p. 100 avec des variations de 9 à 22 p
Le rapport entre l'acide phosphorique lié aux terres et l'acide phosphorique total, qui est normalement de 25p. 100, ne dépasse pas la normale en dehors de la crise et peut atteindre
jusqu'à 48 p. 100 pendant la crise, avec une moyenne de 30 p. 400.
Le rapport de Tacide urique à Turée est à peine changé, soit 1 : 45 en moyenne, sans variation décisive pendant les crises.
Le coefficient d'oxydation du soufre varie dans des limites habituelles de 81 à 89,1 p. iOO.
Le rapport de Tacide sulfurique conjugué à Tacide sulfurique total varie de 3 âr5 p. 100, sauf dans un cas, et demeure au-dessous de la moyenne normale. 11 n^y a donc pas, dans le tube digestif, de fermentations anormales et exagérées.
Us matidres Lcs matières azotées et ternaires incom-
oSS^Ït'^n plètement oxydées suivent les variations des
•«»**••• matières organiques et de l'urée. Elles sonl augmentées
en dehors des crises, normales ou abaissées pendant. La moyenne des
cas où ces principes ont été dosés peut s'établir ainsi qu'il suit :
Tableau Yll. — Les matières extractives azotées et non azotées dans la dyspepsie hypersthénique aiguë alimentaire.
Matières azotées l ^" **^*^^" ^®
incomplètement < *v , ^ , , . j Pendant la oxydées. / ^ l crise
MOYENiNES
Par
U heures.
grammes.
Par kilog.
grammes.
ÉTAT NORMAL
Par
ti heures.
grammes.
Par kilog.
grammes.
Matières ternaires incomplètement oxydées .
En dehors de la crise. .
I Pendant la crise ....
Mais, pas plus que pour les autres principes, ces moyennes ne répondent à la majorité des cas, à cause des énormes oscillations qu'on observe parfois chez les mêmes malades. Ainsi j'ai vu les matières azotées incomplètement oxydées s'abaisser, en dehors des crises, à 3»',15 en vingt-quatre heures et 0«',060par kilog. et monter à 17«',19 et 0«',213. Du côté des matières ternaires, les variations ne sont pas moins étendues. En somme, ce que Ton peut
conclure, c'est que la somme des matières incomplètement oxydées est en Torle hausse.
Les aédiments Les sédimeuts sont assez souvent observés. On y "*"**'" trouve, par ordre de fréquence, les éléments suivants-
OxRlate de chaux 50 p. lOOdesca^
Acitfô urique 48 — —
Rare?? leucocytes 40 — —
Phûs|)liates terreux iS — —
Phosphate ammoniaco-raagnésien 12 — —
Urate de soude 10 — —
L'urobiline est augmentée dans 20 p. 100 des
tes pLgmeiïts. '^
cas: Turohématine dans 25 p. 100; Tindican dans SO p* 100; Turoérythrine apparaît dans 15 p. 100.
iodémiA^ians Avaut d'interpréter tous ces chiflres, il me reste à l'aïb^^êet la Signaler trois particularités importantes.
gtroosane. |o pgjjg 7 p, fO dcs cas, les maladcs présentent,
soit par accès, soit plus rarement (2 fois), d*une façon continue, des émissions d'urine lactescente. Celte particularité, que j'ai signalée il y a longtemps S a presque toujours donné lieu à des erreurs de diagnostic, soit que le dépôt blanchâtre de l'urine ait été pris pour du pus par des observateurs négligents, soit que les malades aient été considérés comme des phosphaturiques et que Texanien de l'estomac ait été négligé. Bornons-nous à la signaler ici, nous réservant d'étudier ce ph nomène plus à fond à propos des troubles de la nutrition dans la dyspepsie hypersthénique permanente, ou il acquiert un plus grand degré de fréquence.
S'' L* albuminurie, ou mieux la présence de traces d'albumine dans r urine, a été trouvée 8 fois sur 30 cas, soit 27 fois sur 100. L'albumine est essentiellement irrégulière dans son apparition; on ne la rencontre jamais dans l'urine du matin, mais seulement dans Farine de la digestion, où elle manque moins fréquemment, sans qu'on puisse fixer la cause de sa présence ou de son absence. Elle ne dépasse pas 0,20 par litre au maximum et n'est conslatable, dans la plupart des cas, qu'à l'état de traces indosables. Nous reviendrons plus lard sur cette albuminurie à propos des retentissements rénaux des dyspepsies; mais je veux vous dire tout de suite que, dans
i- G- Lton. -— L'analyse chimique du suc gastrique, Thèse de Paris, 1890, p. 88 et fuivjRtes.
3 cas sur 8 où elle a été constatée par des médecins, les malades me sont arrivés avec le diagnostic d'albuminurie cyclique intermillenle. Or retenez bien que cette soi-disant variété d'albumine n'existe pas et que, dans les trois quarts des cas où on la diagnostique, il s'agit soit d'albuminurie gastrique, soit d'albuminurie phosphaturique^
3"" La glycose» à l'état de traces presque indosables, mais parfaitement constatées au polarimètre, a été trouvée dans 2 cas sur 30, soit 6,6 fois sur 100. Dans un cas, il y avait i«',H par litre d'urine; dans l'autre, 2«',2, soit un demi et un degré de déviation. Nous aurons aussi l'occasion de revenir sur celte glycosurie, à propos des retentissements hépatiques des dyspepsies, et vous verrez qu*elle peut se transformer en un diabète spécial auquel je propose de donner le nom de diabète gastrique.
j^^j^^^^^^ 11 convient actuellement de synthétiser les données dei que nous venons d'exposer et de rechercher si elles
' ' correspondent à des troubles réels de la nutrition.
L'augmentation du résidu total, des matières organiques et inorganiques, de l'azote total, de l'urée indique simplement que nos malades sont de gros mangeurs, ce qui est bien en rapport avec l'étiologie habituelle de cette variété de dyspepsie. Si ces éléments diminuent pendant la crise, c'est parce que les sujets ne mangent pas ou vomissent ce qu'ils ont mangé. Mais il n'y a pas un trouble de nutrition dépendant de la maladie elle-même.
Les variations de l'acide phosphorique et des chlorures dépendent des mêmes causes. Seulement, il est à remarquer que l'acide phosphorique diminue peu pendant la crise (0,30 par kilog. au lieu de 0,38) et que le rapport de Ph'O^ lié aux terres au Ph*0* total augmente sensiblement (30 p. 100 au lieu de 25 p. 100), ce qui implique une suractivité dans la désassimilation nerveuse. Voilà un trouble nutritif, intermittent comme les crises et qui peut à la longue, et si celles-ci se répètent fréquemment, introduire dans le système nerveux des troubles de fonction qu'on est habitué à individualiser à tort comme entité morbide sous le nom de neurasthénie. Ce que l'on désigne sous ce nom n'est qu'un syndrome lié à divers états fonctionnels de la substance nerveuse, et nous saisissons ici sur le vif l'un de ces états. Vous concevez toute l'importance de ce fait au point de vue de la thérapeutique puisqu'il y aura lieu de reconstituer la teneur des centres nerveux en phosphates terreux. Nous avons
1. Albert Robin. — Des albuminuries phosphaturiquos. Ciassincation et traitement, Bulletin de V Académie de Médecine, décembre 1891-
une autre preuve de ce trouble nutritif du système nerveux dans ce fait que le rapport de l'acide phosphorique à l'azote total s'élève à 20,3 p. 100 au lieu de 18 p. 100, ce qui démontre bien la désassimilation plus active des organes riches en phosphore.
Les oxydations azotées sont excellentes. Aussi la proportion des matières azotées incomplètement oxydées dépasse-t-elle peu la normale malgré Tingestion si considérable de matières albuminoïdes.Ge qui est moins favorable, c'est l'évolution des matières ternaires puisque, même pendant la crise, elles dépassent le chiffre physiologique. Voilà encore une indication dont nous tiendrons compte dans le traitement.
En considérant la déminéralisation organique dans ses détails, nous allons acquérir un nouveau document. Prenons le résidu inorganique de l'urine et pourcentons ses divers principes constituants.
Hypersthénie État normal. aiguë.
Chlore 36,20 p. 100 35,95 p. 100
Acide phosphorique 12,80 — 10,68 —
Acide sulfurîque 12,50 — 15,50 —
Potasse 12,45 — 7,42 —
Soude 24,40 — 28,50 —
Chaux 0,92 — 1,41 —
Magnésie 0,73 — 0,54 —
Il résulte de ces chiffres comparatifs :
1^ Que, contrairement à l'opinion courante, il n'y a pas de diminution dans réchange des chlorures. Ce caractère, dont on avait voulu faire un signe de la dyspepsie hypersthénique, est donc sans valeur, les chlorures diminuent bien pendant la crise, mais nous en avons donné les raisons.
2" Qitc la déperdition de chaux dépasse de 50 p. 100 la normale, ce qui est bien en rapport avec ce que je vous disais tout à l'heure à propos de l'exagération des échanges dans le système nerveux.
3"" Que les échanges potassiques sont diminués dans d'assez fortes proportions.
B«9ttinè ^^ résumé, évolution imparfaite des féculents,
troubles de la nutrition nerveuse avec suractivité des échanges et déperdition des phosphates terreux, amoindrissement des échanges potassiques, apparition intermittente d'une albuminurie fonctionnelle, plus rarement présence de sucre qui annonce une poussée de suractivité hépatique ; enfin, prafoi;, précipitation
dans les urines de phosphates lerreux qui irritent plus ou moins les voies urinaires comme le démontre la présence des leucocytes : tels sontles premiers linéaments des troubles de la nutrition que nous verrons se développer quand nous étudierons les échanges dans la dys* pepsie hyperslhénique permanente.
Le eUmisme rMpiratotr*.
J'ai encore quelques mots à vous dire des indications fournies par l'examen du chimisme respiratoire. Vous verrez, à propos delà dyspepsie hyperslhénique permanente, combien sont marquées les modiOentions subies par les échanges gazeux. Dans Thypersthénie aiguë alimentaire, la tendance est plutôt du côté d'un accroissement des combustions, si l'on en juge par les recherches condensées dans le tableau VllI.
Tableau VIII. — Les échanges respiratoires chez deux malaies atteints de dyspepsie hyperslhénique aiguë.
DÉSIGNATION des