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DiGNAT. — Bulletin général de thérapeutique

l/ALBUMINimiE DYSPEPTIQIE 593

n'existait jamais chez les Douveau-nés tout à fait bien porlants*. QuaDt à ralbuminurie dite orthostatique% qui a fait l'objet de communications récentes à la Société médicale des hôpitaux, je ne la nie pas, mais tous les cas que j'ai observés jusqu'à présent rentraient dans les albuminuries dyspeptiques et nerveuses.

iattramiDorie H 6st inutile d'iusislcr sur la nécessité de recon-

Jj^T'îi^ie °^^^i*^ ^^ boone heure l'albuminurie dyspeptique,

do d'abord parce qu'elle est curable quand on la traite

mal de Bright. . . ^

comme il convient, puis parce que, fonctionnelle et secondaire pendant un temps assez long, elle peut devenir plus lard lésionale et aboutir à la maladie de Bright. Depuis longtemps, je considère le mal de Bright non comme une maladie essentielle, mais bien comme l'acte morbide terminal de plusieurs états morbides antérieurs, comme la période ultime de plusieurs maladies qui peuvent demeurer longtemps fonctionnelles. L'attention des observateurs doit donc se concentrer sur la recherche des troubles fonctionnels dont le mal de Bright peut devenir, à un moment donné, la complication anatomique, sur leur diagnostic précoce, puisque c'est à ce moment seulement que ce mal de Bright en puissance est justiciable d'une thérapeutique rationnelle, tandis que le Iraitemenl de la maladie confirmée donne l'exemple frappant de l'incertitude qui gouverne la thérapeutique des lésions établies.

I. Parrot et Albert Robin. — Études pratiques sur Purine normale des nouveau-nés. Applications à la physiologie et à la clinique. Archives générales de médecine, 1876.

i. BOUHCY, MERKLEN, WiDAL, MlLLARD, A. SiREDEY, RENDU, SEVCSTRE, ACUARD et

LoessER. — Dullelins de la Société médicale des hôpiiau,i\ juin 1U00. Voir aussi les recherches de J. Teissier.

an

La clinique et le diagpiostic de Talbuminurie dyspeptique. — Les rapports de l^albuminurie avec les dyspepsies. — L'étude du chimisme stomacal. — La symptomatologie générale. — L'absence de symptômes brightiques. — Les signes urologiques. — La yariabilité de ralbumiaurie. — L'influence des alimenls. — L'influence du repos. — La nature de l'albumine. — Les autres caractères de l'urine. — Les sédiments urinaires. — Les échanges généraux. — Les échanges respiratoires. — Les opérations du diagpiostic.

Pour reconnaître l'albuininurie dyspeptique, je de rauraminiirie VOUS disais tout à Theure qu'il ne suffit pas de constater les dyVApstot. Texislence simultanée de troubles dyspeptiques et de

l'albuminurie, parce que souvent des crises d'hyperslhénie surviennent au cours de la maladie de Bright confirmée.

II est donc nécessaire de rechercher s'il y a des caractères assez personnels à cette albuminurie pour qu'il soit possible de l'individualiser. Ces caractères existent, ainsi que je vais vous le démontrer en m'appuyant sur la clinique, sur l'examen du suc gastrique, sur la chimie urinaire et sur le chimisme respiratoire.

Quand vous diagnostiquez l'hyperslhénie gastrique, ne manquez jamais d'examiner les urines et quand, d'autre part, vous trouvez de Falbumine dans une urine, ne négligez jamais l'étude des fonctions gastriques et Texamen direct de l'estomac. Lorsque, avec une albuminurie minime, coexiste Thypersthénie gastrique révélée par ses signes essentiels (HGl en excès dans le contenu stomacal, conservation ou exagération de l'appétit coïncidant avec l'aspect amaigri ou déprimé du sujet, distension variable de l'estomac, hypertrophie fonclionnelle et variable du foie, coprostase, crises gastriques), vous avez déjà un indice important.

Pour vous donner une idée de la fréquence de celte complication, sachez que, sur 1585 cas de dyspepsie hypersthénique , associée ou non aux fermentations gastriques, elle a. été trouvée 308 fois, soit chez 19,5 p. 100 des malades. Ces 308 observations se décomposent ainsi : 113 malades, soit 36,7 pour 100, ont été considérés comme des brightiques se répartissant de la manière suivante :

"ï-wi

L'ALBUMINUaiE DYSPEPTIQUE 595

Nombre de cas d'hyperstbénie. • 1585

AUraminurie constatée 308, soit 19,5 7o

— considérée corome brighiique 1 13

— — — d*origine inconnue 60

— — — — scarlatineuse. 26

— — — — puerpérale. . . 8

— — — — angineuse ... 5

— — — — alcoolique... 4

— — — — graveleuse. . . 3

— — — — rubéolique . . 3

— — — — tuberculeuse. 2

Chez ces iiâ malades, les troubles gastriques passaient au second plan et n'ont été reconnus qu'au moment de Texamen systématique. Les sujets se croyaient brightiques et étaient traités comme tels. Chez les 185 autres, c'étaient, au contraire, les troubles stomacaux qui avaient retenu toute l'attention et l'albuminurie avait été méconnue. Ajoutons que quelques-uns de ces malades ont été pris pour des neurasthéniques.

Existe-t-il une variété de dyspepsie hypersthénique dans laquelle Talbuminurie soit plus fréquente ? En principe, elle se rencontre beaucoup plus dans les formes aiguës et permanente simple que dans les formes cachectiques ; à peine un dixième de mes malades touchaient-ils la période de déchéance. En outre, sur 85 cas où l'on a fait l'examen dif chimisme stomacal, il y avait 80 fois des fermentations gastriques antérieures ou secondaires à rhypersthénie,soit94 p. 100. Il est difficile après cette constatation de ne pas faire aux fermentations une part dans i'étiologie de l'albuminurie dyspeptique, d'autant que je l'ai observée aussi dans des cas où ces fermentations avaient un caractère nettement primitif.

u fréquence ^^ ^'^^^ f^^^' remarquer aussi que l'albuminurie

les^L dyspeptique est beaucoup moins commune chez les adultes et les vieillards que chez les enfants et les adolescents où elle a encore été décrite sous le nom d'albuminurie de <îroissance. P. Londe, mettant au premier rang l'influence de l'hérédité, la considère alors comme une albuminurie familiale ^ On a donc invoqué tour à tour, pour l'expliquer, des conditions latérales telles que la croissance, Thérédité, l'aithritisme, la position debout, le mouvement, etc., conditions qui prennent, suivant les cas,

1. p. LOHDE. — De l'albuminurie familiale, Archives générales de médecine, 1899.

quelque part prédisposante ou déterminante dans son étiologie, et ron a méconnu l'élément morbide dyspeptique dont l'absolue constance est suffisante pour la caractériser.

Lechimisme Le chimismo stomacal de ces malades, tout en

stomacal. rappelant dans la plupart des cas par ses traits essentiels ceux de la dyspepsie hyperslhénique et des fermentations gastriques primitives ou secondaires, offre cependant certaines particularités qui paraissent se rencontrer plus spécialement dans les cas compliqués d'albuminurie. Voici le résumé de 85 analyses :

Acidité totale de P%dO à 69',30. — Moyenne, 3«',29 HCl libre ... de 03%95 à 49%35. — Moyenne, i^^'^i

Acides de fermentation dans 80 cas

Acide lactique dans 45 —

— butyrique dans 25 —

— acétique dans 15 —

Mucine Toujours absente.

Albumine coagulable par la chaleur dans. . . 65 cas

augmentées dans 45 —

Syntonines { normales dans iO —

diminuées dans 30 —

augmentées dans 15 —

Peptones ^ normales dans 51 —

diminuées dans 19 —

Sucre • A peu près normal.

Digestion / bonne dans 9 cas

des I mauvaise dans 31 —

féculents ( très mauvaise dans 45 —

Les dominantes de ces analyses sont :

1* Le chiffre élevé de l'acidité totale et de l'HCl libre ; 2** La presque constance des fermentations ; S"" La présence habituelle d'albumine coagulable par la chaleur, c'est-à-dire n'ayant pas subi l'action du suc gastrique; 4° La mauvaise digestion des féculents.

La La symptomatologie générale n'offre rien de

Bytoptomatotogie caractéristique. Tantôt ce sont les symptômes gastriques

qui dominent; tantôt les sujets se déclarent parfaitement bien portants; tantôt, enfin, ils attirent l'attention du médecin sur un ou plusieurs symptômes déterminés qui les inquiètent et

pour lesquels ils viennent demander un avis. Ces symptômes sont, pai* ordre de fréquence :

]• Sensation de fatigue générale, d'épuisement, coïncidant généralement avec de l'inaptitude intellectuelle (121 cas);

2' Stigmates isolés ou associés de neurasthénie dont le médecin inattentif porte aussitôt le diagnostic (iiO cas);

3* Amaigrissement sans cause apparente et malgré le maintien de Tappétit (92 cas) ;

4' Pâleur tout à fait marquée de la face, ou air fatigué, mauvaise mine qui frappe le malade ou son entourage (88 cas) ;

5* Céphalalgie, céphalée, migraine, lourdeur de tête (62 cas);

6" Dermatoses diverses, eczéma, urticaire, acné, dermatite exfoliatrice, etc. Plusieurs malades m'ont été adressés par E. Besnier avec le diagnostic : < Dermatose dont on doit rechercher la cause dans un trouble de la nutrition. > (45 cas);

T Intermittences, palpitations du cœur, ai^thmie, crises pseudo-angineuses (37 cas) ;

8" Vertiges, sensation de vide dans la tête (32 cas). Dans 7 de ces cas, le vertige a été pris pour de Turémie;

9" Sensation perpétuelle de refroidissement général ou partiel (30 cas);

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