LA DIARRHÉE
La diarrhée. — L*étiologie. — J^es aspects cliniques. — Les symptômes. — Le traitement. — Le régime alimentaire. — Le traitement médicamenteux.
L'ôtioioflie ^^ diarrhée est une complication relativement
rare des dyspepsies où la constipation est plutôt la règle. Cependant elle s'y rencontre quelquefois avec un caractère d'intensité ou de continuité qui en fait un accident sérieux réclamant une énergique action thérapeutique. Elle reconnaît des causes nombreuses, depuis la boulimie qui surcharge Tinleslin de matières mal digérées par l'estomac, l'acidité extrême du chyme que doit compenser une sécrétion surabondante des sucs intestinaux, jusqu'à l'abus des laxatifs dont sont obligés d'user les dyspeptiques hypersthéniques. J'ai remarqué aussi que la diarrhée paraissait plus fréquente chez les malades atteints de fermentations surajoutées. En somme, la diarrhée des hypersthéniques, exception faite pour la diarrhée de constipation, indique qu'une dyspepsie intestinale s'est surajoutée à la dyspepsie gastrique.
L«saspecu Elic sc préscntc sous plusieurs aspects cliniques,
cliniques. p^^jg ^^^ première variété, la diarrhée ne se
produit qu'une seule fois par jour et à heure fixe, soit le matin, au réveil, soit après les repas. Dans une deuxième variété, la diarrhée est plus continue, tout en survenant par crises de durée variable.
utsrniDtôm ^'^^ s'accompaguc des symptômes suivants :
appétit plus ou moins conservé, quelquefois vorace; langue blanche, saburrale; âcreté particulière des garde-robes qui irritent L*! région anale; épreintes; flatulences; gaz intestinaux; teinte jaune terreuse de la face; perte des forces; amaigrissement. L'état moral de ces malades mérite toute votre attention; la plupart sont en état d'anxiété neurasthénique; cette diarrhée les inquiète outre mesure; ils en parlent sans cesse; ils sont incapables d'un effoi t physique ou intellectuel et n'ont d'autre souci que celui de surveiller leurs évacuations.
r ^,. ^ On s'assurera, avant de traiter la diarrhée, qu'elle
le traitement. ' ' .^
n'est pas due à la constipation. Cette sorte de diarrhée survient par débâcles, expulse avec les liquides des boules dures el
noirâlres. Elle est éminemment paroxystique, et la palpation de Tabdomen révèle de la coprostase.
u réaime ^^ Commencera par appliquer strictement les règles
hygiéniques et alimentaires que nous avons tracées à propos du traitement de Thypersthénie permanente. On éliminera du régime les végétaux verts, les fruits, les boissons alcooliques. On insistera sur un régime azoté frugal (lait, œufs, viande crue ou rôtie, riz, peu de pain). On recherchera les susceptibilités personnelles à l'égard de tel ou tel aliment, ce qu'aucune formule d'ensemble ne saurait prévoir : ainsi tel malade ne pourra supporter le lait tandis que le régime lacté chez tel autre coupera court à la diarrhée ; de même pour les régimes végétarien ou carné dont la tolérance est tout à fait individuelle. A. Mathieu cite le cas d'une dame qui ne pouvait manger des œufs à la coque peu cuits sans être prise de diarrhée ; je pourrais vous raconter de nombreux faits du même genre ou la plupart des aliments seraient passés en revue. Le vin, le thé, le café, le tabac sont pçirticulièrement mal tolérés. Vous surveillerez aussi la quantité des boissons; sans arriver au régime sec, il suffit parfois d'une légère restriction des liquides pour arrêter la diarrhée. Ces susceptibilités individuelles ne sont reconnues qu'à l'épreuve; cependant l'examen du chimisme stomacal après repas d'épreuve peut renseigner sur certaines d'entre elles : quand cet examen révèle une imparfaite digestion des féculents avec des fermentations lactiques, il faudra conseiller le régime carné. Réciproquement, l'insuffisance de la digestion gastrique des albuminoïdes implique le régime végétal, tandis que la constatation des fermentations butyriques fera éliminer le régime lacté.
Vhygiène et le régfime valent mieux, pour le traitement de ces diarrhées, que tous les médicaments. Quand on sera forcé d'avoir recours à^eux-ci, on procédera ainsi qu'il suit :
Le traitement En uu OU dcux joufs, suivaut Tintcnsité de la
médicamenteux, ^ji^p^hée, OU donucra Ics bols suivants :
'¥ Diascordium ) . , ,
c » . j 1 • 4U > aa. 4 grammes
Sous-nitrate de bismuth ) ^
Mêlez exactement et divisez en vingt bols.
Ces bols seront pris de préférence avant les repas et deux ou trois heures après ceux-ci. Avec ceux que Ton prendra en dehors des repas, OB avalera l'infusion ci-après :