‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 25 sur 295 · Cloetta. — Archives générales de médecinef novembre · texte numérisé non relu

Cloetta. — Archives générales de médecinef novembre

Les leucocytes, malgré leur constance, ne me paraissent pas avoir de signification ; peut-être traduisent-ils une légère irritation des voies urinaires par les autres éléments sédimenteux ou par l'urine elle-même qui est quelquefois assez dense; peut-être aussi sont-ils Torigine d'une partie, au moins, de la globuline urinaire.

L'oxalate de chaux m'a paru affecter certaines relations avec les fermentations gastro- intestinales.

Les phosphates calciques, les urates et Tacide urique ne piêlenl matière à aucune considération.

EnGn on remarquera que, dans les albuminuries digestives, il n'y a pas de cylindres, même hyalins; au moins n'en ai-je rencontré que dans 2 p. 100 des cas ; encore s'agissait -il, alors, de ces albuminuries déjà avancées et frisant la lésion que l'on pourrait dénommer : albuminuries digestives prébrightiques.

lm échanges Lcs échangcs géuéraux présentent une grande

« *"" irrégularité, et j'ai beau compulser les analyses, je ne puis eo tirer une formule univoque applicable au plus grand nombre des cas. La moyenne arithmétique des chiffres de ces analyses n'a rien qui réponde à la réalité. Cependant certains éléments apparaissent plus fréquemment et forment une sorte de syndrome nutritif qui comprend: l'augmentation des échanges azotés el du coefficient d'oxydation azotée; une tendance à la phosphaturie, à l'élévation du rapport Ph^O* : Azote total el du rapport des phosphates terreux aux phosphates totaui, à l'augmentation du coefficient de déminéralisation el du rapport du chlore à l'azote total. Ce syndrome n'a pas de relation directe avec l'albuminurie dyspeplique, puisqu'il n'existe pas dans tous les cas et que celle-ci se manifeste quelquefois avec un syndrome tout à fait opposé. Toutefois l'augmentation du coefficient de déminéralisation et du rapport de l'acide phosphorique lié aux terres à l'acide phosphorique total est tellement fréquent qu'il est difficile de ne pas lui faire jouer un rôle dans la genèse de cette albumiourie.

Leséchanges Lcs échaDges respiratoi TCS out été étudiés avcc

'**'*'*^*"* l'aide de Maurice Binet chez dix malades. Dans huit cas, les échanges sont abaissés ; ils sont normaux dans un cas, uh peu augmentés dans le dernier. Presque toujours, la diminution lient à un amoindrissement de la ventilation. Le quotient respiratoire esl abaissé dans sept cas, normal dans deux cas, augmenté dans un seul. L'oxygène fixé par les tissus est augmenté dans huit cas,

diminué dans les deux autres. En somme, tendance marquée à la diminution des échanges avec augmentation deToxygène fixé par les tissus.

Les opérations Après ccltc étudc détaillée de la symptomatologie

dia **°8U ^^ ralbuminnrie dyspeptique, son diagnostic se présente avec une grande simplicité et peut se résumer dans les opérations suivantes :

1" L'albuminurie une fois constatée, rechercher immédiatement les symptômes de Thypersthénie gastrique et confirmer le diagnostic par l'analyse du contenu stomacal après repas d'épreuve.

2** S'enquérir ensuite des symptômes associés afin de les rapporter à leur véritable cause.

3" Rechercher si l'albumine manque dans les urines du réveil, si elle est intermittente ou constante dans l'urine de la digestion ou si elle existe dans toutes les émissions.

4** Etudier si le repos au lit la fait disparaître, même dans l'urine de la digestion, et quelle influence exercent sur elle les diverses alimentations lactée, animale, végétale.

5" Déterminer si l'albumine est de la serine pure ou si elle ne renferme que des traces de globuline.

6° Les autres caractères tirés de l'analyse des urines, de la chimie des échanges et du chimisme respiratoire viendront confirmer Je diagnostic; mais ils sont trop difQciles à fixer pour entrer utilement dans la pratique, puisqu'ils nécessitent des connaissances chimiques étendues, l'habitude des recherches et un laboratoire. Cependant l'excès des phosphates terreux, la coïncidence de la glycosurie dans l'urine de la digestion, l'élévation du coefficient de déminéralisation, qui sont plus faciles à reconnaître, fourniront d'utiles indications complémentaires.

Les incertitudes de la pathogénie. — L*hypothèse des toxines. — La sériation des éléments morbides. — Leur interprétation pathogénique.

Les incertttades ^^ dcvrais maintenant vous exposer la pathogénie la atho énie ^^ ralbuminurie dyspeptique et tirer de cette pathogénie des indications ihéropeutiques. En effet, c'est ainsi que l'on a coutume de procéder : on recueille des faits, on cherche leurs points de contact et on généralise plus ou moins hâtivement les résultats d'une observation forcément limitée. Puis, avec une apparente mais spécieuse logique toujours asservie aux passagères idées régnantes, on force les analogies pour établir la sériation des éléments morbides du schéma que Ton a créé, et l'on entre en possession d'une théorie pathogénique qui, malgré les enseignements que devrait fournir l'effondrement de celles qui l'ont précédée, demeure pour un temps le point d'attache d'actions thérapeutiques aussi incertaines et aussi peu durables que le système dont elles sont issues*. Cette manière de faire de la pathogénie, encore qu'on relaye solennellement de quelques recherches destinées à la vérifier et qu'on la décore du titre d'expérimentale, n'a rien qui me séduise, etsi, par esprit d'imitation, je me hasarde quelquefois à tomber dans ce Iravers, je suis toujours bien décidé à ne considérer ma théorie que comme une manière de résumé temporaire dont j'aurai le devoir de me débarrasser dès que de nouveaux faits en montreront l'inexactitude.

C'est vous dire qu'aucune des théories qui se présentent à Tesprit pour expliquer l'albuminurie dyspeptique n'est satisfaisante.

On pourrait invoquer les hypothèses quiont été proposées pour expliquer les albuminuries fonctionnelles qu'il faudra bien se résigner un jour ou l'autre à admettre. Ces hypothèses sont : le trouble mécanique de la circulation rénale, le trouble nerveux expérimentalement démontré par Claude Bernard, l'irritation rénale par les soi-disant loxines gastriques, la destruction globulaire exagérée, l'arthrilisrae, etc.

1. Albert Robin. — Traitement de ralbuminurie dyspeptique, Bulletin général de tkiropeulique, 1898.

if

L'hypothèse En somme, avec les idées régnantes, c'est encore

des toxines, j'hypothèsc des toxines qui satisfait le plus grand nombre. Elle a été exposée avec un grand talent par Arnozan au Congrès de Nancy * et par J. Teissier dans un remarquable article sur le régime des albuminuriques \ J'avoue cependant qu'elle ne me parait reposer sur aucune preuve sérieuse. En effet, ces toxines, il faudrait au moins démontrer leur existence, ce qui n'a pas été fait d'une manière décisive. Comment conçoit-on que Kussel moi nous n'ayons pas trouvé ces toxines dans des cas d'hypersthénie permanente et notamment dans ceux qui étaient compliqués d'albuminurie? Cette non-toxicité du contenu stomacal ruine complètement la théorie de l'auto-intoxication. J. Tessier a si bien senti l'incertitude de la théorie des toxines qu'il ajoute : € Mais peut-être ne faut-il pas écarter absolument l'idée du passage à travers le rein de matières proléiques insuffisamment comburées ou introduites en trop grandes proportions dans l'estomac. »

Lasérutioii Cctlc dernière hypothèse me paraît déjà plus con-

^'"ortïdes*" forme à la réalité des faits et nous allons chercher, en

de raihumtaarie reprenant les traits principaux des troubles de nutrition

constatés au cours des albuminuries dyspeptiques, à constituer un groupement qui serre les faits de près et laisse autant que possible de côté toute conception doctrinale. Ces traits principaux sont les suivants :

1* Du côté du p rocessus digestif, la présence d'une quantité notable d'albumine coagulable par la chaleur, c'est-à-dire n'ayant pas subi l'action du suc gastrique ;

2"" Du côté de l'albuminurie, la présence de l'albumine dans l'urine de la digestion seulement; l'influence de l'alimentation variant très nettement suivant les sujets; l'action suspensive du repos sur l'albuminurie ; la nature de l'albumine (serine pure);

3" Du côté de l'urine, la quantité des phosphates terreux, la fréquence de la glycosurie, l'absence de cylindres ;

^'^ Du côté des échanges généraux, l'augmentation si fréquente du coefficient de déminéralisation organique;

5** Du côté du chimisme respiratoire, l'abaissement général des échanges.

De cet ensemble de faits, il ressort évidemment que l'albuminurie

1. Arnozan. — Du pronostic des albuminuries, Congrès de Nancy ^ 1896. â; Joseph Teissier. — Du réfime des albuminuriques, Traité de thérapetUique affpli» quét cTâlbert Robin, fasc. II.

est bien d'origine digestive et non rénale, qu'une partie de l'albumine ingérée échappe à la digestion ^ et pénètre dans la circulation en un état anormal, que l'organisme perd une partie des sels qui fixent ordinairement l'albumine, que celle-ci se trouve dans l'économie en présence d'une insuffisance d'oxygène, etc. Yoilà-t-il pas plus d'éléments qu'il n'en faut pour expliquer cette albuminurie fonctionnelle, et cette association de faits dûment observés et constants n'est-elle pas préférable à la théorie de Tauto-intoxication qui ne s'appuie sur rien et qui n'est qu'une théorie de mode et d'analogie?

i^„ Je vous pi'opose donc, en résumé, l'explication

^2[^^^" suivante : l'albuminurie gastrique dépend de l'élimination post-digestive d'une poilion de Talbumine alimentaire qui, n'ayant été ni influencée par le suc gastrique, ni fixée par les sels de l'oiiganisme, ni transformée par l'oxygène circulant, constitue un véritable corps étranger dont le rein dépure l'économie. Mais, si cette fonction anormale est trop longtemps prolongée, le rein intervient pour son propre compte, donne d'abord des signes de fatigue et finit par subir des altérations structurales.

Si l'on m'objecte que l'albuminurie est rare dans le cancer de l'estomac, dans la gastrite chronique où cependant on trouve fréquemment dans le contenu stomacal de l'albumine coagulable par la chaleur, je répondrai que ni dans le cancer, ni dans la gastrite chronique, on ne trouve les autres conditions pathogéniques dont il vient d'être question, et que l'albuminurie digestive est la résultante d'un processus complexe dont l'imparfaite d^estion gastrique de Talbumine est seulement le premier terme, l'acte préparatoire qui a besoin pour être réalisé de tous les actes secondaires qui font défaut dans le cancer de l'estomac et dans la gastrite chronique.

1. Il s'afit seulemeat ici de digeiUon ttoaucale; maif nous avons démontré plus haut, pa^s^i et 8ui?aotes, que la digestion intestinale est, elle aassi, en déficit et que les fèces contiennent une bien plus grande quantité d*azote inutilisé qu*à l'état normal.

Les indications thérapeutiques. — Le traitement de la dyspepsie originelle et ses étapes successives. — Le traitement hydro-minéraL

— Un exemple à l'appui. — Le traitement des troubles de la nutrition. — L'arséniate de soude, les glycérophosphates, les strychniques, les hypophosphites, le phosphure de zinc, les quiniques, les ferrugineux, les inhalations d'oxygène, la balnéation chlorurée-sodique, les cures d'air. — Le traitement des cas à intolérance gastrique médicamenteuse.

— Le traitement de la période brightique.

Les indicauons Ccs interprétations paraissent capables de satisfaire

uiérapeuuques. j^^gp^j^ . ^g^jg jg j^épète encore qu'elles ne sont pas un

article de foi et que, si elles ont quelque valeur, c'est de suivre rigoureusement les faits et de ne pas sacrifier à la doctrine. Elles ont aussi un autre avantage : c'est que, limitées aux faits matériels dont elles découlent, elles donnent au traitement une base plus solide; car, en constituant la thérapeutique de l'albuminurie gastrique, je me limiterai aux indications fournies par ces faits eux-mêmes. Et, à ne considérer que les résultats, cette manière de faire doit être assez près de la vérité; car, quand les albuminuries dyspeptiques sont prises dès le début des accidents, on a toute chance d'obtenir leur guériSon.

Or les faits, dégagés de toute interprétation et même de toute sériation théoriques, s'ils ne permettent pas d'instituer une thérapeutique univoque pour tous les cas, conduisent nettement aux indications suivantes :

r Remédier aux troubles fonctionnels de l'estomac, à la dyspepsie, par une hygiène, un régime et une médication appropriés;

â** Arrêter la déminéralisation organique et rendre à l'économie les principes inorganiques et particulièrement les phosphates qu'elle a perdus;

S"" Réduire les dépenses vitales pour ménager Toxygène circulant et activer les fonctions respiratoires ou l'oxygénation de l'air inspiré.

Le traitement P^"^ réaliser la première indication, il faut d'abord

** ÎTri^^?^* faire le diagnostic de la forme de dyspepsie en cause.

Puis on cherchera dans une expérience alimentaire préalable^ quels sont les groupes d'aliments qui donnent, au cours de

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