‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 203 sur 295 · LES COMPLICATIONS ET 1 E DIAGNOSTIC DU CANCER DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

LES COMPLICATIONS ET 1 E DIAGNOSTIC DU CANCER DE L'ESTOMAC

durèrent que 3 à 4 mois. D'autre part, Rendu a observé une durée de 5 ans, et un malade de Dujardin-Beaumetz aurait survécu 7 années. L'encéphaloïde et le colloïde ont une marche plus rapide. Le cancer de la petite courbure ou des faces a une durée plus longue que celui des orifices. Toutes réserves faites sur la survenance des complications, le traitement médical peut retarder le dénouement fatal.

Le diagnostic général. — Le diagnostic des formes anormales. — Le

cancer des jeunes et des femmes enceintes. — Le cancer avec œdèmes, ascite ou vomissemenls fécaloïdes. — Le diagnostic différentiel. — Les dyspepsies. — Les gastrites chroniques. -— L'ulcère simple. — L'anémie pernicieuse. — La neurasthénie gastrique. — Les cachexies graves. — Les erreurs dues à la tumeur. — Les cancers du foie, de la vésicule, du pancréas, du duodénum, de Tintestin. — La lithiase biliaire. — L'anévrysme de l'aorte. -- Les scybales. — Les erreurs dues aux métastases précoces. — Le diagnostic du siège.

Lediapostio Le diagnostic du cancer de l'estomac est facile

général.

quand se trouvent réunis l'anorexie, la teinte jaune paille, la cachexie, la douleur épigastrique, les vomissements noirs, la tumeur, l'adénopathie cervicale * et l'absence d'HCl libre dans le contenu gastrique. 11 est facile aussi dans les cas très rares où, en l'absence de quelques-uns des éléments de ce syndrome, on découvre des fragments cancéreux dans les vomissemenls. Mais, bien souvent, le syndrome est incomplet ou obscurci par des prédominances symptomatiques et des complications : le diagnostic devient alors d'une réelle difficulté.

Il y a même des cas où, par suite de l'inlégrilé des orifices et de la muqueuse, du petit volume de la tumeur, du faible degré des troubles digestifs, le cancer demeure latent ainsi que Ciiesnel* et A. GuiLLON^ en ont rapporté des observations. D'autre pari, les faux

1. SouPAULT et Labbé {Bulletins de la Société médicale des hôpitaux, juillet 1899) élèvent des doutes sur la valeur diagnostique do radénopathie cervicale. Elle ne serait pathognomonique que si la préseace d'éléments cancéreux dans les ganglions est histologiquement établie.

2. Chesnel. — Etude clinique sur le cancer latent de Testomac, Thèse de Paris.

3. A. GuiLLON. — Du carcinome latent de l'estomac et du carcinome à forme fruste, Tlièse de Paris, 1888. — Dans les 10 observations citées, les affections qui ont masqué le rancer sont : Tapoplcxie foudroyante, le ramollissement cérébral, l'anémie grave, la péritonite, le rhumatisme articulaire, l'iafectioQ purulente, les lésions du foie, l'arthritisrae, les lésions du cœur.

cancers de Testomac sont bien plus nombreux qu'on ne pense*. Je vous en ai cité plusieurs observations% et il ne se passe guère d'années sans que j'en conslate de nouveaux cas. Les erreurs les plus fréquemment commises sont celles qui porlent sur la forme perraanenle et cachectique de la dyspepsie hyperslhéniquc permanenle, l'ulcère simple, la gastrile chronique, la lyphlite tuberculeuse (Auscher), l'anémie grave, etc. Enfin G. Frénoy a réuni 13 observations dans lesquelles on avait porté le diagnostic de cancer et qui furent suivies deguérison.

Tout ceci équivaut à dire que, s'il est nécessaire, au point de vue de rintervention chirui'gicale, de reconnaître le cancer le plus tôt possible, il faut bien se garder d'une affirmation précipitée et ne conclure qu'avec l'appui d'un ensemble suffisant de signes, après avoir régulièrement éliminé les hypothèses contradictoires. En principe, toutes les fois que mon diagnostic oscille entre une maladie incurable comme le cancer et une maladie curable pouvant le simuler, je conclus aussitôt du côté de l'hypothèse la plus favorable, parce que celle-ci légitime une thérapeutique d'espérance, tandis que le cancer ne comporte qu'un traitement de désespoir. On m'objectera qu'en agissant ainsi on perd du temps et on relarde l'intervention chirurgicale; mais j'ai eu trop souvent à me louer de cette pratique pour la changer. En outre, je ne conseillerai jamais d'intervenir tant que le diagnostic ne sera pas indiscutable; ma pratique est, sur ce point, en contradiction avec les tendances de la chirurgie contemporaine et avec la règle posée par GuiNARD : a Au principe stérile de la précocité du diagnostic, dit-il, il faut substituer celui de la précocité de la laparotomie exploratrice. >

Le diagnosuc Aiusi il y a dcs cancers latents, des cancers

tonnes ^^ormaies. l^i^vés OÙ la prépondérance des complications ou des

signes d'une affection concomitante masque l'expression symptomatique propre de la maladie, et des cancers frustes où manquent tels des signes ordinaires de la néoplasie\ Il y a, enfin, de faux cancers de l'estomac. Le diagnostic devra tenir compte de toutes ces anomalies.

Le cancer Lc cauccr dcs jcuncs. cst d'uu diagnostic parti-

des jeunes. ,.. . ,.. ** __ . ^, . \

culièrement dehcat, et Marc Mathieu a bien mis en

L G. pRÉifOT. —Contribution à Tétudedes faux cancers de restomac, Thèse de Paris,

Page 1