LES CONTUSIONS ET LES PLAIES
JLes contusions de restomac. — La contusion simple. — La contusion profonde. — L'étiolo^e et la pathogénie. — Les résultats de Texpérimentation. — La question de Tulcére simple traumatique. — Les traumatismes et le cancer.
Us oontnsions L'estoiTiac peut êlrc contusionné par un corps
de restomac. étranger contenu dans sa cavité, par le choc d'un corps
<:ontondant ou par une chute sur la réjçion épigastrique. Il peut êlre
perforé par un instrument tranchant ou par le projectile d'une
arme à feu.
Nous avons vu dans la précédente Leçon combien la muqueuse gastrique tolérait facilement le traumatisme incessant réalisé par la présence d'un corps étranger. 11 nous reste à examiner ce qu'il advient quand la région épigastrique est le siège d'une plus ou moins violente contusion.
xesformesouniqaes Daus uombre de cas, les muscles droits de Tabdo- Les corsions ^^^ protègent assez les organes sous-jacenls pour simples. que tout se borne à des lésions superficielles de la paroi abdominale et à quelques accidents réflexes résultant immédiatement du choc. Mais parfois aussi ces accidents réflexes, la douleur épigastrique vive, les lipothymies, la syncope, prennent une importance formidable, au point d'amener la mort subite.
Les contiuioiis Quand le Iraumalisme a provoqué des conliisions
profondes. profondes, que Teslomac se trouve lésé, qu'observe-t-on?
Pour Testomac comme pour rinlestin, il peut y avoir une désorganisation sérieuse de l'orçane, un foyer contus étendu, sans que, au premier abord, des phénomènes bien précis viennent en démontrer Texistence. Les symptômes douloureux sont mis sur le compte de la contusion de la paroi et la gastrorrhagie peut manquer. Il convient donc, en présence des contusions violentes de la région épigastrique, de se comporter comme si l'estomac était touché et d'imposer au malade le repos absolu au lit, la compression méthodique du ventre, la diète des boissons et des aliments, la glace sur l'abdomen et les opiacés à l'intérieur. Il faut appliquer le traitement d'attente qui s'impose à la suite des traumalismes abdominaux et surveiller le malade très attentivement pour être prêt à intervenir chirurgicalement aux premiers symptômes de perforation. On ne peut, en aucune manière, séparer ici la pathologie stomacale de la pathologie intestinale; rien ne permet de savoir d'emblée si l'intestin n'est pas en cause et les symptômes immédiats ne renseignent nullement sur la gravité réelle du traumatisme; or c'est la possibilité d'une rupture ou d'une fissure intestinales qui fait la gravité de ces cas qui sortent de mon cadre et relèvent uniquement de la chirurgie.
Ainsi voilà une première catégorie de faits dans lesquels, à la suite d'un violent choc épigastrique, les symptômes vraiment gastriques font défaut et où seule l'observation attentive du malade, pendant plusieurs jours, permet de savoir s'il n'y a pas, soit du côté de l'estomac, soit du côté de l'intestin, des lésions sérieuses pouvant conduire à une péritonite généralisée ou à un abcès local.
Assez souvent, au contraire, le traumatisme est suivi, immédiatement ou dans les vingt-quatre premières heures, de symptômes qui ne laissent aucun doute sur la réalité d'une contusion de l'estomac. Des douleurs profondes au niveau de l'estomac, accompagnées de vomissements incessants ou tout au moins de nausées et d'une impossibilité de garder aucune alimentation, des hématémèses d'importance variable démontrent que la paroi gastrique est lésée. Quand le malade succombe, on trouve dans la paroi stomacale un foyer de contusion avec infiltration sanguine sous-muqueuse.
L'éuoiogie Ccs coutusious succèdcut asscz souvent à un coup
et apa og e. ^^ ^^^^ violcut au uivcau de l'épigastre ; d'autres fois il
s'agit d'un coup de pied de cheval, du choc d'un timon de voiture,
d'uâe chute sur l'angle d'un meuble, sur une marche d'escalier, etc.
Parque! mécanisme Teslomac est-il lésé? Oq conçoit qu'il puisse èlre comprimé violemment entre le corps contondant et la face antérieure de la colonne vertébrale : c'est alors un véritable écrasement. On comprend encore que, si Testomac est rempli d'aliments et de gaz au moment du traumatisme, le choc pourra déterminer un éclatement par élévation brusque de la pression dans la cavité stomacale. Ces deux mécanismes semblent plus vraisemblables que le redressement brusque de la grande et surtout de la petite courbure sous l'influence de l'impulsion subie par l'estomac (Potain).
léTohiuon Dans la majorité des cas, l'évolution de ces foyers
dts aooidents. jg coutusion cst très nette. Pendant un temps variable (quelques jours à quelques semaines), Testomac reste intolérant, douloureux et quelques hématémèses se produisent. Les douleurs ont tous les caractères des douleurs vives de l'ulcère, avec irradiation dans le dos; l'intolérance se traduit par des vomissements spontanés ou provoqués par des tentatives d'alimentation; les hématémèses' apparaissent quelques instants ou quelques heures après l'accident : elles peuvent aussi èlre plus tardives, ne se faire qu'au bout de trois ou quatre jours; enfin la pression détermine une vive douleur en un point limité de la surface stomacale. — Puis tous ces symptômes s'atténuent et en quinze jours, un mois, la guérison est obtenue.
i^, La clinique est ici tout à fait d'accord avec l'expé-
réraïuude rimcntatiou qui nous montre, avec une constance remarquable, la guérison rapide et facile de toutes les solutions de continuité artiiiciellement produites sur la muqueuse gastrique, môme quand la perte de substance s'étend jusqu'à la musculeuse. Cohnueim ' a réussi à conserver en vie quelques animaux auxquels il avait injecté du chromate de plomb dans les artères coronaires stomachiques; les ulcères ainsi formés parnécrobiose ont toujours été trouvés guéris au bout de trois semaines. Même observation pour les ulcérations traumatiques réalisées par ScHiFF, QuiNCKE^ (chicusà fistule traumatisés directement), Decker* (ulcérations par ingestion d'eau chaude), Ritter ^ (contusions épigastriques expérimentales), Pavy* (ablation d'un fragment de