‹ Les maladies de la nutrition. Les maladies de l'estomac, diagnostic et traitementChapitre 171 sur 177 · Drbove et KÉHOND. — Lavage de Testomac, Paris, iH9t · texte numérisé non relu

Drbove et KÉHOND. — Lavage de Testomac, Paris, iH9t

répétée, loin d'améliorer la nutrition et Tétat général^ finit par les troubler en soustrayant une trop grande quantité de résidus alimentaires, d'où une cause d'amaigrissement de plus. Celui-ci s'observe surtout chez des sujets qui ont appris à laver eux-mêmes leur estomac et qui, soulagés une première fois par le lavage au moment de la crise gastrique, en arrivent à se laver à la moindre sensation indicatrice de la crise. Je lui reproche aussi de diminuer l'appétit et de n'améliorer en rien la digestion gastrique.

En somme, vis-à-vis d'un estomac qui fermente, se pose le dilemme suivant : Ou bien on lavera Teslomac à jeun, ce qui ne remédiera pas aux fermentations qui se produisent après l'ingestion des aliments, ou bien on le lavera plusieurs heures après les repas, et alors on soustraira à la digestion intestinale le chyme qu'elle peut encore utiliser. Si l'on essaye, comme Riegel, de tourner la difficulté en pratiquant un lavage unique vers 5 à 6 heures du soir pour enlever les résidus du repas plus copieux de midi, on n'en supprime pas moins la digestion intestinale du principal repas, sans améliorer pour cela la digestion de Tautre.

J'abandonne donc le Javage de l'estomac en tant que traitement systématique et je l'emploie symptomatiquement chez les malades à estomac très distendu ; à sténose pylorique, spasmodique ou lésionale, accentuée ; quand l'évacuation pyïorique est très retardée ; quand les crises gastriques ne sont pas arrêtées par nos moyens habituels, la saturation alcalino- terreuse par exemple ; quand l'antisepsie indirecte est impuissante ; quand l'usage des laxatifs et même des purgatifs n*a produit aucune amélioration; enfin, quand les fermentations prennent le type putride hydrosulfuré. La présence dans l'estomac, le matin à jeun, de résidus alimentaires abondants, très acides ou exhalant une mauvaise odeur est encore une indication. Â mon sens, le lavage n'est donc plus qu'un traitement de circonstance.

8a tedmurae La techuiquc du lavagc cst la même que Celle de

l'exploration stomacale. On se sert du tube de Faucher ou de celui plus rigide de Debove. On élève l'entonnoir pour faire pénétrer le liquide, et on l'abaisse pour évacuer celui-ci par le mécanisme du siphon. Il convient de n'introduire qu'un demi-lilre de liquide à la fois, mais on répète plusieurs fois l'opération jusqu'à ce que le liquide revienne à peu près clair.

En général, le lavage sera pratiqué le plus loin possible des repas. Si les malades ont des crises gastriques nocturnes, on le fera vers

les 11 heures du soir aûn de favoriser le repos de la nuit. Autrement on le fera le matin, au réveil, pour débarrasser Teslomac des résidus du dernier repas.

On a employé, pour ce lavage, les préparations les plus variées : eau de Vichy, solutions de bicarbonate de soude ou de sulfate de soude à 6 p. 1000, de salicylate de soude à 2 p. 1000, à* acide borique à 3 p. 100, de thymol à 0,50 p. 100, de résorcine à 2 ou 3 p. iOOO, d'acide phénique à 0,50 p. 100, d'acide salicylique k 2 p. 1000, de permanganate de potasse à 0,50 p. 1000, de benioate de soude à 5 p. 1000, d'eau chloroformée plus ou moins étendue, de lait de bismuth à 20 p. 500, d'HCl à 2 p. 1000, etc. En général, je préfère Veau bouilliey ou Veau de Vichy, ou encore la solution de bicarbonate de soude. Si Ton se sert de Tune de ces solutions alcalines, il faut, comme le recommande A. Mathieu, donner un repas peu de temps après, une demi-heure environ.

Les vomi tifs sont un moyen accessoire d'antisepsie mécanique d'une très grande valeur. J'ai eu Tidée de les employer en voyant un malade, atteint de dyspepsie de fermentation avec grande distension gastrique par spasme pylorique, revenir très amélioré d'une croisière pendant laquelle il avait beaucoup souffert du mal de mer avec vomissements, alors qu'aucun traitement antérieur n'avait réussi à modifier son état. Depuis loi*s, j'ai eu souvent l'occasion de recourir aux vomitifs et j'ai presque toujours eu à m'en louer. Nous avons en ce moment même, dans nos salles, un dyspeptique de 53 ans chez lequel l'amélioration a été très marquée dès le deuxième vomitif qui a fait disparaître les flatulences, les crises gastriques, réveillé l'appétit et neltoyé la langue. Le chimisrae stomacal a présenté les modiîications suivantes :

Tableau XLII. — Le chimisme stomacal avant et après l administration des vomitifs.

Les ▼omltlfs.

CARACTERE (lu

CONTENU STOMACAL

AVANT 10 novembn

APRES 16 novembre.

Acidité totale

grammea.

grammes.

HCJ libre

HCl orcraniaue •

Acides de fermentation (en HOl)

Leop Le meilleur vomitif est Vipéca^ à la dose de i'%50,

mode d'emploi, ^jj jj^^jg paqu^is doDués à uiî quaft d'heure d'intervalle,

dans un demi-verre d'eau tiède. A la première sensation de nausée,

et après chaque efl'ort de vomissement, on donne un autre verre d'eau

tiède, afin que Teslomac ne se contracte pas à vide.

Le vomitif ne vide pas seulement l'estomac , mais il agit aussi sur sac^ntractilité qu'il stimule, en même temps qu'il modère le spasme pylorique puisqu'il diminue la distension et qu'il tend à régulariser la sécrétion. Le lendemain du jour où le vomitif a été pris, l'estomac est vide, à jeun, tandis que les autres jours il renferme un peu de liquide. Les malades reprennent meilleure mine, dorment mieux, foient leur appétit renaître. Ils ne sont plus brisés au réveil ; ils se sentent moins déprimés au cours de la journée.

Évidemment un seul vomitif ne suffit pas ; on se guidera, pour les renouveler, sur les sensations du malade. Nous avons donné en moyenne trois vomitifs à trois ou quatre jours d'intervalle. Pourtant leur action est si désagréable qu'ils ne sauraient être conseillés que comme moyen d'exception, dans les cas rebelles où Ton a épuisé déjà, toutes les autres ressources de la thérapeutique. Mais, si les malades les acceptent sans trop de répugnance, je conseille de commencer toujours le traitement de la dyspepsie de fermentation par l'adminisiration d'un ou de deux vomilifs, à un intervalle dehuit jours, car je ne leur reconnais d'autre contre-indication que l'horreur qu'ils inspirent aux malades.

LMvoroattfB ^^^ purgatifs constituent aussi un moyen adju-

vant d'antisepsie mécanique puisque^ en aidant au cours des matières, ils favorisent le passage du chyme dans l'intestin. Vous n'aurez que l'embarras du choix parmi les formules qui vous ont été indiquées ^

Ufoufro Beaucoup de malades se trouvent fort bien du

soufrCy qui agit aussi comme antiseptique indirect et qui stimule les contractions intestinales. Employez-le suivant la formule ci-dessous:

y Soufre sublimé et lavé *. . . ) ,, ,^

Magnésie calcinée S ^ *<> grammes

F. s. a. 10 paquets. 1 à 2 paquets par jour, à la fin du déjeuner ou du dtner.

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