comme on le conseille aujourd'hui de si banale façon dans tous les ictères et gardez-vous de Vantisepsie digesUve.

Les purgatifs Débutcz par Ics purgatifs doux, Y huile de ricin

et le régime, p^^ exemple ; puis alimentez doucement avec des poissons légers (merlan, sole, truite de rivière, etc.), un peu de poulet rôti bien cuit et haché, des œufs à la coque et des légumes herbacés bien cuits. Comme boisson, de l'eau très chaude ou telle infusion aromatique chaude dont s'accommodera le mieux le goût du malade. Puis revenez aux purgatifs à la moindre apparence de constipation.

Lesvomitus Quand la langue est très saburrale, l'haleine forte,

l'anorexie plus ou moins complète, le purgatif est

insuffisant, et c'est par un vomitif qn'ïl faut commencer le traitement.

Vous l'administrerez alors suivant les indications déjà données à

propos du traitement des fermentations gastriques^

Us médications Après ccttc première phase du traitement, guidezd a Tu es ^^"^ P^^^ ^^ choix de la médication sur la forme de dyspepsie que l'examen clinique du malade et même, à l'occasion, l'analyse du chimisme stomacal vous révéleront.

Le traitement Et quand l'iclère s'atténuera, quand l'urobiline

hydro-minéral, p^nt^ placer j^ \^ bilirubine dans l'urine, vous pourrez

ordonner une cure hydro-minérale appropriée à la forme de dys-

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