CHELMON&iti. — Revue de médecine
3. BiFti^j^cEfn — Vratchf 1891. Il y a une anulysc de ce mémoire dans la Province
dyspeptiques en puissance, el cela est surtout vrai chez quelques jeunes gens qui, par excès de toutes sortes, travail forcé, écarts de régime, sont particulièrement disposés à devenir dyspeptiques.
D'autres fois on trouvera des malades franchement hypersthéniques et qui, accidentellement, peuvent se trouver en état d'hypo ou d'anachlorhydrie. C'est que, sous le coup de la fatigue des organes, il arrive à ces malades d'avoir des crises d'insufTisance.
Entre ces formes latentes et les formes graves, il existe une quantité de cas intermédiaires se prêtant mal à une description d'ensemble. Enfin il existe nombre de faits où Tinsuffisance est transitoire, où elle alterne avec un chimisme normal ou même avec rhyperslhénie. Ces cas de chimisme stomacal variable se rencontrent, entre autres, chez les lilhiasiques biliaires.
On conçoit, par ce rapide exposé, combien il est difficile de consti^ tuer un type de description de Thyposthénie gastrique. Ce type, n'étant pas toujours superposable à tel cas individuel, pourra paraître forcé et inexact. Néanmoins nous devons nous efforcer de dégager ce type qui existe en clinique et qui garde, à travers les modilications que lui font subir les réactions personnelles a chaque individu, de3 traits permanents qui permettent de le dépister. En réalité, ce qu'on doit chercher, en pareille matière, c'est de pouvoir se passer de 1 examen du chimisme stomacal, en mettant en relief les détails symptomatiques qui le caractérisent. En suivant notre service, vous avez pu vous assurer que, dans la plupart des cas, on peut arriver au diagnostic sans l'aide du chimisme stomacal, grâce précisément aux caractères cliniques fondamentaux qui sont communs à la majorité des malades. N'empêche qu'il existe des faits aberrants pour lesquels la connaissance du chimisme stomacal sera seule capable d'imposer le diagnostic; mais le nombre de ces cas se restreindra de plus en plus.
u Pour établir le type en question, prenons ses carac-
tymptomatoiogia. j^p^g fondamentaux qui représentent, avec une curieuse exactitude, le contre-pied des symptômes qui caractérisent la dyspepsie hypersthénique.
Le dyspeptique a plus ou moins perdu son appétit; tantôt c*est une anorexie totale; tantôt c'est un appétit irrégulier; tantôt, enfin, il y a appétence pour quelques aliments, dégoût pour les autres; mais tout cela est très individuel : ainsi l'un de nos malades avait horreur du lait et des légumes verts, mais mangeait assez volontiers la viande et les féculents; tel autre aime le lait et déteste les acides; tel enfin les recherche. Mêmes différences existent aussi au sujet des boissons.
La tendance générale est du côlé de Tanorexie, et cependant, malgré la difficulté de ralimentalion, le malade n'a pas l'aspect amaigri, aspect qui frappe chez les hypersthéniques, et il est rare de voir ici le contraste qui existe chez ces derniers entre la voracité du sujet el son amaigrissement, voire son aspect cachectique. Au contraire, le fficiès, raspecl général restent plutôt satisfaisants, ainsi que les forces physiques qui ne paraissent pas amoindries parallèlement avec les troubles digesliTs. Ce qui domine du côté de Tapparence extérieure, c'est une pAleur jaunâtre du visage avec une tendance à la boufûssure.
La s 0 i f est ordinairement modérée.
La langue est le plus souvent mauvaise, soit franchement saburrale, soit simplement jaunâtre à sa partie moyenne. Tantôt elle est iiniforménient blanche et plate, avec un enduit relativement peu épais, tiuuôl IViiduit, plus ou moins jaunâtre, occupe surtout la base landis que Texh émité et les bords ont une teinte opaline. La langue n'est normale que dans 15 p. 100 des cas; encore ces derniers comprennent-ils loïis les cas latents. A cet état plus ou moins saburral dn. la langue se joint une sensation d'amertume avec un goût pAteux, sensible surtout le matin au réveil et accompagné d'un état semi-nauséeux, très pénible.
Le repjs s'elfectue tant bien que mal, mais à peine est-il terminé que le malade éprouve une pesanteur ou des tiraillements pénibles dans l'estomac; il se sent gonflé, il a besoin de desserrer ses vêtements; il éloulîe; son cœur bat violemment; il a quelques éructations inodores qui semblent uniquement formées par Fair dégluti avec tes aliments. Sa figure rougit, se congestionne; cette congestion est parfois générale, mais le plus souvent localisée aux joues et surtout au nez, au grand désespoir des femmes qui nous consultent souvent pour cet accident qui les défigure momentanément. En même temps, le malade se sent envahi par une invincible somnolence; il lui est ini[»ossible de se livrer à un travail quelconque avant d'avoir dormi. S'il dorï pendant quinze à vingt minutes, tout va bien : il se réveille soulagé el plus alerte; mais, si le sommeil se prolonge, le réveil est pénible, avec la tête lourde, les membres rompus et une sensation de malaise ou de défaillance.
len Dans l'heure qui suit le repas, quelquefois même
oH»« g«Mri«ti«. jjnmédiatement à la fin de celui-ci, la sensation de pesanteur ou de tiraillement prend, chez quelques malades, les allures d'une véritable crise qui a rarement l'acuité de la crise des hyperslhéniqiïes. Les malades disent qu'ils sont serrés comme dans un é!au, qu'ils ont des crampes, des douleurs, etc. Cette douleur reste
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localisée au creux de reslomac ou s'irradie dans Tabdomen ou sous les fausses côtes. Elle s'accompagne ou non de régurgitations, d'un mérycisme partiel et quelquefois de vomissements.
Ces vomissements constitués par le repas qui vient d'être pris sont peu ou pas acides quand ils ont lieu dans l'heure qui suit ce repas ; s'ils se produisent plus tard, ils sont le plus souvent acides, à cause des fermentations secondaires. Alors l'expulsion du contenu stomacal est précédée d'une crise de pyrosis ou d'un accès douloureux dont la forme et l'inlensité varient beaucoup, qui offre de grandes ressemblances avec la crise des hypersthéniques et que le vomissement calme aussitôt. Rien de plus variable, suivuntles malades, que la survenance de ces vomissements. Rares chez quelques-uns, ils sont chez d'autres d'une désespérante ténacité. Toujours est-il qu'un grand soulagement les suit, au point que certains malades les provoquent en mettant leurs doigts dans l'isthme du gosier dès qu'ils sentent venir la crise. D'une façon générale, chez les hyposthcniqucs, le vomissement a lieu beaucoup plus près du repas que chez les hypersthéniques.
Quand il n'y a pas eu de vomissements, la digestion s'achève peu à peu, l'estomac expulse son contenu dans le duodénum sans trop de difficultés; car, à moins de fermentations acides, il n'y a pas de spasme pylorique. Cette expulsion est souvent relardée, à cause de raffaiblissement de lamotilité stomacale, mais sans comparaison avec le retard constaté dans l'hypcrslhénie. Cependant, si quelques malades éprouvent à ce moment un soulagement marqué, il arrive que beaucoup d'autres ne sont pas débarrassés de tout malaise. Ce n'est plus une crise gastrique, ni même une douleur; ce sont de fausses faims, des tiraillements, des sensations dévide, des bâillements, une lourdeur conslrictive spéciale de la tête, de l'agitation, du vertige, etc. Bref, la multiplicité de ces sensations est telle qu'elles vai ient presque suivant chaque malade. Ce qu'il faut retenir, c'est l'époque de leur apparition et le sens général de leur expression.
Chez les hyposthéniques, la crise nocturne peut apparaître calquée à peu près sur celle des hypersthéniques; mais elle est alors provoquée par le développement d'intenses fermentations acides.
Lesfonotions Lcs fouctious intestinales sont troublées. Il y
intestiiiaïas. ^ ^^ météorisme plus ou moins prononcé, accompagné d'une tension désagréable qui s'atténue par l'expulsion des gaz. Pendant les premiers temps de la maladie, les garde-robes sont régulières; mais la constipation s'installe au moins chez la plupart des sujets. Une statistique portant sur cent cas m'a fourni les chiffies suivants :
Constipation 78
Garde-robes normales 16
Diarrhée 6
"ÎÔÔ
Mnis ce qui existe plus rarement dans l'hyposthénie, c'est celle constipulion rebelle de l'hyperslbénie avec sa coprostase iliaque el reclale, source de tant d'erreurs de diagnostic et de Iraitemenl. Les mnliôres Técales sont réduites en boules ou formées de petits cylindres. D'après deux analyses personnelles, elles paraîtraient renfermer moins d'azote inutilisé que les matières des byperstbéniques.
Liii Les résultats de l'exploration de l'estomac et
iîgn« phy4iqo«i. ^jj f^jg acccntucnt encore la différence clinique et viennent aider au diagnostic. L'estomac est souvent méléorisé. Ce météorisme est favorisé par l'atonie de l'organe, mais la distension véritable ne se produit que si des fermentations viennent acidifier à un haut dejïré le contenu gastrique et provoquer un spasme du pylore. En dehors de ce cas, on perçoit du clapotage cbez nombre de malades penrinnt la première partie de la digestion; mais le caractère essenliel de ce f lapotage, c est de n'être pas plus permanent que constant. Sur cent cas qui ont servi à ma slalislique, je compte :
Clapotage gastrique 35 Vo
Pas de clapotafre 65 7o
Le foie n'est gros et douloureux que dans 50 p. 100 des cas. Encore, dans la plupart sinon dans toutes les observations où cet organe débordait les fausses côtes, ai-je constaté des fermentations acides plus ou moins actives. Le foie grossit alors par excès de fonction co:nine dans l'hypersthénie; car, quesafonclion soitstimuléeparTHCl ou par des acides de fermentation, il ne peut y avoir de différence quant au surcroît de travail imposé à l'organe, travail qui est bien plutôt fonction de la quantité que de la nature de l'acide excitateur.
u»symptAm6« Sur 00 foud dc symplômcs dominants viennent se
secEîiidfliï-És. greffer fréquemment des symptômes secondaires qui prennent une telle prédominance qu'ils obscurcissent l'expression de la dyspepsie et deviennent l'occasion d'erreurs de diagnostic. Ces symptômes ne sont autre cbose que dos retentissements de la dyspepsie sur d'aulres organes : nous en ferons l'objet de Leçons spéciales* Mais il en est, parmi eux, qui affectent ici une réelle
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prédominance : ce sont les retentissements nerveux et parmi eux les migrai nés, les céphalalgies, le vertige; ce dernier est particulière ment fréquent dans la dyspepsie hyposthénique. Mais il faut bien se garder de croire que ces retentissements nerveux soient exclusivement conjugués à la forme de dyspepsie qui nous occupe, car on les rencontre aussi dans les hypersthénies gastriques et dans les fermentations qu'elles soient primitives ou secondaires. 11 n'y a donc pas de conclusion diagnostique à tirer de Texistence de l'un quelconque de ces retentissements et ce fait, tout négatif qu'il est, n'est pas sans intérêt. H me semble qu'il fournit un nouvel argument à l'appui de leur nature réflexe, puisqu'ils sont observés même dans des cas où les fermentations sont totalement hors de cause. Comme Charcot l'avait parfaitement signalé, les retentissements nerveux ne se rencontrent jamais ou presque jamais dans les affections graves de l'estomac; ils sont exceptionnels chez les grands sténoses, dans l'ulcère, dans les cancers, dans les gastrites chroniques, et leur maximun de fréquence a lieu dans les troubles fonctionnels, dans les affections pour ainsi dire superficielles de la muqueuse gastrique. A ce titre, ils possèdent donc une valeur diagnostique générale dont vous aurez maintes fois l'occasion de vérifier l'exactitude.
Résumé Appétit faible ou nul, conservation relative de l'état
dm symptômet. général, aspcct pâle jaunâtre avec tendance à la bouffissure, langue blanche, absence de soif, troubles congeslifs du côté de la peau, étoufTements, palpitations, somnolence survenant aussitôt après le repas, crises gastriques plus rares, vomissements fréquents, constipation sans coprostase rectale, estomac souvent météorisé, clapotant rarement et irrégulièrement, foie normal dans les 2/3 des cas : tel est l'ensemble des signes cliniques essentiels de la dyspepsie hyposihénique que Ton peut opposer à ceux de la dyspepsie hyp.rsthénique.
Le chimisme stomacal. — Ses traits dominants.
La cumisma Quaod Ics éléments de ce syndrome seront trop
stomacal. incomplcts pour entraîner le diagnostic, l'examen du chimisme stomacal donnera des résultats décisifs. J'ai analysé dans le tableau suivant les cent cas qui ont servi à ma statistique.
Tableau XXIII. — Le chimisme stomacal dans 100 cas de dyspepsie hypo^thénique.
DÉSIGNATION
dea
QuaoUlé du liquide retiré par la sonde.
Couai^iaoce.
CouJear
Acidité lotnJecïprîmée en IICl
Acide chlorbydnjue libre.
Acide chiorhydrït^uo corïihiné hvm albuminoïdes.
Acides de fermeutalion.
CARACTÈBES GÉNÉRAUX du