‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 102 sur 177 · QUINZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON

LE TRAITEfflENT HYOROLOGrgUE DES DYSPEPSIES HYPERSTHÉNIQUES PERMANENTES

L'aVOROTHÉIlAPie — LES CDRËS BYDftO-UlNÉRALElS — LES BAINS DE U£H LES CURES DALTJTUDË ^ LES CURES DE RAISINS

Le traîtement nydrothérapique — Les bai us tempérés et les baini froids. — La leclmif^iic de Thydrothérapie. — Les inJicalions lirées du lerraÎB et des prédominaiices s^mplomatiques.

Le traîtement hydrothérapiqiie comprend l'emploi des bains tempérés, des bains froids, de l'hydrothérapie méthodique, des cures thermales et des bains de mer.

Lei Les bains lefnpérés conviendront aux dyspep-

DftiDs tttmpèrè». tiques hy peFsthé u iqucs nerveux, irritables, surmenés par les travaux iatellectuels ou épuisés par la vie intensive. Leur durée sera d'une demi-heure à trois quarts d^heure. Us pourront être renouvelés trois et môme quatre fois par semaine. Ils sont conlre-indîqués chez les malades très affaiblis ou chez ceux qui ont perdu l'appétit, ou encore quand la langue est é|>aisse, saburraie, et que prédomine l'acidité gastrique due aux acides de fermentattOEi

» V . M^,. I^e vrai bain froid reconnaît peu d'indications,

mais riramersion froide sera conseillée aux malades

<léprimcs dont le çhimisme respiratoire indique un notable abaîs»

TRAITEMENT HYDROLOGIQUE 321

scraent des oxydations ternaires. Encore comporle-t-elle que le sujet soit capable de faire un exercice à pied qui provoque une intense réaction. Les bains froids et même Timmersion sont contre-indiqués chez les rhumatisants.

Le tnitoiiMnt J'sii fi^é, à pfopos de Thypersthénic aiguë, les règles

hjdrethérmpiqot. ^^j doivcut présidcr à remploi de V hydrothérapie méthodique ; ces règles sont applicables à Thypersthénie permanente et elles se résument en une seule : l'hydrothérapie doit être avant tout sédative d'abord, tonique ensuite. Et Ton peut dire que, bien appliquée, celte manière d'hydrothérapie convientà la grande majorité des malades, car elle ne rencontre aucune conire-indication dans le traitement des dyspepsies à la condition d'être maniée par un praticien habile. Je pourrais vous citer les observations de très nombreux dyspeptiques réfractaires aux actions médicamenteuses qui ont été très améliores sous la direction de Beni-Barde ou dans les établissements de Divonne, de Champel, etc. L'hydrothérapie méthodique est donc un des meilleurs traitements adjuvants de Thypersthénie gastrique, sous toutes ses formes.

Sa teonniqua La sédatiou s'obtieut de deux façons : soit en agissant

oénéraie. réflcxcment sur le système nerveux central, soit en activant la circulation capillaire de la peau au détriment de celle de la muqueuse stomacale, mais en usant de moyens qui ne provoquent pas de réaction énergique. Les grands lavages, matin et soir, au lub, à l'eau tiède, les affusions lièdes, les maillots humides de très courte durée, la douche brisée froide , très courte, succédant à la douche tiède, enfin la compresse échauffante, tels sont les moyens les plus eilicaces et les plus habituellement employés. Dans la pratique, je vous conseille de suivre la technique suivante: Au réveil, le sujet est enveloppé dans un drap trempé dans l'eau à 25 degrés ; pendant une à deux minutes, on exerce un léger tapotement sur tout le corps, sans faire de frictions, et l'on cesse quand le malade commence à éprouver une légère sensation de chaleur; alors on l'essuie dans un drap sec et on le remet au lit pendant un quart d'heure. De cette façon, la réaction est très modérée et les effets sont toujours sédatifs.

Au moment de se coucher, affusion tièd^ générale avec l'éponge; puis on trempe l'éponge dans l'eau froide, on l'exprime légèrement et l'on fait avec elle une friction douce sur la plus grande parlie du corps ; après quoi Ton essuie doucement, sans frictionner, et l'on se met au lit.

Cette pratique convient parfaitement aux malades qui habitent la campagne, loin de tout établissement hydrothérapique ; mais, quand cela sera possible, il vaudra toujours mieux suivre la direction d'un hydropathe compétent, en insistant auprès de lui sur le caractère sédatif qu'il doit donner à la médication. Dans ces conditions, la douche écossaise est le procédé de choix ; on l'atténuera en administrant Teau liède en pluie et en terminant par une douche froide, très courte, en pluie nuageuse. La douche tiède durera de deux à cinq minutes, la douche fioide quelques secondes seulement. On évitera toute percussion au niveau du creux épigastrique. La douche sera suivie d'un exercice actif.

,„ Chez les arthritiques, la cUmche en arrosoir.

Las artbrltlquei. ...

chaude^ est toujours utile. Mais il est indispensable que la force de projection soit très amoindrie, pour ne pas exagérer Texcitabililé réflexe des malades, et l'on donnera à cette douche une durée assez courte pour que son action soit favorable aussi à Tanémie qui complique si souvent la dyspepsie chez les arthriliques. Si Tarthritisme domine, insister sur Veau chaude; si les symptômes de l'anémie prennent le dessus, raccourcissez la durée delà douche et rafraîchissez l'eau à la fin de l'opération.

. .*. V, Si i'impressionnabilité du système nerveux

Les Irritables. * •' « »* ^

est excessive, il faut, malgré Taflaiblissement de la plupart des fonctions, employer la douche tempérée à percussion légère dont l'action sédative est absolument exigée. Le grand principe, en ce cas, consiste à éviter une excitation quelconque, générale ou locale. Plus tard, quand le malade est un peu acclimaté, on doit employer celte forme de douche combinéey à l'aide de laquelle il est facile d'utiliser l'eau au degré de température qui répond le mieux à la susceptibilité des malades. Cette douche ne peut être convenablement administrée qu'à l'aide d'un robinet à trois voies et muni à sa partie terminale d'une pomme d'arrosoir très régulièrement trouée. Cet appareil, que j'ai vu fonctionner chez mon éminent confrère Bbni-Barde, permet d'employer l'eau à des températures variables que l'on est à même de changer brusquement ou progressivement, à volonté, avec une véritable précision. Il permet aussi de régler la force de percussion de la douche et d'en faire d'utiles applications locales.

Us Si la neurasthénie domine, il faut employer la

nenrasthéniqaes. ^y^f^^ ^^ arrosogc, tempérée, à percussion légère et

plus ou moins prolongée suivant le degré de résistance du malade. H

TRAITEMENT HYDROLOGIQUE 321

est préférable de diriger cette douche sur les côtés de la colonne vertébrale, en ayant soin d'éviter de percuter le rachis lui-même afin denepas exagérer Texcitabilité réflexe déjà compromise par la maladie. Après avoir tâté la susceptibilité du patient, on pourra fort bien apprécier s'il convient d'abaisser la température de l'eau.

Lorsque la dyspepsie sera sensiblement modifiée, que les fonctions digestives auront acquis plus de régularité et que le malade aura atteint ce que j'ai appelé la troisième étape du régime, on pourra recourir à la douche écossaise, c'est-à-dire à une douche chaude plus ou moins longue suivie d'une douche froide très courte, en ayant soin, bien entendu, pour ne pas trop impressionner le malade, de n'arrivera la douche froide qu'en observant une progression décroissante très mesurée. Enfin on pourra, dans la dernière période de la cure, recourir à la douche froide qui complétera la guérison; mais, pour qu'elle soit efficace, il faut que le malade réagisse avec une grande facilité et que son système nerveux ait recouvré la plus grande partie de son énergie.

Us ontteux "^^ '® dyspcptiquc cst uu goutteux pur et simple,

il est bon de commencer la cure par une douche chaude, que l'on remplace ensuite par une douche écossaise dont on varie la température selon la susceptibilité du malade, et l'on termine le traitement par une douche froide courte dont la percussion peut être plus forte que chez les neurasthéniques, à la condition d'éviter de frapper trop vigoureusement les articulations qui ont été autrefois le siège d'une fluxion.

Les émi Leshypersthéniquesquisont desanémiques purs,

ne présentant aucune tare constitutionnelle, doivent être traités par la douche froide énergique et courte. Toutefois, lorsque ces malades offrent une certaine impressionnabilité, il vaut mieux préparer le terrain et débuter par une sorle de douche écossaise à l'aide de laquelle on pourra acclimater le patient à la douche froide.

Les dyspeptiques Quaud on a affaire à des dyspeptiques très affaiblis. affaiblis, on commencera par tâter le terrain avec les moyens précédents et, bientôt après, on aura recours aux pratiques toniques puis excitantes : Vaffusion froide, la friction avec le drap mouillé froid, la douche froide en pluie et en jet, et même la douche en cercle.

Lfti dyapcprfM Bans Ips dyspcpsics secondaires, qui sont s»octidaires. |j^^,g ^ certaines affections organiques, il est bien évident que la maladie essentielle devra seule servir de guide dans l'application des procédés hydrothérapiques.

C'est donc à la douche générale que je donne la préférence quand il s'agît de combattre l'hypersthénie gastrique simple ou compliquée, mais à la condition de recourir à la douche combinée que j'ai décrite.

Un indiûAtiûii» Toutcrois certains symptômes de l'hypersthénie «ymptomatiqneii, g^isi^jfjye pcuvent réclamer un traitement local : tels sont le pyiosis, les crampes d'estomac, lagastralgie, les éructations, les vomissements, etc. Ils sont fort souvent amendés par Tapplication d'une douclie locale chaude, froide ou combinée, qu'on dirige, suivant les circonstances, sur la région dorsale ou sur répigaslre. Quelquefois on adjoint à ce modificateur la ceinture humide, le demi-maillot, les lolions, \es frictions dL\ec des compresses ou avec un drap mouillé. Ce dernier procédé a, selon le mode opératoire employé, une action excitante ou sédative qui peut être utilisée à domicile, c'est*à-dirc quand le m^ilade est éloigné d'un établissement hydrothérapique bien organisé,

J'ai^soiivcnl réussi à calmer des crises gastriques qui semblaient irréductibles avec h compresse échauffante dont en maintenait l'application pendant 2 à 12 heures. De même, je vous conseille l'usage régulier, après le repas, du sac d'eau chaude sur l'eslomac ou de Fappareil à circulation d'eau chaude de Verriest (de Louvain).

Lorsque le malade a une peau sèche, parcheminée et paralysée dans ses fonctions, je conseille de faire précéder la douche par une sttdation qu'on obtient avec la plus grande facilité et sans inconvénient à Taide de Tétuve à la lampe.

Quand il existe du vertige, il faut recourir aux procédés hydrolliérapiques indiqués dans la neurasthénie en ayant soin d'éviter de percuter la lête qu'on mouille simplement avec une éponge.

La flatulence relève aussi de la compresse échauffante qxxi sera appliquée au moment du coucher et gardée pendant toute la nuit.

En cas de troubles cardiaques, palpitations, intermittence?, on prescrira le denii-bain de 5 à 10 minutes à la température de 30'-3rî\ Pondant ce dcmî-l);ûn qui arrivera à peu près au-dessous du mamelon, c'est-à-dire au-desrious de la pointe du cœur, on versera sur la tète, le dos et la poitrine de l'eau à la température du bain, et on frictionnera légèrement sur le dos et la nuque, pendant que le sujet se ri'iclionne lui-môme la poitrine et les jambes. Puis on vide la baignoire et Ton verse sur le corps deux seaux d'eau à 2 degrés

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au-dessous de la température du bain, à titre d'affusion calmante (Glatz).

En somme, dans le traitement hydrothérapique des hypersthénies, on tiendra compte non seulement de la maladie, mais aussi du malade et de ses réactions individuelles, et Ton maniera suivant les cas et màme suivant l'état du même sujet les applications sédativL's et toniques, en se souvenant que l'excitation produite par la douche € est d'autant plus vive que l'eau est plus froide, le choc plus énergique, la durée plus courte >. (Glatz.)

Le traitement hydro-minéral des dyspepsies hypersthéniques. Les indications tirées de la maladie, de son évolution et du terrain de la maladie.

iBcertitade II u^cst pout-être pas de station hydro-minérale o\\

hj^^S^ 1'^^ n'ait eu à enregistrer la guérison ou tout au moins dM dyspepsies. Tamélioralion des maladies qualifiées de dyspeptiques ; aussi la plupart des établissements thermaux inscrivent-ils la dyspepsie au nombre des maladies qu'ils revendiquent. Mais, quand on en vient à la pratique et que l'on doit faire le choix d'une cure pour un dyspeptique hypersthénique avec hyperchlorhydrie, la difficulté devient très grande.

Aussi voit-on les auteurs les plus compétents en matière de dyspepsie rester dans le vague quand il s'agit de mettre au point celle importante question de thérapeutique et, dans quelques-uns des ouvrages récents, on tourne la difficulté en se bornant à des renseignements sommaires sur les principales stations qui jouissent d'une réputation traditionnelle dans le traitement des dyspepsies. Cette manière d'envisager la question, très commode pour l'auteur, — puisque, en le dispensant d'entrer dans le déiail, elle lui permet d'éviter bien des erreurs, — n'est, au contraire, d'aucune utilité pour le médecin qui demande qu'on lui donne une ligne de conduite. Ce qu'il faut, en effet, à celui-ci, ce n'est pas l'énumération sèche des maladies que l'on peut envoyer à telle station déterminée, mais bien de savoir quelle est la station qui remplira le mieux les indications multiples et souvent contradictoires présentées par tel malade auquel il donne ses soins.

C'est pourquoi la plus grande confusion règne aujourd'hui dans le traitement hydrologique des dyspepsies où l'on n'a vraiment d'autre

32(î LES DYSPEPSIES

guide qu'une Iradilion loinlaine qui soumet à une cure identique les dyspeptiques les plus dissemblables, saus s'inquiéter préalablement de savoir s'ils pèchent par excitation, par insulïisance ou par ferïnenlalions, CL en ne tenant qu'un compte distrait du terrain sur lequel a évolué le trouble stomacal. 11 en est résulté chez les médecins praticiens un certain découragement causé par les insuccès survenus chez tels de leurs malades dans des stations qui jouissaient du privilège séculaire de guérir les dyspeptiques. Quelques-uns de ces malades revenaient sans amélioration^ quelquefois même avec une ay^gravalion de leur état. Ils font alors des reproches à leur médecin traitant qui, pour ne plus s'exposer à pareille aventure, finit par renoncer aux eaux thermales et se borne à conseiller le bord de la mer ou une cure simplement climatérique. Et c'est ainsi, faute de direction précise, que nombre de praticiens délaissent nos slatJijns hydro-minérales dont la clientèle s'amoindrit ou tout au moins reste stationnaire quand les hydropoles de l'étranger voient, au contraire, leur prospérité s'accroître dans d'énormes proportions V

Le défaut d'indications précises n'est pas la seule cause de l'insuccès fréquent des eaux thermales. Beaucoup de malades considèrent les eaux comme une période de vacances pendant laquelle ils doivent prendre le maximum de distractions. Us pensent aussi que durant la cure les bons effets de Teau minérale leur permettront de relâcher la sévérité du régime qui leur a été prescrit, et ils se livrent à des écarts de nourriture que favorisent les hôteliers en maintenant, malgré les eirorts des médecins, la déplorable table d'hôte où sont servis les mets les indigestes et les plus nuisibles à la cure. Qui n'a pas vu, à Vichy y par exemple, des diabétiques et des dyspeptiques assis à une même table où l'on servait, entre autres légumes, des carottes nageant dans un océan de beurre, et quel bénéfice veut-on que ces malades retirent d'une cure, si indiquée qu'elle soit, quand ils sont soumis à un pareil régime? Il suffirait d'une entente solide entre tes médecins delà station pour mettre fin à de telles pratiques, et je dois dire que le Syndicat général des médecins des stations balnéaires et climalériques a pris énergiquement la question en main*. Il a reconnu Timpossibilité des tables de régime que les malades refusent de fréquenter; mais il demande la suppression de la table d'hôte et son remplacement par de petites tables individuelles où les malades,

L Cadlet. — Remarques sur rétat actuel de la médecine et de rindustrie thermales, 4M\alEs d'kijdti^logie et de climatologie médicalest 1897.

t. J, j4Ni{:ùT. — Sur les tables de régime à orgauiser dans certaines stations tbernaleir Aimatew d'hydrologie et de climatologie médicales, 1897.

TRAITEMENT HYDROLOGIQUE 327

dirigés par leurs médecins, pourront choisir sur la carte du menu les mets qui leur conviendront.

. .. . Pour sortir des incertitudes actuelles au sujet du

dn traitement traitement hydro-minéral des dyspepsies, il faut bydro-mfBéni. pgp^,gj,^jpg j^ g^j^^ j^ f^^j ^q comblc ct s'attachcr i

bien déterminer les indications à remplir.

Cette étude comprend trois étapes distinctes. La première consiste à fixer les indications thérapeutiques que Ton peut tirer de l:i connaissance de la maladie et du malade.

La deuxième comporte la recherche des actions médicamenleuses que les diverses eaux peuvent exercer sur le chimisme stomacal, la musculature gastrique, comme sur Télat général et la nutrition élémentaire du malade.

La troisième sera consacrée à rapprocher le médicament de l'indication et à élabhr comment cette dernière peut être remplie [lar celui-ci. En d'autres termes, les médicaments et les indications étant connus, il ne s'agit plus que de les adapter les uns aux autres.

Les indications tirées de la maladie et du malade peuvent se grouper sous les chefs suivants :

l"" Indications tirées de la maladie considérée en elle-même.

2*^ — — de sa cause, de sa forme et de sa période d'évolulion.

3^ — — de quelques prédominances symptomatiques.

4* — — de ses complications.

5" — — des aptitudes réactionnelles de la maladie et du

malade.

6* — — de la nature du terrain de la maladie. 7* — — des modifications subies par les échanges intra*

organiques et par la nutrition élémentaire.

Les indioatioiiB Lcs indications tirées de la maladieconsidérée d« la maladie, ^jj elle-même peuvent se condenser toutes en une seule qui est de diminuer Texcitation fonctionnelle dont je fais Tacle essentiel de la dyspepsie hyperslhénique; car c'est cette excitation fonctionnelle qui est le point de départ des éléments morbides constitutifs de la maladie, de la sécrétion hyperchlorhydrique, du spasme pylorique, de Thypertrophie fonctionnelle du foie et des fermentations secondaires. Sans insister sur cette indication dominante, je vous renvoie à ce que je vous ai dit quand nous avons étudié les indications thérapeutiques spéciales de Thypersthénie gastrique, indications qui s'appliquent toutes au traitement hydro-minéral.

L€s indioauons ^^ formcde la maladie et sa période d*évotirée^dç la cause, lut ion apportent aussi leurs indications. Ainsi les

dti la forme , • » * • . « .

H de u période hyperslhénies gastriques aiguës paroxystiques, qui sont d*iroiution. ordinairement des expressions stomacales d'un trouble du système nerveux central, exigent une cure purement balnéaire sédative du système nerveux quand elles dépendent d'une lésion comme le tabès, par exemple. Si elles sont d'origine purement névrosique, on usera, suivant les cas, d'une cure balnéaire sédative ou d'une cure d'alliltide. Si elles dépendent du surmenage intellectuel, on utilisera les cures chlorurées-sodiques dans la mesure où elles sont, ainsi que je lai démonlré, reconstituantes du système nerveux par voie d'épargne*. Enfin, en présence des dyspepsies hypersthénîques aiguës transitoires ou intermittentes, on rechercbera si elles sont d'origine réflexe (constipation, lithiase biliaire, troubles hépatiques divers) ou liées à des maladies générales (début de la tuberculose pulmonaire, arthritisme, etc.) ou d'origine alimentaire, afin de conseiller une cure qui vise surtout réiiologie. S'il s'agit d'hyperslhénie gastrique permanente, ce qui est le cas le plus fréquent, on distinguera les malades cachectiques ou frisant la cachexie de ceux qui conservent encore une certaine intégrité de leur étal général ; en d'autres termes, on ne traitera pas les formes initiales comme les formes prolongées.

Lw indicaucns Quaud uu dcs symptômcs habituels de la maladie â» prèdominanoei prcud uue prédominance particulière, il devient par nrmiitoma qaes. ^^j^ naêrne uuc indication urgente, qu'il s'agisse des vomissements, de la constipation, de la douleur, etc.

UfltadioauonB De mémc, sî l'un des retentissements si nombreux deer^tepuasements j^g dyspcpsies, do lit jc VOUS tracerai bientôt l'histoire dauireB organes. cUniquc et le traitement, vient donner à la maladie générnUice une physionomie spéciale dans laquelle le retentissement occupe la première place au moins comme importance immédiate, alors c'est le traitement hydro-minéral de celui-ci qui s'impose. Mais, si considérable que soit cette indication, nous n'en ferons pas état actuellement, car je me réserve d'y revenir et de la traiter quand nous parlerons de ces retentissements de la dyspepsie sur les autres appareils. Disons seulement aujourd'hui que, dans le cas où le choix hésite entre deux cures thermales, s'il existe un de ces retenlissc-

L Alsert Robin. — La balnéalion chlorurée-sodique, 89a aclijii sur la nutrition, set nouvelles indications, Bulletin de VAcadémie de médecine^ 1891.

TRAITEMENT HYDROLOGIQUÉ 32^

menls, on se décidera (oujours pour la station où celui-ci peut êlre traité avec le plus d'avanlages.

Las indieatioiis L'îndicalion tirée des aptitudes réaclionnelles des aptitudes delà maladie et du malade est facile à saisir et à ®™ **' remplir. Le médecin qui connaît bien son malade sait s'il est excitable ou torpide, de même qu'il sait également commcDl réagit son estomac. Ordinairement, les deux réactions, locale et générale, marchent de pair; mais il y a nombre de cas où Ton voit un estomac très excitable chez un sujet dont les réactions générales sont dans le sens de l'amoindrissement. Les cures balnéaires stimulantes et toniques seront alors employées avec avantage. Quant aux cures internes, elles sont tout à fait conlre-indiquées. Je puis vous citer, entre autres exemples, l'observation d'une jeune Américaine de 28 ans, arthritique, que j'avais jadis traitée pour des accès d'hypersthénie gastrique périodique avec crises gastriques violentes. Elle ne souffrait plus de son estomac depuis deux ans, quand elle fui prise d'une légère poussée eczémateuse du visage, du cou et des bras, coïncidant avec des manifestations arthritiques du côté des muqueuses nasale et pharyngée, et avec une élévation notable du taux de l'acide urique (0"',775 par 24 heures). Comme, en même temps, son appétit était fort diminué, que sa langue était légèrement saburrale, et surtout comme son état général était très déprimé, je crus devoir l'envoyer à Royaty à Laussedat qui, après quelques jours, m'écrivit la lettre suivante : c Madame X..., des la nuit qui a suivi le premier jour de son traitement, a été prise de sensations dtj brûlure stomacale et de vomissements, non pas de vomissements alimentaires, mais bien d'une véritable gaslrorrhée acide. Or j'avais prescrit 150 grammes d'eau de César, la plus légère et la moins minéralisée de nos sources, à prendre 3/4 d'heure avant chaque repas, plus un verre de la même eau par petites gorgées, pendant le repas. J'ai fait suspendre le traitement, et je l'ai repris le surlendemain avec des doses plus modestes encore d'eau de César : aussiuVi retour des crampes, des douleurs, et vomi.ssements vers 2 heures du matin d'un liquide hyperacide. Il s'agit là de vraies crises d'hypersthénie gastrique aiguë. L'estomac paraît rétracté sur lui-même. ^ L'eau de Royat, si modérée que fût la dose employée à l'intérieur, mit en jeu une réaction gastrique dont nous ne soupçonnions pas l'intensité. Laussedat cessa donc tout traitement interne; il se borna à conseiller des bains de 20 minutes alternant avec des bains de piscine de 10 à 12 minutes et des pulvérisations d'eau minérale sur la face, le cou, les bras ainsi que sur les muqueuses nasale et pha-

ryngée. La malade lira un grand bénéfice de la cure ainsi conduite et revint très améliorée quant aux accidents cutanés et mnqueux, en mênH2 temps que son état général s'élait tout à fait remonté. J'ai tenu à vous citer cette observation si instructive qui vous montrera combien est urgente l'indication que nous visons actuellement.

LoiiDdioauoiu L'indication du terrain et celle des troubles et dûB^T^ies dans les échanges se confondent, puisque ce que d« la nutrition. Tou uommc Ic terrain organique se traduit toujours plus ou moins par des modifications de l'équilibre nutritif normal. Seulement, la première se détermine par les simples ressources de la clinique, quand la seconde exige, pour être connue, Tintei^vention du laboratoire. Au point de vue qui nous occupe, ces deux indications sont accessoires et ne serviront qu'à faire pencher la balance en cas d'hésitation. Le malade peut être arthritique, lymphatique, scrofuleux, anémique; ses oxydations azotées, sa déminéralisalion, ses échanges ternaires, ses échanges nerveux, etc., peuvent être réduits ou augmentés, et ces éléments divers seront de nature souvent à influencer le choix de telle ou telle station.

L'aotion de quelques eaux minérales sur restomac. — Les eaux minérales et le chimisme stomacal. — - Résumé et conclusions.

Açuon dé quelques Rocherchons à présent quelles sont les eaux miné- «anx miDAraies ralcs qui remplissent les diverses indications qui Bttr ei orna . ^^^^^^^^ pQ^p fésoudro Scientifiquement cette question, il faudrait reviser expérimentalement, d'une façon complète, raclion des différentes eaux minérales sur le fonctionnement de l'estomac et sur la nutrition élémentaire; car la tradition et l'expérience des médecins hydrologues nous a suffisamment renseignés sur tes elTets sédatifs ou excitants généraux de ces eaux, ainsi que sur leurs eiïets à propos de telle prédominance symptoma tique ou de telle complication extra-stomacale. On sait, en effet, qu'en général les eaux indéterminées on faiblement minéralisées, comme Evian^ AleU N ér is y Plombier es j Luxeuil, Bagnères-de-Bigon^By eic^soni sedatives, tandis que les eaux très minéralisées, les sulfureuses, les ferrugineuses, sont douées, au contraire, de propriétés excitantes. On

TRAITEMEIST IlYDROLOGIQUE 33t

sait aussi, par exemple, que ChâtelGuyan, Brides^ Aulm, Kissingen, HombourÇy Carlshad, Marienbad combattent la constipation, lan^lis que Plombières possède une action spécifique contre certaines diarrhées et que Vichy, Brides, Carhbad ont une action élective sur les fonctions du foie, etc. Mais ce qu'on sait moins, c'est justement ce qu'il importerait de savoir : TefTet des eaux minérales sur le chimisme stomacal, puisque celui-ci constitue ici une indication de haute valeur.

Toutefois cette étude, qui a été dirigée en France par la Commission des eaux minérales de l'Académie de médecine, est en bonne voie d'exécution : les travaux de ses stagiaires, Arthus, Cathelineau^ Ranglaret, F. Bernard, Leblanc, etc., ont préparé les solutions à intervenir, et nous sommes déjà en possession d'un grand nombre de documents utilisables.

Les eaux de Vichy stimulent la fonction chlorhydrique, comme le fait, d'ailleurs, le bicarbonate de soude. Mais leur haute teneur en ce sel permet de les employer comme agent de saturation.

Carlsbad excite la sécrétion chlorhydrique, augmente l'activité de la pepsine, la sécrétion biliaire et le pouvoir absorbant de la muqueuse stomacale (Sandberg et Ewald'). Jaworski pense qu'une cure prolongée à Carlsbad peut amener l'hypochlorhydrie, mais Sandberg et EwALD émettent une opinion contraire. Spitzer dit que Carlsbad augmente la motricité gastrique et ramène THCl en excès à la normale*. Kraus affirme que ces eaux activent la résorption de la graissée

D'après IIérard de Bessé, la source Saint-Léger de Fougues stimule tous les éléments du chimisme stomacal et augmente, en particulier, la chlorhydrie. Cependant, quand elle est privée de son acide carbonique par le chauffage à 70"* et qu'elle est ainsi prise en mangeant, elle diminue l'HCI libre en accroissant l'HCl combiné aux matières organiques*.

WoLLF^ assure que les eaux chlorurées de Wiesbaden et de Kisnngen diminuent l'acidité gastrique, comme le fait d'ailleurs le chlorure de sodium d'après ses expériences et celbs de Reichmann®. .Mais, comme Jaworski' déclare que le chlorure de sodium n'influence ()as la sécrétion de l'HCl, et que, d'après Cahn*, le même sel activerait

1. Sandberg et ëwai.d. — Centralblatt fur die med, Wissensch., 1888, p. 337.

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