L'ENGOUEMENT G^CAL ET L'APPENDICITE — LA DIARRHÉE
LES HÉMORRHOÏOES
L'engouement cœcal et Tappendicite. — Llnfluence de la dyspepsie sur la genèse de l'appendicite. — Le syndrome dyspeptique^ dans Tappendicile. — Le rôle de la coprostase. — Les étapes ide l'appendicite. — Les preuves cliniques.
L'inflixenoe Si étrange que puisse paraître mon opinion, je
nir la^toe considèrc que Ta p p e n d i c i l e , cette maladie à la mode^
de l'appendicite, est Une dcs manières du retentissement inleslinal ou,
si Ton veut, une complication intestinale de la dyspepsie hyper-
sthénique et quelquefois des fermentations gastriques.
J'ai défendu celle manière de voir à la tribune de l'Académie de médecine *, à l'occasion d'une discussion où Dieulafoy, Dumontpal- LiER, Reclus, LucAS-GHAMPiONNiÈRE,elc.,onl tenté de mettre au point la grosse question de l'intervention chirurgicale. Or, tandis que les chirurgiens faisaient de grandes réserves et semblaient moins désireux d'opérer qu'il y a quelques années, Dieulafoy opinait pour la laparotomie dès qu'on tenait le diagnostic, considérant l'appendicite comme une maladie essentiellement chirurgicale.
1. Albert Robin. — Discassion sur rappendicite. Bulletin de V Académie de médecine, 1897.
Toutes réserves faites pour les appendicites infectieuses de la grippe, des fièvres éruptives, elc, pour celles qui peuvent accompagner les lésions des annexes de Tutérus, pour celles enfin qui sont provoquées par un traumatisme ou par des corps étrangers, tels qu'une graine de psyllium ou une arêle de poisson, je pense que cette maladie, d'une part, et la colite muco-membraneuse, d'autre part, étant, dans un grand nombre de cas tout au moins, les manifestations ultimes du retentissement intestinal de la dyspepsie hypersthénique, on évitera, le plus souvent, et Tentéro-colite muco-membraneuse et l'appendicite en traitant convenablement cette dyspepsie et ses premiers retentissements intestinaux.
L'interrogatoire et l'examen du plus grand nombre des malades atteints d'accidents appendiculaires permet de reconnaître l'existence d'une hypersthénie gastrique antérieure ou concomitante. Nous avons eu justement, au n"* 9 de la salle Serres, un malade qui nous donne, à ce sujet, d'utiles enseignements. C'est un conducteur d'omnibus, âgé de trente-quatre ans, entré à l'hôpital pour une douleur vive survenue brusquement au niveau de la fosse iliaque droite, empêchant la marche et l'ayant forcé à suspendre son travail. Nous avons immédiatement porté le diagnostic d'appendicite, car Texamen direct montrait du ballonnement du ventre et une tuméfaction douloureuse du flanc droit au point électif de Mac-Burney. Il y avait en outre de la constipation, de l'oligurie, un état nauséeux avec quelques vomissements, une température de 38%5. Notons que ce malade déclare avoir été traité pour de l'entéro-colite muco-membraneuse, dont il a présenté encore un accès le jour même où la maladie actuelle s'est déclarée. La situation me parut assez sérieuse pour que j'aie cru devoir appeler en consultation Tuffier qui confirma le diagnostic et opina pour la nécessité d'une laparotomie pratiquée à froid, aussitôt que l'amendement des symptômes aigus permettrait, dans de bonnes conditions, l'intervention chirurgicale. Selon l'expression du chirurgien, le malade était contraint de laisser sa profession ou son appendice.
Le lendemain, la fièvre était tombée, une détente
Le syndrome ' ^
dyspeptique s'était produite et nous pûmes reconnaître l'existence
dans l'appendicite. i« i t • r i
d une dyspepsie, caractérisée par un syndrome particulier dont voici les principaux termes :
4** Désaccord entre l'aspect amaigri du malade et la conservation ou l'exagération de son appétit;
2° Crises gastriques, variables dans leurs expressions et leurs retentissements;
3° Distension de l'estomac par spasme pylorique. Clapota^ trique variable;
4° Augmentation du volume du Toie qui est sensible à la p sion;
5° Constipation et coprostase facilement perceptibles à lapa du cœcam, de l'S iliaque et quelquefois des côlons transvi descendant ;
6° Augmenlatioo de l'acidité du contenu stomacal aprèi d'épreuve, par HCI libre; acides de fermentation dans 74/1 cas; digestion imparfaite des albuminoïdes.
Ce syndrome est bien celui de l'hypersthénie gastrique, par l'expérience de cas antérieurs, je soumis aussitôt le mal Irailemenl dont les cléments vous seront indiqués tout à V Après dix jours de traitement, il est guéri et réclame sa sori peut presser le point de NUc-Burnet sans réveiller de douleun domen n'est plus ballonné; la coprostase a disparu. Nous : son$ te sujet h reprendre son travail; s'il a soin de surveill régime, de maintenir régulièrement ses garde-robes, il aura bei de chances d'éviter toute récidive. En tout cas, le malade, qu avons revu deux ans après, jouissait d'une parfaite santé.
Le cas de ce conducteur d'omnibus n'est pas isolé, puisqi 1585 observations personnelles d'hypersthénie gastrique, il ; 83 Fois de brusques crises intestinales passagères ou répétée douleur spontanée, réveillée par la pression au point de Mac-B du bal lonnement, etc. , bref, un ensemble de symptômes se rap; à la colique appendiculaire ou à l'appendicite. Sur ces 82 cas, a eu 33 où le diagnostic f appendicite > a été posé d'une n formelle après consultation avec des médecins ou des cbin compétents. La relation ne semble donc faire aucun doute.
u me Quel est donc te lien qui unit un grand nomi
deucoproMuB- cas d'appondicite à cette dyspepsie byperslhéni plus fréquente certainement des maladies de l'estomac?
Ce lien, je le trouve dans la coprostase, qui est l'un de ptômes les plus constants de l'hyperstliénie, car sur mes M je l'ai notée 1106 fois. Cette coprostase a deux sièges d'él d'abord le côlon descendant et l'S iliaque, où elle parait être facteurs les plus habituels de l'entéro-colite muco-membrf puisque j'ai constaté celle-ci ^à9 fois; puis le cœcum, où elle nifeslc sous la forme d'un boudin qui provoque une vague sei d'endolorissement local réveillé et accusé par la pression; enûi
un tiers des cas, la coprostase est caecale et colique à la (ois. Cette coprostase ca3cale n'a jamais manqué dans les 82 cas d'appendicite cités plus haut.
Elle n'est pas plus quelconque dans le caecum que dans le reste de l'intestin où elle aboutit à l'entéro-colite muco-membraneuse. Rappelons ce que nous a appris l'analyse chimique des garde-robes chez les dyspepsiques hypersthéniques K Elles sont acides et subissent dans l'intestin des fermentations qui conlinuenl, sur un mode particulier, les fermentations anormales commencées dans l'estomac. Elles sont plus azotées et plus riches en matières inorganiques (phosphates de chaux et de magnésie) que les fèces normales.
Elles sont donc irritantes et provoquent du côté de la muqueuse caecale et de la muqueuse appendiculaire contiguë une réaction catarrhale de défense. Dans l'étroite cavité de l'appendice, où elles stagnent si facilement, les mucosités catarrhales peuvent se concréter et s'infiltrer de sels calcaires, ou s'infecter, ou engendrer une irritation chronique qui atteint le tissu conjonctif sous-muqueux et y produit des indurations rétractiles dont le rétrécissement, puis l'oblitération possible de la cavité sont les légitimes conséquences.
Les étapes Daus CCS couditious, je comprends ainsi les diverses
de rappendicite. ^tapcs de U séric morbide dont celte variété
d'appendicite est l'une des terminaisons :
l'' Arthritisme, état de terrain prédisposant, comme l'a dit
DiEULAFOY ;
2** Hypersthénie gastrique avec hyperchlorhydrie et fermentations acides secondaires, qui reconnaît si fréquemment l'arthritisme comme terrain;
S" Stase caecale de matières fécales anormales, acides, siège de fermentations à produits plus irritants que toxiques, ces matières devant leurs propriétés nocives à une vicieuse préparation gastrique^;
i" Réaction catarrhale du caecum et de l'appendice devant celle stase de matières fécales acides, de composition anormale, irritantes, stase prolongée souvent pendant des années;
5° Conditions anatomiques qui font qu'un catarrhe de la cavilé étroite de l'appendice ne peut pas évoluer comme <lans la cavilé large du caecum ;