LBS INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES ET LE TRAITEMENT
Les retentissements urinaires. — L'albuminurie dyspeptique. — ^
L'albuminurie dite ph3rsiologique n'existe pas. — L'albuminurie dyspeptique, origine possible du mal de Bright.
j^ Dans les Leçons consacrées aux dyspepsies, j'ai
™*!™f*«^«™^'*» étudié les modificalions que chacune d'elles imprime à
urinaires. ' ^
la composition de Turine, afin d'en tirer des indications diagnostiques et thérapeutiques. Mais nous devons revenir à présent sur deux de ces modifications qui constituent, quand elles :^e présentent, de véritables retentissements urinaires ayant leur clinique et leur traitement personnels.il s'agit de l'albuminurie dyspeptique dont nous nous occuperons aujourd'hui et des émissions d'urine laiteuse ou phosphaturie terreuse dyspeptique qui feront l'objet de la prochaine Leçon.
L'aibnminnrie Divcrs auteurs out sigualé depuis longtemps la pré-
dyspeptique. gencg jç l'albumine dans l'urine au cours des étals
dyspeptiques, et au Congrès de Nancy, en 1896, Arnozan en a fait
l'objet d'une description particulière. Mais, outre que tous les médecins sont loin d'admettre cetle variélé d'albuminurie, d'autres qui voient toujours dans l'albuminurie Texpression d'une lésion rénale se refusent à reconnaître son caractère essentiellement fonctionnel. Certains, enfm, la font dépendre de l'irritation superficielle du rein par l'éliminalion d'hypothéliques toxines. D'un autre côlé, parmi ceux qui sont le plus convaincus de la réalité des albuminuries fonctionnelles dyspeptiques, personne n'a donné les caractères cliniques à l'aide desquels on peut sûrement les distinguer ; car il ne suffit pas de la coïncidence d'une albuminurie même minime avec des troubles dyspeptiques pour subordonner celle-ci à ceux-là et élablir une relation de cause à effet.
L'aibaminiirie En fait, le diaguostic d'albuminurie dyspep-
phyiioioflique. tîquc u'cst prcsquc jamais posé, sans compter qu'elle n'exiite pas. ^gj mécounuc daus deux cas sur trois^ et, quand on reconnaît la présence de l'albumine, on la considère soit comme lésionale ou brightique, soit comme cyclique, intermittente ou physiologique. J'ai déjà vivement combattu cette notion de Talbuminurie dite cyclique qui continue à être admise à tort par quelques théoriciens. En réalité, elle n'existe pas comme espèce morbide et tout ce qui a été publié sur elle se rapporte aux albuminuries fonctionnelles gastrique, phOsSphalurique*, etc.
Prenant au hasard, dans mes dossiers, 30 observations de malades déclarés albuminuriques cycliques ou physiologiques, je trouve 24 dyspeptiques et 6 phosphaturiques. Cette statistique sommaire serait aisément augmentée, mais ma conviction est désormais faite : l'albuminurie dite physiologique ou cyclique est destinée à disparaître du cadre nosologique, et son diagnoslie suppose toujours un examen incomplet du malade. En dehors des 30 cas ci-dessus, combien pourrais-je citer, d'après mon observation personnelle, de ces soi-disant cas d'albuminurie cyclique qui étaient des albuminuries phosphaturiques, des albuminuries nerveuses (Dignat-), des albuminuries passagères dues à l'élimination temporaire d'une urine chargée d'acide uriquc ou d'oxalale de chaux, ou qui encore étaient créées de toutes pièces par un mauvais réactif ou un examen insuffisant! Je n'en excepte même pas l'albuminurie dite physiologique des nouveau-nés, car j'ai démontré en 4876 qu'elle
1. Albert Robin. —Des albuminuries phosphaturiques. Classification et traitement, Bulletin de V Académie de médecine^ 1891.