Voyez pages 221 à
2. Si Ton compare razote des ingesta ù Tazote des fèces^ on trouve, à Fétat normal, 5.4 p. 100 de perte en azote par les fèces, contre 12,61 p. lOO dans la dyspepsie bypersthéniquc.
L'AWENDICITE 543
G** Infiltration par les sels calcaires, en surabondance dans ces matières fécales, des mucosités intra-appendiculaires'; inflammation chronique du tissu conjonctif sous-muqueux transformant ou non la cavité appendiculaire en cavité close ;
7^ Infection microbienne de cette cavité close ou non, créant, comme dernière étape morbide, l'appendicite vraie, contre laquelle il n'y a plus de traitement médical et qui n'est plus justiciable alors que de l'intervention opératoire, tandis que la chirurg^ie ne peut rien contre les quatre premières étapes, qui relèvent uniquement de la thérapeutique médicale.
lm prêuTts Les trois dernières étapes de cette pathogénie n'ont
^*"'**'°*** pas besoin d'être justifiées, puisqu'elles sont le processus même de l'appendicite et que, si l'on peut diverger sur certains détails, tout le monde s'entend plus ou moins sur l'ensemble. Mais il y a lieu d'insister quelque peu sur les quatre premiers termes de la série.
Que l'arthritisme soit la condition de terrain prédisposant à rhypersthénie gastrique, à la lithiase, à la sclérose oblitérante appendiculaire, voilà qui n'a pas besoin d'une démonstration plus décisive, après les arguments fournis par Dieulafoy et l'observation que tout médecin est à même de faire à propos de Thypersthénie gastrique.
La coprostase cœcale ne saurait faire aucun doule, puisqu'elle apparaît, avec ma statistique de li06 stases sur 1585 cas d'hypersthénie, comme l'un des symptômes les plus constants de celle-ci.
Quant au point le plus important, à savoir la relation entre cette stase csecale et l'appendicite, je puis donner les arguments suivants :
1** Dans tous les cas où Tappendicite est survenue chez des individus que j'avais dû soigner auparavant, toujours, sans aucune exception, j'ai constaté les signes antérieurs de l'hyperslhénie gastrique avec coprostase cœcale ;
2" Toutes les crises appendiculaires plus ou moins avortées et fugaces que j'ai observées l'ont été chez des personnes en cours de traitement pour rhypersthénie gastrique ;
3** Je ne pense pas qu'on puisse citer une affection dans laquelle les accidents appendiculaires apparaissent dans la proportion de 82 sur 1585, soit de 5,17 p. 100.
1. Je me suis assuré que, sur Sd^sGSS de matériaux inorganiques ingérés, l*hypcrstbénique gastrique en perdait 7»% 50 par les fèces, soit une proportion de 31,22 p. 100.
Lito-fe»i,
Cette proportion peut se répartir de la façon suivante :
Nombre des cas d'bypersthénie gastrique 1585
Cas où la coprostase a été constatée 1106
. ., ^ j. 1 • ( Crises passagères 49) ^^
Accidents appendiculaires. ] . ,. ., ,. i oo f ©2
^^ ( Appendicite confirmée... 33)
Accidents appendiculaires pour 100 cas d^hyperslhénie. 5.17 p. 100
Appendicite confirmée pour 100 cas d'hypersthénie 2.08 —
Accidents appendiculaires pour 100 cas d'bypersthénie
avec coprostase 7.40 —
Appendicite confirmée pour 100 cas d'byperstbénie avec
coprostase 2.98 —
Je répète, encore une fois, que je n'entends pas attribuer à l'appendicite Tunique p<athogénie qui précède ; mais celle-ci est au moins Tune des plus fréquentes, si j'en juge par le résultat de mes observations.
Le traitement prophylactique. — Les irrigations intestinales. — Le massage. — Le traitement des réactions douloureuses. — L*antisepsie intestinale. — Le régime. — Le vésicatoire. — La question des opiacés. — L'intervention chirurgicale.
Le traitemeiit ^^ connaissaHce de cette nouvelle pathogénie de
l'appendicite, qui, si elle n'est pas absolue, s'applique cependant au plus grand nombre des cas, conduit à des indications thérapeutiques d'autant plus importantes qu'elles sont nettement prophylactiques.
Puisque tout hypersthénique gastrique est un prédisposé à l'appendicite elà l'enléro-colite muco-membraneusc, il faut surveiller, chez lui, le cœcum d'une manière constante. Dès qu'on constate de la coprostase, il faut aussitôt provoquer l'expulsion des matières à l'aide des laxatifs ou du massage léger.
L laxatifs Parmi les laxatifs je mets au second plan les pur-
gatifs salins et les eaux minérales purgatives. On conseillera plutôt les poudres composées au séné, suivant la formule de Dujardin-Beaumetz, les pilules composées à Valoès et au turbith végétal \ eIsuriouiVhuile de ricin et les grandes irrigations rectales, après lesquelles on pratiquera un massage doux du côlon, de façon à faire cheminer l'eau de l'irrigation jusque dans le ca?cum, afin d'en faire, pour ainsi dire, le lavage direct.
Las irrigatioDs J*ai, pour pratiquer ces irrigations, le procédé mtestinaies. guivaiit. On commencc par introduire lentement et sans pression environ 1200 grammes d^eau bouillie dans Tinteslin, à l'aide d'une longue sonde, en ayant soin de placer le siège du malade sur deux oreillers, afin que le liquide ait la possibilité de s'écouler, par son propre poids, dans l'S iliaque. Quand la quantité voulue est inli^oduite, on soulève les jambes et le bassin, de façon à faire couler le liquide dans le côlon descendant. Au moment où un gargouillement caractéristique annonce la chute du liquide, on retourne brusquement le malade sur son côté droit pour faire cheminer le liquide dans le côlon transverse d'où, par un redressement du tronc, on le chasse dans le côlon descendant et le caecum où il est facile d'en constater la présence. On pratique alors des frictions douces sur tous les points qui sont le siège de coprostase, de façon à délayer les matières fécales durcies, et l'on refait les mêmes mouvements en sens inverse pour ramener le liquide dans le côlon descendant, TS iliaque et le cœcum. On est d'ailleurs puissamment aidé dans cette dernière manœuvre par les contractions de l'intestin. On obtient ainsi deux à trois larges évacuations dans lesquelles on constate l'existence de boules dures, noires, d'une odeur spéciale. On répète cette opération deux à trois fois par semaine, tant que l'exploration directe de l'abdomen aux points d'élection permet de reconnaître la coprostase.
hèmaMsmm Quaut au massagCy en dehors des irrigations
rectales, on le fera très légèrement, en suivant uniquement le côlon et sans toucher l'estomac, en insistant sur la progression des matières dans la cavité de Tinteslin. Je recommande de ne pas toucher à l'estomac, parce que le massage est contre-indiqué dans l'hyperstbénie gastrique où la distension du ventricule tient au spasme du pylore et non à une dilatation atonique, comme on Fa cru longtemps, à tort.
u trattement Lorsquc la régiou caecale est sensible à la pression,
des réactions Q^ lorsQuc l'ou coustatc Seulement celte hvpereslhésie
douloureuse de la peau sur laquelle Dieulafoy a insisté à si juste litre, il faut s'en tenir à V huile de ricin ou au calomel, auxquels on associera Vextrait de belladone à la dose de ()3',01 à 0^',02, suivant la susceptibilité des malades, en même temps qu'on pratiquera sur la région caecale des frictions douces avec Vonguenl mercuriel belladone^ qu'on recouvrira d'un cataplasme.
^ Ongueal mercuriel double 40 grammes
Extrait de belladone 10 —
F.s.a. Onguent.
Le malade sera mis au régime laclé absolu.
Si la douleur caractéristique est vive, on usera de l'injeclion hypodermique de chlorhydrate de morphine ou du Uniment opiacé et belladone ci-dessous :
"¥ Baume tranquille 40 grammes
Extrait Ihébalque \
— de belladone [ ààa. 2 —
— de jusquiame )
Chlorororme iO —
F.s.a. Liniraent.
Pour éviter l'acLiou coDstipante de ta morphine, au cas où cetle-ci devrait être employée plusieurs jours de suite, on la remplacera par la codéine.
% Codéine (!P'Sii
Extrait de gentiane q. s.
Pour une pilule. Prendre une pilule toutes les huit heures.
Quand l'intestin aura été déblayé, on prendra les plus grandes précautions pour empêcher la récidive de la coproslase, eo insistant auprèsdu malade sur l'obligation d'une selle journalière et sufûsante, provoquée au besoin par le lavement, les capsules d'Aut7<t de ricin ou par les pilules purgatives dont l'indication a été donnée plus haut.