Brossard. ' Bulletin général de thér<^utique
4. Pois t Sans. — Criterio catholico en las ciencias medicas, 1899.
Les àiiéT tno«a Rcmarquez encore que jamais on ne s'est entendu dAD*Lftohoix sur le choix du meilleur antiseptique stomacal, ce qui
Rdsem HA L préconise Vacide borique; Ewald donne de 2 à 4 grammes do benzonapltlol par jour; Naunyn préfère les acides benzoîque et phenique; Mac-Naught propose T^au chlorée, h salai et le salicylate de soude: Kihn, le salicylate de soude ciVacide salicylique, puis le bentoafe de soude, le phénol, la saccharine, la résorcine, la créosote, Yaeidc borique; Wissel, la créosote, le sous-nitrate de bismuth, le saliri/htle de soude, le sulfure de sodium; Boas, le salicylate de soude k la dose de 1 à 2 grammes, Vacide salicylique de 0,30 à 0,50, la saccharine; Dujardin-Beaumetz, Veau boriquée à 1 ou 2 p. 100, Veau s%dfii-rftrbonée\ le salicylate de bismuth; Einhorn, la résorcine et le sùus-nitrate de bismuth en suspension dans Teau*.
LtiAût Vacide salicylique, qui figure souvent dans celte
sidioyikae. éuumération, serait certainement Tantiseptique de choix, s'il nVlait pas si irritant pour l'estomac. J'ai cité, pour ma pari, des cas où Vacide salicylique avait provoqué chez des typhiques des ulctiralions du pharynx^ et Henri Benjamin* l'a vu ulcérer la muqueuse stomacale d'un cheval. Cependant G. Sée le recommandait à faible dose comme le meilleur médicament des fermentations gazeuses, etSoupAULT l'administre encore à la dose de 0'',25, associé en un cachet a 1 gramme de phosphate de soude, après les repas. Je couvicns que, dans ces proportions, il peut rendre des services, mnis à In condition de n'en pas prolonger Tusage.
1 ♦ Fjjrmule do Veau sulfo-carbonée :
^ Sulfure de carbone pur 25 grammes
Eau 500 —
Essence de menthe XXX gouttes
Agitez et décantez. — Donnez de 5 à 10 cuillerées à soupe par jour dans de Teau rougie ou du lait.
%. Formula de M. EiNHORN :
!^ Résorcine «i grammes
Sous-nitrate de bismuth. ... 20 — Eau distillée 200 —
M. i, a. Une cuillerée à soupe dans un verre d*eau, trois fois par jour, une demi-heure avant le repas.
3. Alueïït Rouen. — Note sur raclion de Tacidc salicylique dans la fièvre typhoïde, Compkn tendit^ de la Société de biilogiet p. 32, 1877.
L H. Uënj^siim. — Action caustique de l'acide salicylique sur les muqueuses oesophajçienne et gastrique du cheval, Comptes rendus de la Société de biologie, p. 105, 1877.
L'antisepsie gastrique indirecte. — Le fluorure d*ainmonium L'îodure double de bismuth et de cinchonidine. — Le soufre iodé.
L'antisepsia Puisquc Tantisepsle stomacale directe a fait raillilD^
atr^qpsie il fe^l chercher ailleurs. Or trois voies s'ouvrent à
mteaniqae. nOUS.
La première, remplie par le régime, est de n'iniroduire dans l'estomac que des aliments peu fermentescibles et stérilisés par une forte cuissoD.
La deuxième consiste à trouver des antiseptiques indirects qui puissent être employés à doses assez faibles pour n'altérer en rien les actes digestifs.
La troisième a pour but de remédier aux stases gaslro-inteslinales en entraînant au dehors les matières en fermentation et les résidus digestifs : c'est l'antisepsie mécanique.
L'antuepcie L'autisepsic indirecte consiste à inhiber raclion
indirecte. ^gg fermcuts figurés sans entraver laclivité des ferments solubles, des zymases qui sont les indispensables agenls de la digestion normale. Trois médicaments que j'ai introduits dans la thérapeutique depuis quelques années répondent à celte formule ; ce sont : le fluorure d'ammonium^ Viodure double de bismuth et de cinchonidine et le soufre iodé.
Le ftaorure Le fluorure d'ammonium est employé dans les in-
dammoninm. (jûgtries dcs bières et de la distillerie, depuis les travaux de J. Effront \ pour arrêter la fermenlalion lactique qu'il inhibe à la dose de 1 pour 1000. Je partis de ce fait pour inslituer
1. J. Effront. — De l'influence des fluorures sur l'accroissement ou le développement des cellules de levures alcooliques, Moniteur scientifique, p. 449, 790 et 1013, 189U: p. 251 et 1138, 1891; p. 81, 1892; p. 18i, 1893.
Voyez aussi les travaux suivants : Soxhlet, Zeitschrift des Landwirthverein inDayern, juillet 1890.— Glassenap, Baltische Wochenschrifty mars 1891.— Sorel, Comptes retidus de V Académie des sciences, février 1894. — Arthus et Huber, Comptes rendus de l\\cadémie des scienceSy 14 nov. 1892. — H. Cathelineau et A. Lebrasseur, Sur l'empioi des fluorures dans les industries basées sur les fermentations, Répertoire de pharmacie, juitijuillct 1894. — L. Baudouin, Traitement des fermentations normales de Testomac p&r Je fluorure d'ammonium. Travail du laboratoire de thérapeutique d'ALBERT Robin, Thèse de Paris f 1898. — Blaizot, Comptes rendus de la Société de biologie, 21 marsi81H. — H. Tappeimer et Obolensky, Archiv fur experimentelle Pathologie und Pharmacologie, ^ XXV, p. 203.
h\0 LES DYSPEPSIES
des expériences qui me révélèrent que cet agent entravait l'action des ferments figurés sans influencer l'action des ferments solubles. Ces recherches furent reprises par Arthus etHuBER,qui confirmèrent mes premières observations, puis plus tard par Blaizot. Les ferments solubles de la salive, du suc gastrique, du suc pancréatique conservent leurs propriétés même au contact d'une solution de fluorure d'ammonium à \ pour 100 qui inhibe le bacille du choléra, le staphylococcus pyogenes aureus, le bacille butyrique, le coli-bacille {Tappeiner), le bacilius anthracis, etc.
Les fluorures sont peu toxiques. Le fluorure de sodium est toxique à la dose de (fi\\b par kil. d'animal pour Tappeiner, de 0^',08 pour Blaizot. H. Cathelineau et Â. Lebrasseur ont fixé la toxicité du fluorure â^ ammonium en injection veineuse à 0'',128 par kilogramme. Brandl * a pu donner sans inconvénient à un chien une dose quotidienne moyenne de 0«',50 à 0»',60 àt fluorure de sodium, du 7 féfrier 1891 au 16 novembre 1891, sans observer le moindre accident. La plus grande partie des fluorures ingérés s'élimine par l'urine ; un dixième de l'excrétion totale a lieu par les excréments. Une minime proportion tend à s'accumuler dans les os qui, normalement, renferment déjà des fluorures.
Son modfl d'flBBioi ^^^^ usage cst douc sans aucune nocuilé, d'autant plus que les doses actives sont pour ainsi dire insignifiantes. J'ordonne, eu effet, de prendre, à la fin du déjeuner et du dîner, une cuillerée à soupe de la solution suivante :
^ Fluorure d'ammonium 0^,10 à i gramme
Eau distillée 300 grammes
Dissolvez.
Cette dose journalière correspond de 0<^,01 à 0^,10 de fluorure d'ammonium par 24 heures, quand la dose toxique serait de 8»',32 en injection veineuse, pour un individu pesant 65 kilogrammes. Cette dose peut être supportée sans le moindre dommage. Je l'ai employée dans plusieurs centaines de cas, sans jamais observer le plus léger inconvénient.
8m «ffets. '^ '^"^ maintenant vous démontrer son efficacité.
La meilleure preuve réside dans l'amélioration que le
I. J. Brandl et U. Tappeiner. — Ueber die Ablagerung von Fluorverbindungen im OrgamMmug, Zeitschrift fur Biologie, p. 518-539, 1891. — L'animal en expérience éproaira des voroi83ements quand on éleva la dose de fluorure à 0*'|90 et à 1 gramme.
malade éprouve dans la pluparl des cas, et cette preuve est corro* borée par Fanalyse du contenu stomacal. Voici quelques chiffres :
Quatre dyspeptiques présentant de 0,7 à 0,9 d'acides de fermeiUation exprimés en HGl, soit en moyenne 0,825, n'ont plus présenté qu^uEiâ moyenne de 0^,30 après six jours de traitement.
Six dyspeptiques ayant de 0,480 à 0,600 sont descendus à 0,28 après huit jours de traitement
Trois malades se sont abaissés de 0,45 à 0,07 après huit jours.
Trois malades se sont abaissés de 0,890, 0,780 et 0,425 à des traces indosables.
Yoici maintenant une observation type qui vous fera juger de rinfluence du fluorure d'ammonium sur la digestion stomacale :
Tableau XL. — Examen du covUenu stomacal avant et après Vad^ ministration du fluorure d'ammonium à la dose de O^', 05 par repas.
CARACTÈRES du
COHTBND STOMACAL
AYANT
APRÈS
huit jour;^
HCiUbre
Acidité totale en acide lactique
Albumine coagolable par la chaleur
Syntonines
Peptones
Digestion des féculents
grammes.
très abondantes*
très diminuées.
passable.
grammes,
normales.
normales, bonn€.
Non seulement les fermentations lactiques ont été notablernenl réduites, mais encore la digestion des albuminoïdes et des féculents s*est trouvée sensiblement améliorée. Certes, on n'obtiendra pas dans tous les cas et si rapidement des résultats aussi marqués et aussi complets que dans cette observation; mais je vous répète que, chez la majorité des malades atteints de fermentations lactiques, vous n'aurez qu'à vous louer de remploi de ce médicament. Une dernière remarque : le fluorure d'ammonium m'a paru surtout indiqué dans les fermentations lactiques, tandis que Viodure double de bismuth et de cinchonidine semble réussir principalement dans les fermentations butyriques.
5t2 LES DYSPEPSIES
,., ^ ^ ^, Viodure double de bismuth et de cinchonidine ou
Liodure double
debismath éi^ythrol (A. Lebrasseur) se présente sous Taspect
it de olnobonldine. ,, i . i /^ t • i t i i o
(1 une poudre très fine, rouge vif, insoluble dans 1 eau, inodore, qui jouit de la propriété de se décomposer lentement en milieu alcalin. J'ai commencé par l'employer comme topique sur des plaies putrides et j'ai été frappé de ses propriétés désinfectantes. Quoique dépourvu lui-même de toute odeur, Vérythroly appliqué sur des plaies cancéreuses, sur des ulcères de jambe, sur des ulcérations fétides de la muqueuse buccale et des amygdales, détruit rapidement leur mauvaise odeur. C'est cette remarquable propriété qui m'a donné l'idée -de l'utiliser dans les fermentations gastriques et intestinales. A ce titre, il mérite d'être essayé dans les cas si nombreux où les fermentations s'accompagnent de cette fétidité de l'haleine qui rend ceux qui en sont atteints insupportables pour leur entourage. On le prescrit ainsi :
*¥ lodure double de bismuth et de cinchonidine . O^^OS à 0^,10
Fluorure de calcium CjOa à 0^,10
Magnésie calcinée 0«',iO i
Mêlez exactement en un cachet. Donnez un cachet à la fin de chaque repas.
L'effet de Vérythrol est, en général, assez rapide et se manifeste après 5 à 8 jours. Un des cas les plus remarquables qu'il m'a été donné d'observer est celui d'un cordonnier âgé de 26 ans, couché au n° 23 de la salle Piorry, atteint de dyspepsie hyperslhénique avec hyperchlorhydrie et fermentations butyriques, modalité plutôt rare. Le 19 mars, l'examen du contenu stomacal après repas d'épreuve donnait 2 grammes d'IlCl libre et 2«',15 d'acide butyrique. 11 fut soumis à Vérythrol, et l'examen du 22 mars dénotait 2»', 20 d'HCI libre et seulement des traces d'acide butyrique.
-. , .X Le soufre iodé préparé par Prunier* m'a rendu de
La soQfra iodé. ' . , i /. ao
grands services quand les fermentations atiectent le type gazeux. Mon éminent collègue et ami avait conclu de ses recherches que le soufre iodé, facilement dissociable, paraissait devoir présenter l'iode et les diverses variétés allotropiques du soufre dans des conditions favorables d'application médicale. La dissociation facile de ce produit, qui donne de l'iode à l'état naissant etpos-
1. L. Prunier. — Étude comparée des formes sous lesquelles le soufre est employé en médecine, Bulletin de V Académie de médecine^ t. XXXIV, 3* série, p. 341, 1895.
sède par conséquent une grande activité chimique, me conduisit à remployer dans les fermentations gastriques. Prunier me conseilla de choisir le soufre iodé de la formule S**I. A la dose de 0,10 à 0,30 par repas, en un cachet, il donne souvent d'excellents résultats et n'a jamais présenté d'inconvénients, mais il n'a que peu d'effet sur les fermentations acides. Vous le réserverez pour les cas de flatulence exagérée, à la condition que cette flatulence ne soit pas la conséquence de la déglutition de l'air, mais bien de fermentations. Je vous montrais ces jours derniers, au n"* 29 de la salle Valleix, une femme de ménage de 44 ans, envoyée par Leredde, et qui présentait le type des fermentations gazeuses. Vous avez pu constater que, très rapidement, le soufre iodé avait eu raison des symptômes si pénibles qu'elle éprouvait. Voici, d'ailleurs, l'examen du contenu stomacal après repas d'épreuve, avant et après le médicament.
Tableau XLI. — Action du soufre iodé sur 1$ chimisme stomacal
CARACTËRES
du
CONTENU STOMACAL
Acidité totale
HCl libre
HGI organique
Acides de fermentation en HGI.
Albumine
Syntonines
Propeptones
Pcptones
Digestion des féculents
AVANT
grammes.
abondantes.
abondantes.
abondantes.
passable.
APRÈS
Og',20 de soufre iodé pendant neuf jours.
grammes.
abondantes.
abondantes.
abondantes.
bonne.
Chez cette malade, le soufre iodéy en modérant les fermentations gazeuses et acides, a permis une meilleure utilisation de l'HCl et une meilleure digestion des féculents.
Concluons que l'antisepsie indirecte, dont les avantages ne sont diminués par aucun inconvénient, mérite une place importante dans le traitement des fermentations gastriques, puisqu'elle remplit
la deuxième indication, sans contrevenir aux trois autres. Son mérite est d'obtenir le maximum d'effet avec un minimum de dose.
L'antiBepsie mécanique de restomao. — Le lavage de restomac Les vomitifs. — Les purgatifs.
L'antisepsie mécanique de l'estomac peut être effectuée par le lavage, les vomitifs et accessoirement par les purgatifs.
Leiavage L^ lavage de l'estomac a été employé systémati-
de restomao. quemeut contre les fermentations gastriques*. Il combattrait les effets de la rétention, débarrasserait l'estomac des résidus d'une digestion imparfaite, calmerait les douleurs, supprimei*ait les vomissements, modifieiait l'état catarrhal de la muqueuse, évacuerait les toxines, stimulerait la tonicité de la tunique musculaire, diluerait THCl de restomac quand il est exagéré, régulariserait les fonctions intestinales et relèverait enfin l'état général.
Si tous ces avantages étaient réels, le lavage de l'estomac constituerait presque une panacée dans le traitement des fermentations et il mériterait d'être érigé en traitement systématique, ce qui, d'ailleurs, a été fait. Mais je n'hésite pas à déclarer que, sous cette forme, il n'a pas rendu les services qu'on en attendait. En fait, les médecins qui s'occupent des affections gastriques ont tous, plus ou moins, passé, vis-à-vis du lavage, par la période d'enthousiasme, et il en est bien peu qui aient persévéré. C'est parce qu'on lui avait trop demandé, parce qu'on avait escompté tous les bienraits qu'il devait rationnellement produire, parce que, enfin, en fait de thérapeutique, les indications du raisonnement doivent toujours céder le pas aux faits. Les faits n'ont pas justifié Tenirouement théorique dont tous, moimême aussi, nous avons été pris, et aujourd'hui je dois avouer que le lavage reconnaît des indications, mais qu*il ne vaut rien en tant que traitement systématique.
Ses Puis le lavage présente des inconvénients. Sans
inoonTtaieiits. parler de ceux qui résultent d'une fréquente introduction de la sonde, l'évacuation artificielle de l'estomac habituellement