Pavy. — Gui/i Hospilal Heporls
LES TRAL'MATISMES DE L'ESTOMAC 1121
muqueuse). Bien plus, Matthews* a vu la guérison se faire alors même que la perte de substance était maintenue béante par la fixation de la paroi stomacale sur un petit cadre rigide.
Les plaies contuses de la muqueuse gastrique, dans les conditions cliniques ou expérimentales, guérissent donc avec la plus grande facilité.
u question Pourlaut il cxistc dans la science un certain nombre
de rnioère simple d'obscrvatious d'ulcères simples ayant succédé à des
trsmiuitiqae.
traumatismes de l'estomac; ces faits sont rares, comparés à ceux où la guérison est survenue rapidement; mais on ne peut les passer sous silence et il faut les expliquer.
Une partie de ces faits concernent sans aucun doute des ulcères simples, antérieurs au traumatisme, mais latent^;, à révolution desquels le traumatisme a imprimé une poussée nouvelle. Dans d^aulres cas, rétude attentive du malade permet d'éliminer cette éventualité, et on se trouve en présence d'un ulcère simple apparu nettement à la suite d'une contusion stomacale. Les faits de Potain', Leube% Vanni*, Richardière% Stern" semblent vraiment démonstratifs. Dans tous ces cas, le traumatisme épigastrique, survenu chez des individus indemnes de tout symptôme digestif antérieur, a" déterminé les symptômes habituels des ulcérations traumatiques ; mais la cicatrisation ne s'est pas faite et, dès ce moment, on a assisté à la lente évolution d'un ulcère classique. Dans un cas de Potain, l'autopsie faite huit ans après le début des accidents a montré un large ulcèi^c localisé à la petite courbure.
Les observations publiées sont malheureusement très incomplètes. Dans aucun cas, on n'a pu suivre le malade à toutes les périodes : avant le traumatisme, dans la phase aiguë, dans la phase chronique, à la phase terminale. La part de l'hypothèse demeure donc bien grande dans l'explication des faits précédents.
Ce qui semble le plus vraisemblable, c'est d'admettre l'existence, antérieurement au traumatisme, d'une dyspepsie hyperslhénique permanente avec hyperchlorhydrie qui met obstacle à la cicatrisation normale de la perte de substance'. Cliniquement, cette hypothèse est d'accord avec le fait de la constance de l'hyperchlorhydrie chez les
1. Matthews. — Beitrâge zur path. Anatomie und allgemeinc Physiologie, t. XIII, 1893.