‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitement (volume 2)Chapitre 43 sur 295 · LES RETENTISSEMENTS NERVEUX LA NEURASTHÉNIE D'ORIGINE DYSPEPTIQU · texte numérisé non relu

LES RETENTISSEMENTS NERVEUX LA NEURASTHÉNIE D'ORIGINE DYSPEPTIQU

LES PART[CULAR1T£S DE LA NEDRASTUENIE GASTRI(j1;e LES CONDITIONS CHIMIQUES ET LA CONCEPTION THËRAPEL'Tlt;l]E DE LA NEURASTHËNIK LES INDICATIONS Di; TRAITEUENT ICT LblS MOVENS DE LES RËALI

Les dyspepsies et la neurasthénie. — Les pfu-ticularités neurasthénie d'origine gastrique. — La céphalée, l'insoinni autres stigmates, les troubles gastriques, l'état monlal. — L>e diagn

indnptpain II Bstfoit difficile de différencier cliniquemenl I

1 *\... . raslhénic d'orisrine cnslijque des Deurasthéaies et primitives qui s'accompagnent de troubles gasti secondaires, parce qu'alors l'estomac et les inteslJas partïcipeal ptement A l'asthénie générale de tous les organes et de tout Tonctions. Comme je vous l'ai dit précédemment, c'est rinOuen tiailement qui constitue l'élément le plus essentiel du diiigaosti

i^ Cepeodaat il m'a paru que, dans un certain m

d( !■ nennittaèui* de CQs, la neurasthénic d origine gastrique pos

*"'*'™' une symptomalologie qui, sans être spéciale,

vail néanmoins laisser soupçonner le caractèce vraiment secoi

de lanévropalhie.

On y retrouve bien, en effet, les stigmates classiques tels i céphalée, l'insomnie, le vertige, la courbature lombo-sacrée av

multiples irradiations, les troubles fonctionnels du cœur, la débilité générale et cet état mental si particulier qui exprime Tétat de dépression de toutes les fonctions nerveuses. Mais chacun de ces stigmates revêt une physionomie particulière.

u céphalée. ^^ céphaléc s'atténue un peu pendant le repas,

pour reprendre avec plus d'intensité pendant le travail de la digestion ; elle diminue ou disparait durant la nuit pour reparaître au réveil sous la forme d'un point frontal ou temporal qui s'accuse et s'étend de plus en plus.

L'insomnie L'iusomuie u'cst pas totale. Généralement le

malade s'endort facilement, mais il se réveille deux ou trois heures après, avec une sensation de chaleur pénible, de l'agitation, une vague céphalalgie, du prurit, des engourdissements, des éructations, du pyrosis ; puis il se rendort d'un lourd sommeil coupé de réveils fréquents, et il a grand'peine, le matin, à sortir de son lit, tant il se sent fatigué et somnolent. Et toute la matinée se passe dans une sorte d'alourdissement et de lutte contre un demisommeil qui n'a rien de réparateur. Aussitôt après les repas, la somnolence revient, parfois invincible. Si le malade se laisse aller à dormir, il se réveille brisé, la bouche pâteuse, l'intelligence engourdie, les membres flasques.

Les antres Le vertigc, la courbature lombo-sacrée, les

stigmates. palpitations et les intermittences cardiaques

compliquent les accidents précédents, à titre continu ou intermittent.

Les troubles Mais ce qui uc manque janiais, ce sont les troubles

gastriques, gastriques qui se montrent sous l'une quelconque des formes que je vous ai décrites, et dont les crises viennent singulièrement aggraver l'état physique et moral de ces malheureux.

L'eut Ils vivent ainsi dans une perpétuelle angoisse, sen-

^^^^' lanl leuis forces s'amoindrir, incapables de tout travail physique ou intellectuel, éprouvant la plus grande difficulté à parler debout, n'appréciant plus à leur juste valeur leurs diverses sensations dont ils s'exagèrent l'acuité, obligés de faire un efl'ort considérable et pénible pour remplir leurs obligations coutumières. Il n*y a guère qu'un moment de la journée où ils éprouvent quelque accalmie, c'est dans les instants qui précèdent le dîner et quelquefois aussi avant de se coucher. /

ooeiqaes éiéiiiMits Je répète eocore que cet ensemble, sans avoir rien da diaonoattc. j^ caractéristique, mérite d'èlre pris en considération pour le diagnostic ; mais il acquerra une valeur bien plus grande si viennents'y associer certains des retentissements de la dyspepsie auxquels nous consacrons ces Leçons. C'est ainsi que la survenance des émissions laiteuses, Texistence de la phosphaturie azolurique, c'est-à-dire de l'augmentation parallèle de l'acide phosphorique et de l'azote total, de la glycosurie ou de l'albuminurie dyspeptique, avec les caractères que nous leur avons assignés, imposeront le diagnostic de neurasthénie d'origine dyspeptique avec des chances de certitude que le traitement viendra rarement démentir.

La conception thérapeutique de la neurasthénie et ses conditions chimiques. — Les indications. — Le traitement de la dyspepsie et de ses retentissements. — Le traitement des troubles des échanges. — La variabilité du syndrome nutritif. — Les modificateurs des échanges.

Pour être efficace, ce traitement doit chercher ses

La cono^tlon

t]i6rap6otiiia« indications ailleurs que dans les doctrines classiques

de la nsorastliénlf . •« •■• «« .ir

qui n ont abouti qu a une thérapeutique presque exclusivement physique et psychique dont les résultats témoignent de Fimpuissance des idées qui la dirigent. On s'acharne à traiter la neurasthénie qu'on considère comme une entité, tandis qu'il faut rechercher et traiter les éléments morbides, souvent très dissemblables, dont l'association revêt le masque presque uniforme du syndrome neurasthénique que je déchois du rang d'entité pour l'abaisser à celui d'expression morbide commune à des éléments pathogéniques différents dans leur essence, mais dont les effets déprimants sur le système nerveux sont identiques. En d'autres termes, la neurasthénie reconnaît des conditions multiples et, si Ton veut la guérir, il faut traiter ces conditions et non pas leurs conséquences, comme le fait la thérapeutique actuelle dont l'impuissance n'est plus à démontrer.

Ces conditions, je suis loin de les connaître toutes,

Les condiUons . •*

ehimiqaes mais voici, au moius, celles que j'ai constatées : daunaorasttiéaie. ^^ ^es dyspcpsics ; S'I'albuminurie phospha-

turique ; S" la phosphaturie ; A'' la phosphorurie*; 5* la phosphalurie terreuse d'origine gastrique ; 6'' la déminéralisation organique^

Ces six conditions expliquent environ les deux liers des cas de neurasthénie et servent d'indication fondamenlale pour leur traitement. Je ne doule pas que l'avenir ne complète cette dissociation de l'ancienne neurasthénie. Sa thérapeutique ne s'adressait jusqu'ici qu*à une résultante ; appuyée sur cette connaissance nouvelle, elle pourra frapper le mal plus près de son orijrine.

Les iniicauons Revcnous à la ucurasthéuie dyspeptique. Ses indiuiérapeuuque.. ^atious thérapcu liq u cs se résument en quatre

phases. Il faut traiter successivement : i" la dyspepsie causale; 2** les retentissements de cette dyspepsie ; 3** les troubles de la nutritioii spéciaux au malade considéré en particulier; 4Me syndrome neurasthénique lui-même.

Le traitement Douc, quaud VOUS vcrrcz la neurasthénie ou un

anu-dyspepuque. gpQyp^ ^g symptômcs ncurasthéuiqucs associés à une

dyspepsie et à tel ou tel de ses retentissements, commencez par reconnaître la variété de dyspepsie dont il s'agit et traitez-la immédialement, sans tenir d'abord aucun compte de l'état neurasthénique. S'il s'agit d'une femme et que celle-ci ait un abdomen flasque, procident, qui maintienne mal les viscères abdominaux, prescrivez le port continu d'une des ceintures dont je vous donnerai la description dans une prochaine Leçon.

Le traitement ^^^^^ première étape parcourue, visez la deuxième

des indication et traitez les retentissements de la dys-

retentissements. .1 . 1 ■

pepsie qui peuvent prendre une cerlame part dans la constitution de la neurasthénie. C'est ainsi que la guérison des émissions laileuses, par exemple, améliorera à coup sûr jceux des neurasthéniques gastriques qui présentent cet accident.

La troisième indication consiste à traiter les

Le traitement ,

des troubles troublcs daus Ics cchauges qu un examen complet

des échanges, j^ l'ui iuc et duchimismc respiratoire nous aura révélés

chez notre malade. Ces troubles doivent être traités personnellement

1. Albert Robin. — Des albuminuries phosphaturiques. Classification et traitement, BulUUn de. VAcadémie de médecine^ 19 décembre 1893. — Id. La phosphoruric neurasthénique; Traité de thérapeutique appliquée, fasc. I., p. 185, 1895.

'i. Albert Robin. — Les conditions chimiques du»yndtonic neurasthénique, Bulletin général de thérapeutique, octobre 1900.

jusqu'au moment où de nouvelles analyses vous auront démontré leur disparition. Car, entre la dyspepsie causale et la neurasthénie secondaire, il y a presque toujoursi sinon toujours, un trouble de la nutrition élémentaire.

Ce trouble, dont la viciation des opérations digestives est l'origine, doit être considéré, avec les réactions réflexes, comme Tintermédiaire obligé entre la dyspepsie et la neurasthénie, et cette dernière n'en est, au fond, que l'expression extériorisée. 11 est variable et mulUple dans ses éléments et unit toujours par se résoudre en un trouble particulier de la nutrition nerveuse sur lequel je vais maintenant vous donner quelques détails.

Lft fariahflité ^^ Y ^ quatre ans, j'étais appelé à donner mes soins

(ta syndrome àunejcune femme de vingt-cinq ans, qualifiée de neurasthénique, en présentant d'ailleurs tous les stigmates, et qui guérit après un traitement gastrique assez prolongé. Son syndrome nutritif pouvait se résumer ainsi : Urée un, peu élevée (23",66 par 24 heures et 0«',473 par kilogramme de poids), coefficient d'oxydation exagéré (93 p. 100), diminution du rapport Ph*0^ des terres : Ph*0^ tolal (17 p. 100), diminution du rapport Cl: Azote total (17 p. 100).

Par contre, voici un littérateur de quarante-trois ans, neurasthénique gastrique, avec 3«',45 d'IICl libre dans le contenu gastrique et une peptonisation très imparfaite, qui me donna le syndrome nutritif suivant :

Polyiirie (2570*^), urée normale, coefficient d'oxydation azotée normale, coefficient de déminéralisation exagéré (40 p. 100), rapport Ph^O^ des terres : Ph*0^ total augmenté (31 ,2 p. 100).

Un ingénieur de trente-huit ans, vertigineux, agoraphobique, avec le casque et la plaque sacrée neurasthéniques, une dépression mentale telle qu*il doit abandonner toutes ses occupations, m'est adressé de province. Il présente les symptômes de la dyspepsie hypersthénique et il guérit complètement à la suite d'un traitement approprié. Son syndrome nutritif présentait les particularités suivantes :

Oligurie (830*"), urée normale (24«',14), coefficient d'oxydation azotée légèrement abaissé (81 p. 100), coefficient de déminéralisation normal (33,6 p. 100), rapport Ph'O des terres : Ph*0^ tolal un peu augmenté (27,5 p. 100), déminéralisation magnésienne augmentée (0,20 p. 100), diminution du rapport Cl : Azote total (37 p. 100).

Je VOUS citerai encore le fait d'un diplomate étranger, âgé de quarante-trois ans, qualifié de neurasthénique essentiel, ayant dû résigner ses fonctions par suite de sa totale inaptitude à tout travail intellectuel, et qui put reprendre sa carrière après huit mois de traitement. Son syndrome nutritif est fort instructif :

Urée très augmentée (37«',90), coefficients d'oxydation azotée et de déminéralisation normaux, diminution du rapport Ph'O^ : Azote total (H p. 400), du rapport Cl : Azote total (27 p. 100), augmentation du rapport PhW des terres : Ph*0^ total (29 p. 100).

Je pourrais multiplier ces exemples, mais leur simple groupement dans le tableau ci-dessous vous donnera une idée nette de la variabilité des syndromes nutritifs que Ton rencontre chez les neurasthéniques gastriques.

Tableau XL VI. — La variabilité du syndrome nutritif chez les

neurasthéniques gastriques.

Page 1