LA MALADIE DE BRIGHT
motricité gastrique était parfaite. L'estomac était vide une heure après le repas d'épreuve chez le premier malade. Parmi les trois autres, il y avait un hyposthénique, un chimisme normal, et le dernier légèrement hypersthénique avec 0«',8 d'HCl libre, 1^,1 d'HCl organique et 0*^,5 d* acides de fermentation exprimés en HCl. La pepsine était normale dans tous les examens.
Chez onze malades du type interstitiel, tous plus ou moins polyscléreux , deux n'ont pu être sondés par suite de spasme œsophagien, quatre étaient hypersthéniques avec hyperchlorhydrie (HCl de 1^,20 à l'',90), deux étaient totalement anachlorhydriques, trois étaient hypochlorhydriques. La motricité gastrique était bonne dans tous les cas ; la p ep s i ne très augmentée dans deux cas, ' normale dans deux et diminuée dans cinq cas.
11 résulte de tout ceci qu'on tend toujours à commettre l'erreur de créer de toutes pièces un syndrome gastrique afférent à une maladie àèlerminée, comme si chaque maladie devait provoquer du côté de Veslomac un retentissement spécifique. Il n'en est rien et toute l'étude que nous faisons le démontre. Les brightiques pas plus que les cardiaques, les hépatiques, les tuberculeux ne souff'rent d'une forme de dyspepsie qui leur soit personnelle et, par conséquent, les troubles gastriques qu'ils présentent ne sont pas justiciables d'un traitement uDJvoque. Le mécanisme même du retentissement n'a rien de certain et la théorie de Tintoxication, qui est encore presque universellement acclamée, est passible des plus grosses objections.
Le rôle Ccci équivaut à dire que, si les insuffisances gas-
fflnnfiiitattoiis. jpjqy^g g^^ pjyg fréquentes dans le brightisme, cependant toutes les formes de dyspepsie peuvent s'y rencontrer. Malgré ce que dit Biernagki, il n'est pas un médecin ayant soigné des hrightiques qui n'ait été frappé par la fréquence des fermentations gazeuses et acides qui constituent souvent l'obstacle le plus absolu à remploi du régime lacté. Dans nos recherches, ces fermentations existaient en quantité notable dans plus delà moitié des cas. Je vois, en ce moment, avec Guyon et Dieulafoy, une dame atteinte du mal de Bright aggravé par le fait que le rein droit est mobile. Or, chez cette dame, les fermentations engendrent de véritables crises gastriques qui sont toujours suivies d'une légère élévation de la température et de poussées rénales avec accroissement tel de l'albumine urinaire que celle-ci a pu s'élever brusquement de 0^',60 à 8 grammes pour retomber ensuite au taux primitif. Mais les crises se répétèrent et l'albumine ne redescendit plus comme par le passé. Elle se maintenait aux alentours de 2 grammes, quand survint récem-
men. une nouvelle crise qui fit monter Talbumine à 10 grammes et, depuis lors, elle n'est plus descendue au-dessous de 4 à 5 grammes. Donc, à chaque crise intense de fermentations gastriques, a succédé une poussée rénale, d'abord transitoire, mais qui peu à peu a laissé des résidus et contribué pour une forte part à l'aggravation de la maladie de Bright.
Cette observation, que je choisis entre beaucoup d'autres, n'est pas rare. Elle montre bien le rôle pathogénique de la dyspepsie associée au brightisme et l'influence fâcheuse qu'elle exerce sur la maladie rénale. Elle réduit aussi l'hypothèse de la dyspepsie toxique, pour deux raisons. La première, c'est que les crises gastriques sont absolument indépendantes des variations de la quantité et de la composition de l'urine, qu'elles sont presque loujoure survenues au moment où celle-ci constituait une dépuration largement suffisante. La seconde, c'est que le seul traitement qui fût capable d'améliorer l'état du rein était, non pas un traitement ou un régime anti-brightique, mais bien un régime anti-dyspeptique.
Les cononuions L'hypcrsthéuie gastrique avec hyperchlorhydrie ellediagnoitiquas. ^^^q ggj g^gg^^ fréquente chez les brightiques. Gomme
je vous le disais tout à l'heure, on peut avoir la curiosité de rechercher si c'est la dyspepsie ou le rein qui a commencé, et on trouvera souvent que les troubles de la digestion ont précédé la lésion rénale el que cette dernière n'est qu'une étape des relentissemenls de la dyspepsie sur le rein. Mais, en pratique, ceci importe peu, puisqu'on n'en tirera pas de conclusions relatives au traitement.
En résumé, toutes les variétés de dyspepsie peuvent exister chez les brightiques. L'insuffisance est la plus fréquente ; puis vient la dyspepsie de fermentation, enfin l'hypersthénie. Vous aurez donc à faire le diagnostic de la dyspepsie en cause et à la limiter personnellement, en associant ou en »altemant, suivant les cas, son traitement avec celui de la maladie rénale.
Les conoiosions Une scule remarque, en terminant, à propos du uiArapeatiques. tpaitcment. Cclui-cî uc différera pas, en principe, de ceux que je vous ai indiqués à propos de chaque variété de dyspepsie. Toutefois sachez ([ue h médication acide, l'usage des ferments digestifs {pepsine, maltine, jmncrèatine, etc.) et des laxatifs constituent un ensemble médicamenteux qui répond à un très grand nombre de cas, parce qu'il a la propriété d'agir non seulement sur la dyspepsie, mais aussi sur l'évolution de la maladie rénale. Inutile d'insister sur les inconvénients des soi-disant antiseptiques digestifs qui fatiguent