DELA DYSPEPSIE HYPOSTHÉNIQUE OU INSUFFISANCE GASTRIQUE
LES nYSI>E1*SIES llYPOSTUeNiQCES FONCTIONNELLES ET LfiSIONALES L'ËTIOLOGIE - L'EXPRESSION CLINIQUE GËNÉRALE — LA STHPTOHATOLOGtE LE CHIMISME STOMACAL LES FOHUb;» -LE PRONOSTIC— LE DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
I Considérations générales. — L'étiologie. — Les dyspepsies hypoathéniquas fonctionnelles et lésionalefst.
Considérations La dyspepsiô liyposlhéniqueouinsuffisancegastrique
gèaérai». correspond, en partie, à Tatonie gastro-intestinale nenrastliénique de BouvEnET,à la dyspepsie nervo-molrice de A, Matihku, à riiy[>ochlûrhydrie de la majorité des auteurs, à la dyspepsie asLhcnique de Soupault^ à ladyspepsie nerveuse de Leube*,
Elle est caractérisée par une diminution des sécrétions et de la fonction stomacale, avec hypochlorhydrie ou même anachlorhydrie, et par un affaiblissement de la motililé stomacale qui aboutit plus raremont à la dilatation, parce que la sténose pylorique est beaucoup plus rare. Elle complique bien souvent des maladies organiques de Teslomac ou d^s maladies diathésiques et se rencontre aussi comme espèce morbide défïnie, ayant une existence propre, indépendante de toute autre afferlion deforgane.
1, SouPAULT» — La d;>i><îpsif nerveuse, Thèse de Paris, 1893.
î. Lelbk, — Dt'Utsvfies Archiv fur klinische Medicin, t. XXUr, 1879.
LES DYSPEPSIES HYPOSTHÉMQUES 343
RiEGEL a publié, à ce point de vue, une statistique inlércssante qui a été le point de départ de bien des erreurs commises au sujet de la dyspepsie hyposthénique, erreurs que j'ai partagées moi-même jusqu'au moment où j'ai été éclairé par une plus rigoureuse observation des faits. D'après cet auteur, sur 128 cas de malalli^^^ de l'estomac, il y en avait 69 atteints de dyspepsie avec hyperchloi liytirie, 40 atteints de troubles organiques ou diathésiques divers, dont beaucoup étaient liés à un état hyperslhénique ancien, et II* soiitement souffraient de troubles coïncidant avec l'hypo ou TarKichlorhydrie. Or ces 19 malades étaient presque tous atteints de It'sjnns matérielles. En effet, dans 16 cas, le trouble de la sécrétion se irouv;iii causé par un cancer; un autre cas présenta, à l'autopsie, ûij la dégénérescence amyloïde de la muqueuse; le dix-huitième aviiit di^s reflux de bile, d'origine réflexe, dans Testomac ; il ne s'en hoiiva donc qu'un seul qui eût une insuffisance fonctionnelle sans lésion et d'origine purement dyspeptique.
J'ai commencé par partnger cette manière devoir, tout en ilonnant cependant une place beaucoup plus importante à rinsufflsanee purement l'ontionnelle et, sous l'empire de cette conviction, j'oi accordé à rinsuffisance d'origine lésionale une prédominance qui n'est certainement pas conforme à la réalité des faits. Mais des m^ qui se sont présentés, coup sur coup, à mon observation ont niodiflé cette opinion et m'ont fait reprendre l'étude des observations qui avaient semblé la légitimer. Il en est résulté une interprétation différente, et aujourd'hui j'oppose nettement rhyposthénte gastrique fonctionnelle à l'hyposthénie lésionale, tout en reconnaissant que cette dernière est la plus fréquente.
D'ailleurs, si, depuis les travaux de Martius et Lubarfii ir' sur Tachylie gastrique, on considère que celle-ci, qui est caroei''ri?ée par l'absence de sécrétion gastrique, traduit une atrophie de hi muqueuse de l'estomac, il n'en est pas moins vrai que Einhorn' a ciuj un cas d'achylie gastrique ayant duré cinq ans et dans lequel la séetétion stomacale finit par reparaître, ce qui écarte, dans ce cas au moins, l'idée d'atrophie de la muqueuse. Et Riegel^ finit aussi par adopter cette manière de voir, puisqu'il décrit une hypochylie cl uneachyliegaslrique nerveuse.
Je ne m'attarderais pas à discuter ces distinctions, si elle^ n'avaient qu'une valeur exclusivement nosologique. Mais elles Yiseni
1. Martius et Lubarsch. — Achvlia gastria, ihre Ursachen und ihre Fdgc, Leif'fj et Vienne, 1897.